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Tirage au sort :Les enseignants resistant

8 mai 2004, 20:00

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Le mode d?admission des élèves par tirage au sort fait l?effet d?une douche froide pour les profs de certains collèges catholiques. « Comment en est-on arrivé là ? », s?insurge une enseignante d?une école catholique des basses Plaines-Wilhems qui a souhaité garder l?anonymat.

« L?allocation des places dans nos collèges par tirage au sort a été fortement évoquée », concède le directeur du Bureau de l?éducation catholique (Bec), le père Hervé de St-Pern. Si les discussions sur la meilleure formule pour l?attribution des 50 % de places réservées dans les collèges du Bec ont bien avancé, elles ne sont pourtant pas finalisées, poursuit-il. « Il reste encore à rédiger le nouveau projet éducatif en détail, à obtenir le feu vert de l?évêque, à en discuter avec le ministère de l?Éducation et le personnel enseignant, avant de le rendre public avant la fin du mois. »

Mais certains enseignants crient au scandale. « Où est donc la méritocratie quand on a recours au tirage au sort ? Quelle valeur est-on alors en train d?inculquer à ces jeunes esprits ? », s?interroge avec indignation un enseignant d?un collège catholique de Curepipe. « Les jeux de hasard ne sont-ils pas contre les principes religieux ? », poursuit-il.

Selon le directeur du Bec, le nouveau projet de l?éducation catholique « continuera néanmoins à offrir à un plus grand nombre d?enfants mauriciens possible une éducation de qualité, fondée sur les valeurs de l?Évangile ».

Les enseignants à trouver du bon dans la nouvelle formule ne sont pas nombreux. « Ce système va au moins mettre fin à la perception qu?il y a discrimination à l?admission, car tout le monde sera sur le même pied d?égalité ! », estime Violette Moutia, enseignante au collège de Lorette de Rose-Hill.

Pour rendre accessible l?éducation au plus grand nombre, le Bec n?écarte pas la possibilité de baisser les critères d?admission. Après le jugement du Privy Council, un écolier doit avoir un grade aggregate situé entre 20 et 25, être un enfant d?un membre du personnel, un low-achiver ou un hardship case, pour être admis dans un collège catholique. Le grade aggregate pourrait bien être rabaissé à moins de 20.

Cette proposition offusque aussi certains enseignants. « Les autorités catholiques ont décidé de changer l?orientation de leurs collèges ! » D?autres ne se trouvent pas capables d?enseigner à des élèves moins performants. « Nous n?avons pas été formés pour cela ! », disent-ils.

Devant l?acharnement de certains enseignants à défendre leur point de vue, leur syndicat, la Secondary & Preparatory School Teachers?& other Staff Union, reste prudent. « Nous allons nous rencontrer cette semaine pour décider de la marche à suivre », explique la présidente, Lysie Ribot.

Les recteurs, eux, sont catégoriques : « Comment choisir autrement un élève sur 100 demandes d?admission ? », se demande Gilberte Chung, la présidente du Syndicat des recteurs des collèges catholiques, la Roman Catholic Secondary Schools Union.

La discussion n?est pas terminée. Les salles réservées aux enseignants resteront sûrement en ébullition en ce deuxième trimestre. « Nous sommes toujours les derniers à être informés. L?évêché décide toujours dans notre dos et nous met devant le fait accompli ! »

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