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Thierry Gauliris se passe la corde au cou

9 janvier 2004, 20:00

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Alors depuis le 27 décembre 2003, Thierry Gauliris a mis fin à son célibat?

C?est une continuité, c?est officialiser d?un point de vue administratif, une relation qui dure depuis cinq ans. C?est aussi une manière de montrer à l?autre qu?on l?aime. Célébrer un mariage, c?est aussi partager ce bonheur.

La famille pour vous, c?est aussi important que la musique?

Pour Noël, mes parents, mes frères et soeurs et moi-même nous nous sommes retrouvés pour fêter ensemble la naissance du Christ. Célébrer cette fête à la maison, avec des proches était important. Encore une fois, c?est une continuité. C?est remettre du ciment au socle de la famille. La famille, c?est la base de l?humanité. Je pense que l?homme ne peut perdurer seul.

Un mariage, un bébé. Cette année a été aussi riche pour vous sur le plan musical ?

Oui, je ne m?arrête pas depuis 1995. Avant, j?étais photographe de presse, puis je suis passé en intermittent du spectacle et pour le moment je ne vis que de ma musique. En 2003, Baster s?est enrichi de trois nouveaux disques, dont le concert live retraçant les vingt ans du groupe avec la participation de Firmin Viry et d?autres dalons.

Vous arrivez à vivre uniquement de votre musique ?

Baster est aussi une société de production, de distribution et d?édition. Depuis 1998, nous sortons un produit chaque année qui permet de relancer la machine. En 1983, à la sortie de notre première cassette produite par Ziskakan, nous parcourions des kilomètres, de Saint-Pierre au marché du Chaudron pour vendre notre produit. Aujourd?hui, nous essayons de vendre 30 000 disques, dont 10 000 à 12 000 sur la Réunion. C?est le travail qui paie.

Il paraît que vous avez également beaucoup de projets pour 2004 ?

Nous préparons une tournée en France prévue pour le mois de mai. Un DVD, retraçant les vingt ans de Baster devrait être finalisé. Il y a également un projet de CD avec ATD Quart Monde et la production en créole de Jésus, titre de Laurent Voulzy. Nous allons beaucoup nous consacrer à la production. Enfin, il y aura un nouvel album. Ce sera du Baster ! On s?inspire parfois du reggae ou de la salsa, mais c?est l?interprétation qu?on lui donne qui compte, peu importe la langue. Au final, c?est une identité propre au groupe qu?on offre au public.

Au bout de vingt ans, votre combat pour la valorisation de la langue créole est-il toujours d?actualité ?

Toujours ! On avance, on vieillit, on a des responsabilités familiales, mais il ne faut jamais baisser les bras. Etre militant, c?est d?abord un choix. Lorsque j?étais photographe de presse, je touchais un salaire à chaque fin de mois, mais j?ai fait un choix et je l?assume. Lorsqu?un homme prend des décisions, il est mieux dans sa peau et dans sa tête. Cela dit, je note que depuis deux ans, avec le changement politique, il y a de moins en moins de kabars.

Etes-vous pour l?autonomie de la Réunion ou pour davantage de France ?

Plus d?autonomie pour qu?on puisse décider de notre avenir. Mais sans pour autant que la Réunion soit indépendante car avec son système de société de consommation tel qu?il est, ne le permettrait pas. Mais davantage d?autonomie permettrait la réalisation de projets politiques propres à la Réunion dans lesquels pourrait s?imbriquer le combat pour la langue créole.

Il y a moins de militantisme parmi les jeunes chanteurs réunionnais. Pensez-vous que la relève du maloya est menacée?

Je pense que la relève viendra, mais elle est encore timide. Lorsque j?ai commencé à chanter en 1981, c?était l?incompréhension totale de la part de mes compatriotes. Il y a tout un conditionnement lié à notre histoire. Le plus gros du travail se passe en fait dans la tête. Cela mettra sans doute des générations et des générations pour que l?écriture du créole et son kozé soient perçus autrement.

Un mariage à l?église : êtes-vous croyant ?

Je crois que je l?ai toujours été. Mais j?ai été très déçu par la façon dont procèdent certaines personnes dans les églises. Une église, c?est celle de tous. Etant moi-même très métissé, je ne peux pas comprendre comment certains prêtres rejettent les certaines personnes à cause de leurs pratiques religieuses. La Réunion a son histoire et ses spécificités culturelles. On ne peut pas calquer un modèle européen à une île qui se trouve à des milliers de kilomètres de la France. Cet esprit-là m?avait refroidi. Mais depuis quelque temps, je commence à me retrouver. Je fréquente une église où la messe est dite en créole.

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