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Torturé au centre de redressement
Il a été ?puni? pour mauvaise conduite. Mais la punition a pris des formes qui ressemblent à la torture. Un garçon de 16 ans du Correctional Youth Centre (CYC) a été dénudé et enfermé pendant 48 heures dans une cellule où il est forcé de dormir à même le sol, sans drap ni couverture?
Si ce n?était l?intervention de l?ombudsperson auprès du commissaire des prisons et du Premier ministre, le calvaire du jeune garçon aurait continué. La gestion des centres de correction et de réhabilitation des mineurs par les services pénitentiaires revient du coup sur le tapis.
C?est le 6 septembre que l?ombudsperson pour les enfants, Shirin Aumeerudy-Cziffra, en a été avertie à travers un appel téléphonique. Elle décide donc de faire une visite surprise au centre de correction de Beau-Bassin. Légalement, on ne peut lui refuser l?entrée, mais d?après les informations qui lui ont été refilées, un garde-chiourme aurait ordonné au garçon d?enfiler un short et un t-shirt vite fait. Après s?être entretenu avec le garçon en question, l?ombudsperson aurait entrepris une enquête auprès des autorités et en a informé le commissaire des prisons le 8 septembre de même que le bureau du Premier ministre.
Anomalie sur le plan légal
?Je suis heureuse de dire qu?une décision a été prise à peine deux jours après et que deux officiers, l?ASP Phagoo et l?officier Sadeo, ont déjà été tranférés?, affirme Shirin Aumeeruddy-Cziffra. Cette dernière a cité l?article 37 sur la torture et la privation de la liberté de la Convention des droits de l?enfant dans la lettre qu?elle a adressée au Premier ministre.
Ce type d?incident n?est pas nouveau. L?on se souvient des incidents violents qui avaient eu lieu récemment au Rehabilitation Youth Centre (RYC) Girls. Les filles de l?établissement se plaignent de violences de la part des gardes-chiourme alors que ces derniers se plaignent de leur côté de la mauvaise conduite des pensionnaires. Des doutes ont été émis, il y a plus de dix ans, sur la capacité des gardes-chiourme à s?occuper des enfants à problèmes envoyés à ces centres.
Une anomalie existe déjà au niveau légal. Ces centres tombent sous la responsabilité du ministère de la Securité sociale et des Institutions réformatrices, mais sont par contre gérés par le service des prisons, qui tombe, lui, sous la responsabilité du Premier ministre.
L?express a appris que des mesures avaient été prises pour que la gestion de ces centres soit retirée des services pénitentiaires et que des travailleurs sociaux, employés par le ministère de la Sécurité sociale, allaient s?occuper de ces enfants à problèmes. Mais rien n?a changé dans les faits?
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