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Textile duty-free, l?idée qui fait son chemin

15 février 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Maurice peut toujours devenir un hub du textile même si la taille de l?industrie du textile-habillement se contracte. La solution ? Abolir les taxes douanières sur le textile et les vêtements. La libéralisation totale de ce secteur est une des idées sur laquelle le gouvernement planche actuellement et qui pourrait figurer dans le prochain budget. Il s?insère dans le cadre du projet plus vaste de faire de Maurice un paradis du shopping duty-free.

Toutefois, faire de Maurice un temple du shopping hors taxes a des implications fiscales, les droits de douane rapportant effectivement Rs 4,3 milliards à l?Etat. Ainsi, les autorités ont opté pour une approche graduelle où seuls des produits spécifiques seront libéralisés. Le textile et les vêtements figurent sur la liste des produits qui pourraient être détaxés en premier.

Le projet a des avantages et objectifs multiples. D?abord, le phénomène Ralph Lauren a démontré le potentiel commercial de développement, de création d?emplois et de production de richesse des vêtements de marque. Les magasins Ralph Lauren faisaient vivre 11 000 personnes directement et indirectement. On dénombrait à l?époque 300 revendeurs et quelque 50 fabricants de ces produits.

Avec l?abolition des droits de douane, il s?agirait de multiplier des opérations similaires. Ce qui encouragerait l?émergence d?un commerce licite plutôt que de la contrefaçon. Actuellement, les droits de douane sur les vêtements sont de 80 %, soit parmi les plus élevés ? un handicap pour les usines qui souhaitent écouler une partie de leur production localement, car les prix seraient prohibitifs.

En enlevant ces droits de douane on pourrait créer les conditions de base pour développer le commerce des vêtements. Les touristes seraient la première cible, le but étant de les faire dépenser davantage. Les magasins Ralph Lauren avaient développé la stratégie et le réseau pour attirer les touristes.

Le développement de ce marché représenterait aussi une alternative pour les usines de textile, surtout les plus petites, les plus menacées par l?abolition des quotas et la concurrence de la Chine et de l?Inde sur le marché mondial.

Dans un document remis samedi au gouvernement, le Joint Economic Council se prononce en faveur de l?abolition des droits de douane sur le textile-habillement. Pour le gouvernement, cette mesure aiderait à régulariser le secteur. Actuellement les usines de textile ont le droit d?écouler 25 % de leurs produits en hors taxes sur le marché local. Mais malgré le contrôle, le système n?est pas infaillible.

Les autorités savent aussi que de grandes quantités de vêtements entrent illégalement à Maurice pour contourner la taxation. De nombreux voyageurs en rapportent et certains opérateurs en font venir par conteneurs entiers, alimentant l?économie parallèle des marchands ambulants. En abolissant les droits à l?importation, les autorités espèrent réduire le commerce de rue.

Par contre, un des points noirs concerne les fabricants de vêtements qui vivent exclusivement du marché local. Ils sont actuellement protégés par les droits de douane de 80 % qui rendent les produits importés plus cher. Si les vêtements sont détaxés, ces producteurs locaux risquent de souffrir.

Mais les autorités sont aussi perplexes devant les prix élevés pratiqués par certains. Ils soupçonnent le pricing policy de ces entreprises d?être influencé par l?existence même de cette protection de 80 %. Si ces droits de douane sont enlevés, ce sont, au final, les consommateurs aussi qui en profiteront.

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