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Tentative de coup d?Etat

11 mars 2004, 20:00

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<B>LES 67</B> mercenaires présumés arrêtés dimanche à Harare (Zimbabwe) devaient rejoindre d?autres hommes en Guinée-Equatoriale pour y fomenter un coup d?Etat avec l?aide des services secrets américains, britanniques et espagnols, a affirmé mercredi le ministre zimbabwéen de l?intérieur.

Le ministre, Kembo Mohadi, a affirmé à la presse que l?avion immobilisé dimanche à Harare avec à son bord 64 mercenaires présumés ? rejoints sur place par 3 autres hommes ? devait décoller dimanche soir pour Malabo, capitale de la Guinée-Equatoriale, où il était attendu lundi matin.?A l?atterrissage, le groupe devait être rejoint par des complices déjà à Malabo afin d?organiser un coup d?Etat pour renverser le président [Teodoro] Obiang Nguema?, a déclaré M. Mohadi, en précisant que ces informations avaient été fournies par l?un des hommes arrêtés à Harare, Simon Mann.

Les 67 mercenaires présumés arrêtés dimanche devaient rejoindre d?autres hommes en Guinée-Equatoriale pour y fomenter un coup d?Etat avec l?aide des services secrets américains, britanniques et espagnols, a affirmé mercredi le ministre zimbabwéen de l?intérieur. Selon Stan Mudenge, ministre des affaires étrangères, ces hommes encourent la ?peine capitale?.

Mardi, le président Obiang avait annoncé que quinze mercenaires voulant renverser son régime avaient été arrêtés en Guinée-Equatoriale et qu?un opposant en exil à Madrid, Severo Moto, se trouvait derrière cette tentative de coup d?Etat, ce que ce dernier a démenti mercredi.

<B>?Un terrible malentendu? ?</B>

Selon Kembo Mohadi, Simon Mann a déclaré avoir été recruté en novembre par Severo Moto contre la promesse de recevoir 1,8 million de dollars (1,4 million d?euros) et des droits d?exploitation pétrolière en Guinée-Equatoriale. M. Mann a également révélé, selon le ministre, que les ?mercenaires? avaient été ?aidés par le MI6 (services secrets britanniques), la CIA et les services secrets espagnols?. ?Les services de renseignement occidentaux ont persuadé les chefs de la police et de l?armée équato-guinéens de ne pas opposer de résistance, mais de coopérer avec les putschistes?, en échange de postes ministériels dans un nouveau gouvernement, a ajouté M. Mohadi.

En Guinée-Equatoriale, un Sud-Africain présenté comme le chef du commando a affirmé mercredi à la télévision nationale que les mercenaires voulaient ?séquestrer? le président Teodoro Obiang Nguema et le contraindre à l?exil en Espagne. ?Il ne s?agissait pas d?en finir avec la vie du chef de l?Etat, mais de le séquestrer, l?emmener en Espagne et le forcer à l?exil, puis de procéder à l?immédiate installation du gouvernement en exil de Severo Moto Nsa?, a déclaré un homme de type européen, présenté sous le nom de Nick du Toit. L?homme, qui parlait en anglais et dont les propos étaient traduits en espagnol, ne montrait aucun signe visible d?appréhension ou de fatigue.

A Malabo, le président Obiang Nguema a affirmé avoir parlé ?avec le président sud-africain, qui nous a avertis qu?un groupe de mercenaires faisait mouvement vers la Guinée-Equatoriale?. A Pretoria, Bheki Khumalo, porte-parole du président Thabo Mbeki, a précisé que les deux présidents n?avaient pas été directement en contact mais que leurs services ?avaient partagé des informations?, pour s?assurer qu?il n?y aurait ?aucun changement inconstitutionnel de gouvernement?.

Toute cette affaire est un ?terrible malentendu?, a de son côté affirmé Charles Burrow, dirigeant de la société britannique Logo Logistics qui affirme exploiter l?avion à bord duquel se trouvaient les hommes arrêtés à Harare. Selon M. Burrow, l?avion devait convoyer les hommes ? sous contrat pour différentes sociétés minières ? en République démocratique du Congo, avec plusieurs arrêts, dont Harare et Bujumbura (Burundi).

Logo Logistics estime que ce que les autorités zimbabwéennes ont décrit comme du ?matériel militaire? découvert dans le Boeing 727-100, immatriculé aux Etats-Unis, était en réalité des équipements de travail. Parmi ceux-ci figuraient des cisailles, des téléphones satellitaires, des radios, des couteaux et des bottes de type militaire, ainsi que des sacs de couchage.

A Luanda, le ministre des affaires étrangères angolais, Joao Bernardo de Miranda, a affirmé que son pays allait ?enquêter? sur la présence d?Angolais dans le groupe arrêté à Harare. ?Ce que nous savons, c?est que ces éléments appartiennent à l?ex-bataillon Buffalo, tristement connu en Angola durant les invasions sud-africaines contre notre pays dans les années 1980?, a-t-il affirmé.

© Le Monde News Service

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