Publicité

Terrorisme administratif

27 août 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le pouvoir sait tout et peut tout. Telle est la leçon que le commun des mortels est en droit de tirer au vu du traitement infligé, cette semaine, par l?hôtel du gouvernement au Dr Shiam Sungkur, médecin chef au ministère de la Santé.

Alors que pour virer un planton fraîchement recruté, la Public Service Commission doit respecter à la lettre toute une procédure, il a suffi d?une requête verbale d?un ministre, juriste de surcroît, pour que ce fonctionnaire vide les lieux en moins d?une demi-journée. Il a été forcé de réclamer sa mise à la retraite sans autre forme de procès. Sans aucune explication officielle, sans la possibilité de présenter la moindre défense. Et ce, après une trentaine d?années au service de l?État.

L?actuel pouvoir qui prétend se soucier de la communication et qui se gargarise de la nécessité de faciliter l?accès à l?information ne pipe mot de ce limogeage déguisé. Selon la version du Dr Sungkur, le gouvernement lui reproche d?avoir communiqué à un journaliste le constat d?un expert sur le chikungunya. Crime odieux, aux yeux des puissants du jour, et qui mérite une sanction immédiate et irréversible. Depuis que la nouvelle a été ébruitée, l?incriminé ne cesse de clamer son innocence.

Le Trésor public, on le sait, dépense des centaines de milliers de roupies chaque année pour sensibiliser la nation à la nécessité de se maintenir en bonne santé. Or, par on ne sait quel trait de génie, celui qui a ordonné la mise à la retraite du médecin chef place un rapport d?expert sur cette épidémie au rang de secret d?Etat.

En moins d?une journée, le pouvoir a accusé, jugé et infligé la sentence. Si ce n?est pas du terrorisme administratif, cela y ressemble. La vitesse à laquelle ce dossier a été bouclé a également de quoi étonner ceux qui persistent à croire que le recours aux tables d?écoute ne fait pas partie de nos m?urs.

Aussi, quand quelqu?un me parle, ces jours-ci, d?équité, de transparence, de la pertinence d?un Freedom of Information Act ou encore de la nécessité de battre le rappel des compétences mauriciennes éparpillées à travers le monde, j?ai envie de vomir.

Publicité