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Terres amères

4 décembre 2006, 00:00

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Débat faussé. Alors que l?allocation des terres dans le triangle d?Ebène fait l?actualité, on oublie les vraies questions. Celles de l?homme. Avec la résiliation des contrats suivie de leur rétablissement, sur d?autres lopins, (suite à une rencontre avec le Premier ministre), on occulte la vraie portée de la problématique culturelle. On réduit la culture à de basses questions d?arpent, de bâtiment, et d?adresse convoitée.

Qu?en est-il des têtes pensantes nécessaires pour la prise de décision. C?est établi. Remettre le centre culturel tamoul à Ebène ou dans ses parages ne le fera pas mieux fonctionner. Car cette institution n?a pour le moment ? depuis juillet 2005 ? ni directeur, ni conseil d?administration. C?est une enseigne placée depuis l?opération lev pake ale ( la version officielle parle de conseil d?administration pas reconstitué) sous l?autorité du Permanent Secretary du ministère des Arts et de la Culture.

Alors même si par magie le centre polyvalent rêvé par les chantres de la culture tamoule (avec bibliothèque, salle de musique, etc.) bourgeonnait demain à Ebène, cela ne changerait rien. Strictement rien. Car où seraient ceux chargés de donner une direction à cette entreprise culturelle, que ce soit pour la tenue des cours de calligraphie par exemple ? Où seraient ceux qui voudraient ?uvrer pour un vrai décloisonnement ?

Et dire que ce présent gouvernement ne s?est pas trompé d?enjeu à son arrivée aux affaires. En effet, à la balkanisation de la culture mauricienne, sa division scientifique en six centres culturels, l?Alliance sociale annonçait dans son discours programme son intention de gérer la culture autrement. De mettre bon ordre à la parcellisation de notre identité. Et faire souffler le vent du changement. Voilà qui est bel et bon. Voilà qui nous a donné l?envie de croire que l?évolution positive de notre culture mauricienne ? dans sa créolité, sa « lascarité », sa « malbarité » était non seulement possible mais proche. Que l?arc-en-ciel allait enfin apprendre à mélanger les couleurs pour un décloisonnement salutaire. Chronique de la mort annoncée du bann la contre les nou bann. Pour que vive le Nous inclusif.

Et puis, Mahendra Gowreesoo a accepté le portefeuille des Arts et de la Culture. Les responsables des centres culturels ont vu leur contrat non renouvelé. Et ces institutions qui ont tenté avec leurs moyens de propager la culture avec les deniers publics se sont étiolées. Sauf peut-être le centre Nelson Mandela pour la culture africaine qui, sous l?impulsion du président Jocelyn Gracieuse, a carrément pris une voie différente. Profitant du flou dans la définition même de centre culturel, pour l?orienter vers une mission de facilitation de l?esprit d?entreprise. Loin de nous de vouloir distribuer claques ou bons points. Ce n?est pas à nous de dire quelle est la ?bonne? voie pour un centre culturel, qu?il ne doit pas se limiter à l?organisation de tam-tam populaire à intervalle régulier. C?est aux législateurs de se pencher sur cette problématique. Retenons seulement toutes les bonnes volontés.

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