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Total consolide ses opérations sur le continent africain

6 septembre 2005, 20:00

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Le numéro un de Total à Maurice, Maurizio Libutti, qui vient d’être parachuté de la maison mère de Total Elf Fina au quartier de la défense à Paris, ne sait plus où donner de la tête. Entre les coups de téléphone et les réunions avec les actionnaires de la compagnie pétrolière, une lourde tâche l’attend. Il doit s’assurer de la transition des activités d’Esso vers Total au niveau local.

En effet, le groupe a annoncé lundi, la signature d’un accord en vue du rachat des filiales de distribution de produits pétroliers d’ExxonMobil dans 14 pays d’Afrique, dont Maurice.

L’accord porte au total sur un réseau d’environ 500 stations-service et 29 terminaux et dépôts. Les modalités financières qui attendent l’approbation des autorités de chaque pays, n’ont pas encore été dévoilées.

L’information a été transmise en même temps pour l’ensemble des filiales faisant partie de ce deal. Le secret a été conservé jusqu’au bout. Un simple communiqué émis sur Internet par la maison mère, lundi soir, a annoncé la signature de l’accord. Les différentes antennes de Total en Afrique ont ensuite rendu publique cette transaction entre les deux géants pétroliers par un communiqué de presse.

“Pour une transaction de cette envergure, la communication est extrêmement importante”, souligne Maurizio Libutti. Mais ce dernier lâche quand même que les directeurs généraux des pays concernés étaient au courant depuis quelques semaines, et que l’accord a été signé le 30 août 2005.

Aucun licenciement à craindre</B>

Ainsi la stratégie de Total est de faire des investissements ciblés dans les zones de croissance comme l’Afrique, les Caraïbes et l’Asie et par la même occasion, de consolider ses périmètres. “Total est présente à Maurice depuis 1956 et participe à divers projets d’envergure, notamment l’augmentation du stockage à l’aéroport de Plaisance. Cette opération est donc bien en ligne avec les engagements de Total dans le pays”, souligne Maurizio Libutti.

Selon le directeur général de Total, aucun licenciement n’est à craindre et l’ensemble du personnel d’Esso sera repris par le groupe. La preuve est peut-être la fusion des activités de Total et d’Elf en 2004. “Nous pouvons aujourd’hui affirmer que malgré les craintes initiales, l’intégration du personnel de Total et d’Elf s’est révélée être un succès”, lance Maurizio Libutti.

Il rappelle que cette opération représente pour le personnel d’Esso et de Total une superbe opportunité d’unir les forces et les compétences de chacun.

A Maurice, l’acquisition d’Esso par Total aura un impact majeur sur le marché pétrolier. Esso détient 20 % des parts de marché alors que Total en compte 17 %. A deux, ils talonnent Shell, le leader qui détient 40 % des parts de marché.

Caltex se relègue à la troisième place. Total devrait peser autour d’un chiffre d’affaires de Rs 3,5 milliards après le rachat d’Esso. Ainsi le directeur général de la compagnie ne cache pas ses ambitions. “Avec cet accord, Total devient le leader en Europe. Pourquoi ne pas devenir un jour le leader à Maurice”, lance-t-il.

Développer le carburant à l’éthanol</B>

Esso et Total continueront à opérer comme concurrents jusqu’à ce que le gouvernement donne son feu vert. Mais il devra alors rationaliser ses opérations. Esso compte 30 stations-service et Total 20. La compagnie devra rationaliser ses activités de façon à ne pas avoir deux points de vente trop rapprochés.

Le directeur général de Total ne se fait pas vraiment de souci à ce sujet. “Total et Esso se partagent déjà aujourd’hui la logistique du dépôt de Tromelin au quai D. La gestion des éventuels stations-service seront analysés au moment venu. Il est évident que si cette opération obtient l’avis des autorités, la nouvelle compagnie disposera d’un maillage complet au niveau du territoire mauricien ”.

Avec la flambée du cours du pétrole, Total envisage d’autres sources alternatives d’énergie. Total est engagée dans le biocarburant depuis dix ans. Elle est présente dans les deux grandes filières déjà existantes. L’ETBE obtenu par synthèse du bioéthanol et le biodiesel.

“Nous pensons qu’à Maurice, il y a la possibilité de développer un biocarburant à l’éthanol. Un éventuel projet de ce type trouverait bien évidemment le support de Total Maurice ”, affirme le directeur.

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