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Textile : ces négociations qui tiennent Maurice en haleine
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Textile : ces négociations qui tiennent Maurice en haleine
Cette semaine s’annonce cruciale pour le marché mondial du textile et des vêtements et incidemment pour l’industrie locale. Et il y a eu un développement majeur, mais somme toute prévisible. Le sommet entre l’Union européenne (UE) et la Chine qui s’est ouvert lundi a débouché sur un accord sur le textile qui pourrissait les relations entre les deux blocs.
L’UE a accepté de libérer les 85 millions de pièces de vêtements Made in China qui étaient bloqués dans les ports et douanes des pays européens en raison du dépassement des quotas fixés en juin. Bruxelles a donc fait une volte-face sur ce dossier.
Pour Maurice qui avait bénéficié de commandes additionnelles en raison de ces quotas, l’accord sino-européen est diversement accueilli.
Des négociations entre l’Europe et la Chine, et entre les Etats-Unis et la Chine se sont soldées la semaine dernière par deux échecs retentissants. Mais les observateurs estiment des avancées possibles cette semaine. Lundi s’est ouvert le sommet UE-Chine. Le dossier du textile dominera cette rencontre au sommet.
Commandes inattendues </B>
Pour Maurice, l’incapacité de Bruxelles et Washington à résoudre leur contentieux sur le textile-habillement avec Beijing est une bonne nouvelle. Les Etats-Unis et l’UE ont effectivement réintroduit des quotas sur les exportations de vêtements chinois.
Ces quotas arrangent les industriels locaux car ils ont bloqué les exportations chinoises dans plusieurs catégories de vêtements qui concernent directement Maurice : les pulls, les chemises, les T-shirts et les pantalons.
Aux Etats-Unis deux nouvelles catégories de vêtements – soutien-gorge et fibre synthétique – ont été ajoutés la semaine dernière à la longue liste des produits assujettis à un quota qui limite la croissance des exportations chinoises à 7,5 % annuellement, comme prescrit par l’Organisation mondiale du commerce.
L’UE est, elle, allée plus loin en imposant une limite de 8 a 12,5 % sur la croissance annuelle des exportations de la Chine sur dix catégories de vêtements, dont plusieurs intéressent directement Maurice. Le résultat immédiat est que quelque 80 millions de pièces de vêtements fabriqués en Chine restent bloqués dans les ports et douanes de plusieurs pays européens. Les quotas fixés en juin dernier ont déjà été atteints.
Cette situation est bénéfique aux entreprises locales. Plusieurs d’entre elles ont enregistré des commandes additionnelles et inattendues. Les chaînes de magasins européens et américains qui ont effectivement passé des commandes d’urgence dans d’autres pays.
Mais cette situation pourrait ne pas durer. Américains et Européens sont déterminés à trouver un accord avec Beijing pour résoudre la crise qui mine les relations commerciales et économiques avec le géant chinois. Washington a été le premier à avoir recours aux quotas protectionnistes sous la pression du puissant lobby textile qui a mis en avant les 26 000 jobs perdus en six mois.
L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions sur des vêtements fabriqués en Chine.
Les produits ciblés sont les soutiens-gorges et les tissus synthétiques utilisés pour la confection haut de gamme. “Maurice peut récupérer une partie de ce commerce si les limites décidées se maintiennent pour un certain temps. Les industriels locaux devront s’intéresser à la production de sous-vêtements en plus grande quantité afin d’ intéresser les acheteurs américains”, explique Sunil Toolsee, un responsable de Beachwear.
D’autres produits d’habillement, dont les pulls, les robes, entre autres, sont dans le collimateur “protectionniste” des Américains. Le département du Commerce américain a reporté une décision d’imposer des limites à l’importation de ces vêtements au 1er octobre.
Mais pour les Etats-Unis, l’enjeu des relations avec la Chine est autrement plus important. Il s’agit avant tout de résoudre le problème du déficit commercial qui a atteint le niveau record de 162 milliards de dollars. Il faut aussi prendre en considération le fait que les institutions financières étatiques chinoises sont les principaux investisseurs dans les placements américains, contribuant ainsi à financer le déficit abyssal des Etats-Unis.
En Europe, la pression est forte sur Peter Mandelson, le commissaire européen au Commerce, pour qu’il débloque les 80 millions de pièces de vêtements bloqués dans les douanes européennes. Les associations de détaillants de même que les associations de consommateurs se sont liguées contre les quotas européens.
Avec l’arrivée de l’hiver, les commerçants européens déclarent qu’ils n’auront plus grand-chose sur les rayons. Les consommateurs se plaignent de ne pouvoir se vêtir à des prix convenables, les vêtements importés hors de Chine étant plus chers.
<B>Solution libérale</B>
Mais les pays producteurs de textile et de vêtements tels la France, l’Italie, la Grèce et l’Espagne résistent contre l’assouplissement des quotas imposés. Le Premier ministre britannique, Tony Blair, qui dirige la délégation européenne pour le sommet UE-Chine, laisse entendre que le dossier du textile vient parasiter d’autres sujets plus importants de cooperation économique et commerciale entre la Chine et l’Europe.
Même s’il ne s’est pas prononcé ouvertement, on comprend qu’il est partisan d’une solution libérale concernant le textile-habillement. La délégation d’une quarantaine de capitaines d’industrie qui l’accompagnent souhaite que le textile ne vienne pas obstruer les opportunités des industriels et des investisseurs européens sur le marché chinois.
Entre les intérêts sectoriels du textile européen et américain et les considérations stratégiques plus globales que représente la Chine – le prochain pôle de croissance mondiale – la décision s’imposera bientôt d’elle-même. Comme prévu et souhaité par l’industrie locale, avec le démantèlement de l’Accord multifibre à partir du 1er janvier 2005, les quotas ont été abolis, sauf pour la Chine.
Mais les pressions sont fortes pour trouver une autre issue à la crise. Ces quotas ne pourront être maintenus que jusqu’à fin 2007 selon les termes de l’accession de la Chine à l’OMC. Les industriels locaux en sont conscients. Tant mieux.
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