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Tirs croisés contre l?Icac

24 juin 2004, 20:00

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L?exaspération des parlementaires envers l?Independent Commission against Corruption (Icac) est à son comble. Après l?avertissement fort envoyé mercredi par le Premier ministre, des députés de tous bords ont tiré hier d?autres coups de semonce pour exprimer leur désapprobation de la commission. Cela s?est passé à l?Assemblée nationale à l?occasion de l?examen de l?enveloppe budgétaire octroyée à chaque organisme public.

La majorité et l?opposition s?en sont donné à coeur joie lors de ce concert de critiques. Et, comme attendu, le Premier ministre n?a pas volé au secours de l?Icac. Au contraire, Paul Bérenger a fait montre d?énervement en répondant aux questions sur la commission. Il est évident que le dossier l?irrite.

Dans un premier temps, Paul Bérenger a refusé de consulter les documents apportés par les officiers de l?Icac pour l?aider à riposter aux attaques. Puis, il a changé d?avis. Mais certains des documents qu?il a accepté comme des munitions atterrissent sous la table.

Déjà , mercredi, le Premier ministre lançait une menace : la loi cadre, qui régit la commission, sera amendée. ?Je le ferai savoir à qui de droit?, dit-il. Les amendements qu?il souhaite apporter tournent-ils autour de l?Appointments Committee ? Cette instance prévoit une prise de décision collégiale engageant le Président, le Premier ministre et le leader de l?opposition pour nommer ou faire partir un commissaire. Or, le Président a toujours opposé son veto aux diverses tentatives de l?Exécutif de relever de ses fonctions le directeur actuel de l?Icac, Navin Beekarry. ?Enough is enough. Nous ne pouvons pas accorder un budget de Rs 110 millions à l?Icac pour qu?elle continue à faner?, s?est exclamé Paul Bérenger.

Dans l?hémicycle, hier, interrogations et contestations ont plu au sujet de l?Icac. Siddick Chady demande que le salaire du commissaire de l?Icac, Navin Beekarry, soit réduit d?une somme symbolique de Re 1. Paul Bérenger refuse. ?Heureusement ou malheureusement, le commissaire de l?Icac a un contrat. S?il faut le remettre en cause, il y a d?autres moyens de le faire?, explique-t-il. Siddick Chady propose alors qu?une roupie soit déduite des Rs110 millions représentant la dotation globale de la commission anticorruption.

Un vote est pris sur cette motion. La majorité objecte mais Siddick Chady demande un décompte des voix. Ivan Collendevalloo et Françoise Labelle ? membre du comité parlementaire ? se retirent de la Chambre. En revanche, le député Veda Baloomoody, qui a soufflé à l?opposition l?idée du décompte des voix, est mal à l?aise.

Le comité parlementaire égratigné

Le speaker demande à ceux qui sont contre la motion de Chady de se manifester. Ce que font aussitôt les membres de la majorité. Veda Baloomoody, lui, hésite. Même s?il semble partager les convictions de ses deux autres collègues, il finit par rentrer dans le rang.

Paul Bérenger ne se prive pas d?égratigner le comité parlementaire sur l?Icac. Il fait ressortir que les dépenses de la commission ne sont pas passées à la loupe. Cela, alors que le comité parlementaire agit en tant que superviseur quant au fonctionnement et aux dépenses de l?institution. ?Malheureusement, je crois comprendre que ce comité ne fonctionne pas réellement?, commente le Premier ministre.

Ce comité n?a pu siéger qu?à deux reprises récemment pour cause de manque de quorum. Actuellement, seulement cinq députés siègent au sein du comité au lieu de dix. L?opposition boude cette instance car elle conteste son président, Rasheed Dawreeawoo.

Le député James Burty David cherche à connaître les salaires des commissaires et autres membres de la commission. Paul Bérenger dépose le tableau des salaires à l?Assemblée nationale. Madan Dulloo intervient plusieurs fois pour souligner son incompréhension au sujet des dépenses de l?Icac. Il s?appesantit notamment sur l?item ?Upkeep and maintenance? qui absorbe la bagatelle de Rs 2,68 millions.

Au chapitre des autres dépenses : les Miscellaneous Office Expenses s?élèvent à Rs 2955000. Rajesh Jeetah s?en étonne alors qu?Ivan Collendavelloo remet en cause la dotation pour les stylos et accessoires de bureaux. Ils ?sont si excessifs?. Paul Bérenger fournit quelques détails et explique que ce montant inclut la papeterie, les legal notices, l?achat des livres de droit, un budget d?accueil, et les assurances, entre autres.

Un gymnase sur le modèle de HongKong

?Des provisions budgétaires ont-elles été prévues pour un gymnase à l?Icac ?? lance Veda Baloomoody. Sa question surprend. Des provisions ont été effectivement prévues l?an dernier pour l?achat d?équipements, révèle Paul Bérenger. Il confirme ainsi qu?il y a bien un gymnase dans les locaux de la commission anticorruption. Il semblerait que le gymnase de l?Icac à Hong Kong aurait inspiré Navin Beekarry et son équipe !

Ivan Collendavelloo veut savoir pourquoi le ?overseas expenses? n?est pas mentionné dans les différents items figurant à la page 348 du ?Recurrent budget? comme c?est le cas pour d?autres départements. Le Premier ministre répond que les voyages sont inclus dans l?item de l?International Cooperation, qui engloutit Rs 1,2 million. Madan Dulloo fait ressortir qu?à l?item ?Other staff cost?, mention est aussi faite de ?travelling?.

De plus, Paul Bérenger, précise que le volet portant sur la coopération internationale comprend les contacts permanents qu?entretient l?Icac avec plusieurs organismes internationaux traitant de la corruption.

Veda Baloomoody demande au Premier ministre à quoi sert la dotation pour les ?Professional services? de Rs 5 millions. Paul Bérenger explique que dans des cas spécifiques, l?Icac a recours à certains professionnels qui sont des contractuels. Cette somme est aussi utilisée pour rémunérer deux consultants du département légal. Récemment, l?Icac a eu recours à quelques avocats du privé pour se défendre en cour.

Plusieurs questions portent sur le prix de la location des locaux de l?Icac qui s?élève à Rs 560000 mensuellement. Les membres du comité parlementaire sur l?Icac, à l?exception de Madan Dulloo, sont peu loquaces lors de cette manifestation générale de colère à l?égard de la commission.

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