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Terry Vo, le miraculé d?Australie
Une étincelle dans les yeux, un grand sourire, une énergie débordante et un esprit combatif. C?est ce qui frappe quand on croise ce petit bonhomme de onze ans. Cheveux noirs légèrement ondulés, visage rayonnant, chemise blanche imprimée de motifs gris, jeans trois-quarts délavés et les immanquables baskets qui vont avec, Terry Vo, en visite à Maurice, a l?air d?un ado comme les autres. Sauf qu?il a frôlé la mort !
Son corps est encore maculé par le passage de la camarde qui a failli le happer. Sur ses petits poignets, se logent des cicatrices laissées par les greffes effectuées pour réajuster ses mains. Un de ses pieds, amputé, a cédé la place à une prothèse. La faute à quoi ? À un accident inimaginable, presque surréaliste qui aurait pu lui voler sa vie ! Les flashs, inoubliables, taraudent son esprit, hantent aussi certaines de ses nuits?
C?était le jour de Pâques? le 26 mars 2005. Terry, alors âgé de dix ans, étudiant à la Majella Catholic Primary School de Perth, s?adonne à une partie de basket-ball. Passionné par le sport ? vélo, tennis et karaté ? le petit s?amuse avec ses six copains. Il est 18 h 30. Il se trouve dans l?arrière-cour d?un ami, annexé au garage.
Alors qu?il saute pour faire un panier, il s?accroche au cerceau métallique et cela lui est fatal ! Avec la pression, le pan du mur auquel était fixé le panneau, s?effondre ! Celui-ci se détache, de même que le cerceau, et tout lui tombe dessus. Terry se retrouve sous un amas de briques et de métaux. Le ballon de basket s?immobilise au sol. À côté de lui, une mare de sang et? les mains de Terry sectionnées ! Sous le poids, son pied gauche a été écrasé et déchiqueté.
Il ne crie pas, ne pleure pas, est à demi-conscient. Son corps disloqué provoque un engourdissement. Contre toute attente, Terry Vo reste calme : « Je ne comprenais pas ce qui se passait autour de moi. J?étais choqué, je saignais beaucoup et je croyais que je rêvais », dit-il. Ses amis volent à son secours. Certains préviennent les parents, tandis que d?autres appellent les urgences. Une ambulance arrive quinze minutes plus tard.
« En voyant mon fils unique ainsi, je me suis dit que j?allais le perdre. J?étais abasourdi, je suis monté dans l?ambulance. Nous avons pris les membres pour les conserver dans la glace, le temps d?arriver à l?hôpital. Dans le véhicule, Terry essayait de me rassurer, il me disait que ça allait », relate Tam, 46 ans, son père, réfugié du Vietnam, qui gère maintenant un petit commerce en Australie.
La stupeur foudroie le personnel hospitalier
Direction : le Princess Margaret Medical Centre, établissement destiné aux enfants. Et c?est la stupeur qui foudroie le personnel hospitalier ! On a du mal à croire que Terry se soit ainsi démembré en jouant au basket ! Certains demandent même s?il ne s?agissait pas d?une tronçonneuse ! Même les chirurgiens sont médusés : « La toute première pensée qui vous vient à l?esprit, c?est l?incrédulité. Et ce n?est pas seulement deux mains, mais deux mains entières et un pied. Comment est-ce que cela a pu se produire ? », déclarait Robert Love, chirurgien plastique, à la presse australienne. Car cette histoire a défrayé la chronique au pays des kangourous, mais aussi dans le monde entier?
Et pourtant, c?est la réalité. Terry Vo est entre la vie et la mort. Huit chirurgiens, et plasticiens sont dépêchés pour le sauver. Il est alors 21 heures. Le temps joue contre eux. Car plus les interventions tardent, plus les chances de pouvoir greffer les membres de Terry s?amenuisent ! Entre-temps, le garçonnet croit toujours nager en plein cauchemar. Il ferme les yeux et s?endort, anesthésié. Neuf heures s?écoulent.
Grâce à des fils de suture plus fins que les cheveux humains et un travail de minutie, les chirurgiens réussissent à greffer ses mains. Le même processus est appliqué au pied gauche mais hélas, l?organisme le rejette. Le muscle du pied étant devenu estropié et ravagé de l?intérieur, il est impossible de le sauver. Il faut alors effectuer une amputation et placer une prothèse. Les chirurgiens sont à pied d??uvre. Et la fixation de la prothèse est également une réussite.
Quelques heures plus tard, Terry ouvre les yeux. Il découvre la cruelle vérité. Ces flashs étaient bien réels ! « J?étais horrifié. J?étais connecté à des tubes et à des appareils respiratoires. Mes parents étaient à mes côtés. Je voulais retrouver l?usage de mes mains et de mon pied », déclare-t-il. Volonté de fer et détermination, Terry veut s?en sortir.
Commence alors les séances de physiothérapie pour le rééduquer à l?usage de ses membres. Six heures de nettoyage quotidien des plaies qui sont loin d?être cicatrisées, rebandage, mouvements minuscules et exercices de pliage pour les doigts et les mains, enlèvement de certains points graduellement, le petit supporte tout ! Aidé par son étonnant calme, il maintient ses efforts avec bravoure pendant 22 semaines.
Il lui faut aussi maîtriser ses déplacements avec la prothèse. Pendant sa rééducation, Terry bénéficie de cours dispensés par les enseignants de la West Australian Government?s Hospital School Service. Son calvaire suscite un véritable élan de solidarité en Australie. On lui envoie des cartes, on lui rend visite, on le soutient financièrement. Il devient un vrai héros national.
Et après l?accident, des Security Warnings ont été appliqués pour les équipements de basket-ball.
« Une leçon de courage »
Après sa sortie de l?hôpital, il doit se rendre régulièrement au Princess Margaret Medical Centre pour poursuivre avec la physiothérapie. Et aujourd?hui, le petit a recouvré l?usage de ses mains et de son pied. Il a repris l?école et a pu retrouver goût à la vie.
Redevable envers les médecins et voulant sensibiliser petits et grands aux dangers entourant les activités sportives, Terry Vo soutient la Princess Margaret Hospital Foundation. « Il faut rester prudent quand on pratique un sport. Je veux aider les autres enfants qui seraient malades demain et qui peuvent être soignés à l?hôpital », affirme-t-il.
Participant à un gala de charité et faisant un témoignage émouvant, il a remporté un séjour au Beau Rivage, à Belle-Mare, hôtel du groupe Naiade Resorts. Arrivé à Maurice, il a visité quelques sites avec ses parents et sa cousine. Mais malheureusement, s?étant fracturé le bras récemment, il n?a pu effectuer quelques brasses. Toutefois, il garde de bons souvenirs des promenades en bateau et de la gentillesse des Mauri-ciens à son égard. Il a ému bon nombre d?entre eux lors de son passage : « Je pense que c?est une leçon de vie et un courage indéfectible que ce petit nous a démontrés », déclare Richard Ramasawmy, du groupe hôtelier.
Certes, Terry a décuplé ses forces pour survivre. Et aujourd?hui, reprenant ses activités sportives, mais avec modération, il a la tête pleine de rêves ! L?un d?eux est de devenir médecin. Pour sauver des vies !
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