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On a testé: L’Espadon à Pointe-aux-Canonniers
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On a testé: L’Espadon à Pointe-aux-Canonniers
Pour l’anniversaire de madame, monsieur n’a pas le droit à l’erreur. Le cadeau, c’est OK. Par contre le resto – n’allez pas répéter –, j’ai oublié de réserver. Alors je joue la carte de la surprise. Tu verras bien… Un chouette endroit où t’es jamais allée… Comme si je savais, moi, où l’emmener pour la faire rêver. C’est donc les doigts croisés sur le volant de mon hybride que je mets les watts en direction de Pointe-aux-Canonniers. De Mon-Choisy à Grand-Baie, je ne peux pas ne pas trouver ! Au pire, il me restera l’option «assortiment de boulettes pieds dans l’eau». Romantique, elle adore…
HEURE. Mercredi, 21 heures. Deuxième aller-retour sur la route côtière. Au troisième passage, derrière des palmiers, je repère la terrasse qu’il me faut. Sur l’enseigne pavillon, des fruits de mer et un nom : «L’Espadon». Le lieu semble calme et distingué. C’est là, je reconnais… ça te plaît ? Oui, oui. Soulagement partagé.
AMBIANCE. Huit tables en salle, autant sous la varangue, toutes recouvertes de nappes blanches impeccables. L’éclairage tamisé est apaisant, la décoration sobre et élégante. Un guitariste joue piano sur la sono. A l’intérieur, les larges fauteuils de bois ont l’air plus confortables que les chaises de la terrasse. Mais nous préférons dîner dehors. On apporte des coussins et nous voilà bien à l’aise. A bonne distance, deux couples de touristes prennent l’apéro ensemble. Près d’eux, un grand bocal de coquillages trône au côté de jolies carafes de rhum arrangé sur un bar d’été. Ce dernier prolonge le bar principal, bien achalandé, lui-même dans l’alignement d’une vaste cuisine ouverte. Le chef n’a rien à cacher…
LA COMMANDE. Nous parcourons la carte en sirotant un jus d’ananas frais. Salade «la pointe et les récifs», gratin de fruits de mer, moules au vin blanc… Toutes les entrées mettent l’eau à la bouche. J’arrête mon choix sur le carpaccio de poisson. Mon épouse choisit la soupe du pêcheur. Bien que l’établissement porte le nom d’un grand pélagique, on y cuisine aussi la volaille, l’agneau et le boeuf d’Australie. Ce sont toutefois les produits de la mer qui dominent le menu. A la table des vacanciers, le plus gourmand succombera à la tentation d’une langouste de deux kilos, présentée vivante. Une belle bête qui lui coûtera quand même Rs 3800. N’ayant pas les yeux plus gros que notre pouvoir d’achat, nous enchaînerons avec des brochettes de poulet à la crème, la photo étant franchement appétissante.
LE REPAS. Deux mots pour qualifier l’ensemble : copieux et raffiné. Deux poulets n’ont pas dû suffire pour confectionner les brochettes. La cuisson est parfaite, comme la marinade et la sauce servie à part. En accompagnement, des frites et une généreuse portion de légumes de saison, mi-cuits, pleins de saveur. Même constat pour le carpaccio. Une bonne demi-livre de thon rouge, coupé en tranches épaisses. Rien d’écoeurant, bien au contraire. Le poisson cru est arrosé d’huile d’olive au pesto et parsemé de baies roses. C’est fin et je savoure jusqu’à la dernière bouchée.
La palme revient néanmoins à la soupe du pêcheur. Il s’agit apparemment d’un bouillon de crustacés dans lequel nagent de beaux morceaux de saumon et de dorade. L’ajout de crème fraîche donne une texture veloutée et le goût rappelle celui de la bisque de homard. Trempez là-dedans vos croûtons à l’ail persillé - la corbeille en déborde - et vous serez transporté au paradis des gourmets. Loin, très loin des mixtures insipides que proposent de nombreux restaurants de l’île.
LE SERVICE. D’un naturel souriant, la serveuse s’avère aussi d’une incroyable discrétion. Ce qui ne l’empêche pas d’être observatrice et présente aux bons moments. J’ai horreur de voir arriver l’entrée si je n’ai pas fini l’apéritif. Encore moins d’attendre une plombe entre deux plats. Pas de ça ici, tout s’enchaîne justement. Oeuvrant tout en délicatesse, notre hôtesse maîtrise son affaire. J’apprendrai plus tard que la dame qui s’occupe de nous est en fait la patronne, que le chef est son mari et qu’ils sont propriétaires de l’établissement depuis 14 ans.
VALUE FOR MONEY. Au regard de la qualité et de la quantité dans les assiettes, les prix sont tout à fait raisonnables. Notre addition s’élève à Rs 1470, bouteille d’eau et café compris. Tentez un peu la comparaison avec Le Capitaine, la référence sur ce créneau…
EPILOGUE. Au moment de reprendre la route, mauvaise surprise. Le pneu avant droit est à plat. Crevé ! Un clou planté dans le caoutchouc. Mais bon, je sais changer une roue ! Enfin, je croyais… C’est finalement toute l’équipe du restaurant – le gardien, le commis de cuisine et le chef – qui vient à la rescousse et s’en charge à ma place. Nous regagnerons la maison, enchantés par ce coup de main salutaire, heureux d’avoir découvert une très bonne adresse et le ventre bien rempli. Le gâteau d’anniversaire attendra demain...
Note : 8,5 /10
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