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Tony Blair blanchi par une commission d?enquête sur l?Irak

12 septembre 2003, 20:00

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Le rapport de la commission parlementaire britannique chargée d?enquêter sur l?élaboration du «dossier à charge» contre l?Irak révèle les fortes préventions de certains responsables des services secrets quant à la pertinence d?une intervention militaire sur le sol irakien, dont le Premier ministre, Tony Blair, avait été informé. Dans son rapport, la commission reproche par ailleurs à ce document de ne pas avoir fourni «une vue impartiale» de la situation en Irak, mettant directement en cause le ministère de la Défense. Elle estime en outre que l?affirmation selon laquelle le régime irakien était en mesure de déployer des armes biologiques et chimiques en 45 minutes prêtait à confusion, parce qu?en réalité ce délai ne s?appliquait qu?à des armes conventionnelles, et de courte portée.

Selon le rapport de la Commission du Renseignement et de la Sécurité, des responsables des services de renseignement ont averti Blair qu?une attaque contre l?Irak accroîtrait ? plutôt qu?il ne diminuerait ? le risque d?obtention par des activistes d?armes chimiques ou biologiques. Cette analyse tendrait à torpiller l?un des principaux arguments avancés par Washington pour renverser le régime du président irakien Saddam Hussein : la menace terroriste.

Les services secrets ont émis cette mise en garde le 10 février, soit cinq semaines avant l?invasion de l?Irak par les forces américano-britanniques. Blair a répondu aux responsables concernés que la menace serait plus grande encore si rien n?avait été fait contre l?Irak. La virulence des critiques contenues dans le rapport parlementaire pourrait écorner un peu plus l?image de Blair, dont la cote de confiance a chuté depuis le déclenchement de la guerre.

«potentiellement trompeur»

Mais la commission exonère le gouvernement de toute manipulation sensationnaliste du dossier à charge, estimant que son contenu reflétait l?état des connaissances des services de renseignement au moment de sa rédaction.Elle n?épargne pas cependant les responsables des services de renseignement qui ont continué à dire que Saddam Hussein avait la ferme intention d?utiliser des armes chimiques et biologiques en cas de conflit.«Il faut noter qu?aucune arme chimique ou biologique n?a été utilisée», souligne la commission. De fait, cinq mois après la fin de la guerre proprement dite, aucune arme de ce type n?a été trouvée en territoire irakien.

L?enquête conduite par le juge Hutton a déjà révélé qu?au moins deux membres des services de renseignement au sein du ministère de la Défense étaient mécontents des termes utilisés dans le dossier de septembre 2002.

La commission du Renseignement et de la Sécurité reproche d?ailleurs au ministre de la Défense, Geoff Hoon, d?avoir été «potentiellement trompeur» en refusant de révéler que certains de ses collaborateurs avaient fait part par écrit à leurs supérieurs de leurs inquiétudes concernant le dossier britannique.

Selon le rapport, les chefs des services de rensignement ne savaient pas avec exactitude quels types d?armes l?Irak avait fabriqués ni en quelle quantité. «Cette incertitude aurait du être soulignée afin de donner une vue impartiale des capacités chimiques et biologiques de Saddam», peut-on lire dans le rapport. Hoon, regrettant tout malentendu, a maintenu pour sa part sa position. «J?espère que la commission comprendra que je n?ai, en réalité, trompé personne», a-t-il déclaré aux Communes.

Mike Peacock

Dominic Evans

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