Publicité
Textile : la Chine promet de limiter ses exportations
Par
Partager cet article
Textile : la Chine promet de limiter ses exportations
Maurice est ressortie satisfaite et rassurée de la réunion vendredi dernier de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les conséquences de l?abolition des quotas sur le textile-habillement en janvier 2005. Les appréhensions de Maurice et celles des autres pays en développement producteurs de textile ont été entendues et l?OMC s?est engagée à trouver des solutions pour aider les pays concernés à faire face aux conséquences dramatiques de l?abolition des quotas sur le plan économique et social.
Tel est en tout cas le sentiment du ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, qui se trouvait à Paris hier après-midi. Après avoir entendu les vives inquiétudes de Maurice, des pays en développement et des économies vulnérables, l?OMC étudie plusieurs pistes d?intervention pour atténuer les effets de l?abolition des quotas.
Une des possibilités qui se dégage des discussions à Genève sur le textile est que la Chine pourrait limiter d?elle-même ses exportations de textile et d?habillement. La Chine fait effectivement figure d?épouvantail dans tout le débat sur l?abolition des quotas. Toutes les études concordent à dire que ce seront elle et l?Inde, les grands bénéficiaires de l?abolition des quotas. Elle sera le leader mondial incontesté et incontestable du marché mondial du textile-habillement.
Plan d?action
Cette position dominante en fait la cible privilégiée de tous les autres pays producteurs de textile avec en tête de liste les Etats-Unis. Consciente d?être exposée, la Chine voudrait donc bien offrir un gage rassurant au reste du monde en déclarant qu?elle limiterait ses exportations de textile.
Le ministre chinois du Commerce a ainsi écrit à Jayen Cuttaree l?informant que son pays est conscient des appréhensions des petits producteurs de texile comme Maurice. ?Il a écrit noir sur blanc que la Chine envisage une limitation volontaire de ses volumes d?exportation?, annonce Jayen Cuttaree.
Selon les analystes, cette démarche ne part pas uniquement d?un sentiment de magnanimité et de solidarité envers les pays pauvres producteurs de textile. Pour ces derniers, il est clair que la Chine veut se mettre à l?abri de mesures de sauvegarde que peuvent prendre les pays développés pour limiter les exportations chinoises. Les Etats-Unis ont d?ailleurs déjà pris de telles mesures.
Mais pour Maurice, comme pour d?autres pays concernés, une auto-restriction des exportations chinoises n?est pas la seule solution. Lors de la réunion de vendredi a l?OMC, pas moins de 39 pays se sont ralliés à la position mauricienne réclamant une étude et un programme de travail concret devant aider les petits producteurs de textile à s?ajuster à l?abolition des quotas .
?Nous n?avons pas demandé une extension du système des quotas. Nous avons réclamé un plan d?action global pour aider les petits pays comme Maurice. Dans la position que nous avons formulée, toutes les options sont ouvertes quand à la forme que devrait prendre ces mesures d?accompagnement. Il peut s?agir d?une restriction des exportations ou d?une aide pour nous aider à accroître notre compétitivité?, explique Jayen Cuttaree.
Lors de la réunion du Council on Trade in Goods de l?OMC vendredi, les pays membres ont reconnu les dangers économiques et sociaux qui guettent les petits pays producteurs de textile. Même la Chine et l?Inde ? les grands gagnants de l?abolition des quotas ? et de grands importateurs de textile comme les Etats-Unis et l?Union européenne sont convaincus des appréhensions des petits pays comme Maurice.
Aussi, l?OMC s?est engagée à trouver des solutions. Le président du Council on Trade in Goods de l?OMC a d?ailleurs ouvert des discussions pour trouver un consensus sur les mesures d?aide possibles. Il devrait cette semaine rendre publiques les modalités de ces discussions et sur le calendrier de travail car le temps presse.
Par ailleurs, lors de sa mission officielle qui l?a emmené à rencontrer, entres autres, le directeur de l?OMC, Suppachai Panitchpakdi, et l?United States Trade Representative, Robert Zoellick, Jayen Cuttaree avoue que la question de sa candidature au poste de directeur de l?OMC a été évoquée. ?Tout le monde m?en a parlé car c?est un secret de Polichinelle maintenant?, dit-il.
Quand à savoir si ces rencontres ont été l?occasion d?un lobbying, le ministre déclare qu?il est trop tôt pour ce type de positionnement. ?Avant d?entrer en campagne, il faut savoir quels candidats on a en face de soi?, indique-t-il. Or, c?est en décembre que les candidatures devront officiellement être communiquées à l?OMC. Et c?est à partir de là que les consultations ? comprenez lobbying ? commenceront. Le futur directeur de l?OMC sera désigné en mai et il devrait être en fonction en août 2005.
Publicité
Publicité
Les plus récents