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Textile : bilan de santé plutôt positif
«Le secteur du textile et de l?habillement se porte assez bien. Cela n?est pas pour dire que l?on ne doit pas être vigilant car c?est un secteur soumis à des changements réguliers au niveau international et donc sensible», affirme Amédée Darga, président d?Enterprise Mauritius. Les estimations du Bureau central des statistiques indiquent, qu?en décembre 2007, le secteur du textile habillement comptait 55,311 employés, dont 17,184 expatriés. Il reste toutefois des défis à relever notamment ceux des contraintes changeantes dans l?industrie, la gestion interne et le besoin d?innovation.
Ahmed Parkar, directeur de Star Knitwear et président de la Chambre de commerce et d?industrie, se montre aussi optimiste sur la santé du secteur. «En général c?est positif, il y a des commandes qui entrent, mais les délais sont courts.» La nouvelle tendance veut que les commandes soient placées de manière très rapprochée par rapport à la date de livraison.
C?est l?une des plus grosses contraintes aujourd?hui. «La crise aux Etats-Unis et en Europe va affecter le nombre de commandes. De plus, les commandes sont placées de plus en plus près des dates d?expédition? Il y a plus de pression pour livrer à temps avec des délais courts ainsi qu?au niveau du ?sourcing? des matières premières», explique Ahmed Parkar. Le mois d?août représente un cap à passer et il s?attend que septembre constitue un moment de stabilisation.
Les contraintes du secteur textile sont notamment : le prix du pétrole, le fret, le taux de change face à la livre sterling, l?euro ou le dollar. Danielle Wong, directrice de la Mauritius Export Association (MEXA) fait ressortir que les baisses et les hausses de régime dans le textile sont normales. «Le textile et l?habillement ont toujours été un secteur difficile. Il faut voir la situation dans son emsemble sur une année.»
Les petits opérateurs sont ceux qui ont le plus de mal à surmonter les obstacles. La fermeture de certaines usines n?est cependant pas unanimement attribuée à des difficultés d?ordre international. «Evidemment sur les quelque 200 entreprises existantes il y a quelquefois des casualties. Mais, nous notons que ces casualties relèvent souvent d?un problème interne de gestion plutôt que liés à des facteurs externes», affirme Amédée Darga. Il divise les entreprises en trois groupes, selon leur taille ? 20 grosses, 50 moyennes et 125 petites.
Il insiste sur le fait que les différentes catégories d?opérateurs exploitent des marchés variés. Si les grandes entreprises se tournent presque exclusivement vers l?exportation, celles de taille moyenne exportent leurs produits et en vendent une partie localement. Quant aux petits opérateurs, ils détiennent depuis trois ans entre 70 % et 75 % du marché local, ce qui représente environ Rs 3,5 milliards de consommation annuelle.
Si les gros opérateurs réussissent, c?est grâce à des investissements stratégiques. Pour Ahmed Parkar, il s?agit, entre autres, d?avoir su développer des offres de produits mode et tendance qui évoluent rapidement. «On a des investissements pour rehausser le niveau des produits, en termes de valeur ajoutée et au niveau du design. Les produits sont plus raffinés en termes de service, et plus ?fashion? mode. C?est un avantage pour Maurice que nous arrivions à offrir ces produits fashion.»
Amédée Darga, abonde dans le même sens et insiste sur l?importance du design. «Les 20 grandes compagnies ont fait d?énormes progrès durant ces deux dernières années et ont beaucoup investi dans l?amélioration de la compétitivité dans l?injection de services tel le design dans leur production, et, hormis la question de taux de change de la roupie, ils tiennent la route très bien.»
Un créneau qui représente aussi un potentiel pour l?avenir et le commerce équitable. Plusieurs gros opérateurs ont déjà une part de production de commerce équitable. Ce marché a un taux annuel de croissance qui varie de 5 % à 10 %.
JOB TEXTILE ET PALMIRA
300 licenciements
■ Palmira, Job Textile et GITL. Trois entreprises en liquidation. «Il s?agit de deux usines et une compagnie de marketing», explique Raj Gangoosirdar, nommé liquidateur le 10 juin dernier. Après une visite des lieux ce jour-là, il a décidé de mettre les employés au chômage technique. «J?ai rencontré les cadres et quand j?ai été sur place, j?ai vu que les employés ne travaillaient pas.» Le liquidateur a envoyé des lettres de licenciement aux quelque 300 employés concernés. «Mes deux priorités sont de trouver un acquéreur qui reprendra les employés avec leur temps de service et d?enquêter sur ce qui s?est passé.» «On a dit que les usines fermaient à cause de l?endettement. C?est en partie vrai. Mais cette usine est comme un bateau sans commandement», allégue Raj Gangoosirdar. Plusieurs pistes l?interpellent et il recherche le directeur des usines, Olivier Baron, un ressortissant français. «Je dois savoir pourquoi le directeur s?en est allé et pourquoi des commandes seraient allées à Madagascar et non à Maurice. Il me faut savoir s?il y a eu «mismanagement» et déviation de commandes.» Une fois terminé l?inventaire des entreprises, il lancera un appel d?offres pour d?éventuels repreneurs. Quant aux possibilités de sous-traitance, Raj Gangoosirdar expliquequ?il a contacté des entreprises. «Mais celles-ci ne souhaitent pas sous-traiter aux usines à cause des risques encourus si un acheteur reprend l?usine et ne veut plus de cette sous-traitance.»
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