Publicité

Tengur soulève un point de droit devant l?Icac

20 janvier 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

NOUVEL élément dans l?affaire des Rs 11,5 millions qu?aurait réclamé le Bureau de l?éducation catholique (BEC) à la Private Secondary Schools Authority (PSSA) pour le rehaussement de ses infrastructures dans le cadre de la réforme. Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers? Union (GHTU) a soutenu devant l?Independent Commission against Corruption (Icac), qui l?avait convoqué hier, que l?Eglise n?avait tout simplement pas le droit de suspendre ?unilatéralement? le Memorandum of Understanding (MoU) signé avec le gouvernement en décembre 2002. C?était peu après le jugement de la Cour suprême en novembre 2002. L?Eglise nie et projette de poursuivre l?auteur de ces allégations pour diffamation.

Le document assurait la parti-cipation de l?Eglise à la réforme. Comme le MoU avait été suspendu, la demande de remboursement de dépenses pour l?amélioration des collèges par le BEC auprès de la PSSA n?aurait pas été justifiée.

?Rapport erroné?

?Selon le code civil, les deux parties auraient dû aller devant une cour de justice pour voir comment mettre un terme à ce MoU?, insiste Suttyhudeo Tengur.

Selon nos renseignements, les officiers de l?Icac comptent demander un avis légal sur cette question auprès du parquet. Dépendant de la recommandation émise, l?Icac interrogera la PSSA et le BEC.

La réaction ne se fait pas attendre du côté de l?évêché de Port-Louis. ?C?est la Cour suprême dans son jugement de novembre 2002 qui a déclaré le MoU illégal et pas nous?, soutient le vicaire général Jean-Maurice Labour. L?Eglise accuse aussi le syndicaliste d?être mal renseigné puisque le BEC n?aurait jamais réclamé Rs 11 587 913 à la PSSA. Ce chiffre aurait été revu à la baisse et porté ?à Rs 10 millions et quelque?. En d?autres mots, l?Eglise avance que Suttyhudeo Tengur s?est fondé sur un rapport erroné pour faire ses allégations.

?Les conclusions de l?enquête entreprise par la PSSA sur ces dépenses indiquaient effectivement qu?il y avait certaines réclamations qui étaient au-dessus de la réalité. Après vérification avec la PSSA, les chiffres ont donc été revus à la baisse. Que l?Icac aille vérifier auprès du ministère des Finances et de la PSSA?, disent les autorités catholiques.

La somme réclamée, soutiennent-elles, a déjà été dépensée pour honorer le contrat signé avec le gouvernement de Maurice dans le MoU. ?L?Eglise a demandé le droit de contracter un emprunt à la Banque de développement à taux préférentiel et remboursable par les grants accordées par le gouvernement aux collèges catholiques?, précise Jean-Maurice Labour. Les propos de M. Tengur laissent entendre que nous aurions pris de l?argent des caisses de l?Etat. Or, c?est bel et bien de nos caisses que l?argent est sorti.?

La riposte

Après la signature du MoU, le 11 juin 2002, les autorités catholiques commencent à entreprendre des travaux d?extension de certains bâtiments et autres infrastructures dans le cadre de la réforme.

Début octobre 2003 et par lettre, Suttyhudeo Tengur demande à l?Icac d?ouvrir une enquête sur un ?clear case of swindling and/or defrauding money? de la part du BEC. En novembre l?Eglise répond au président de la GHTU par le biais d?une mise en demeure, lui intimant de se taire.

L?Eglise, comme le laisse entendre Jean-Maurice Labour, réfléchit actuellement sur le démarrage d?une procédure judiciaire contre Suttyhudeo Tengur pour diffamation. ?C?est scandaleux de nous faire apparaître comme des voleurs.?

Publicité