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Teeluck Bhuwanee, au service de l?éducation
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Teeluck Bhuwanee, au service de l?éducation
De Chemin-Grenier à Dakar, Teeluck Bhuwanee en a parcouru du chemin. Titulaire d?un doctorat en éducation, ce fils de laboureurs, a fait escale en Inde et à New York avant de mettre les pieds au Sénégal. L?Inde et New York ont été des endroits clés dans la formation du pédagogue maintenant responsable de la section d?enseignement secondaire, de l?enseignement technique, de la formation professionnelle et de l?alphabétisation à l?Unesco dont le bureau régional est basé à Dakar.
D?une voix calme et assurée, il raconte son parcours. Troisième d?une famille de sept enfants, il a toujours été poussé par ses parents afin d?acquérir la meilleure éducation possible. « C?était surtout ma mère qui nous poussait à faire de notre mieux. Elle était elle-même analphabète et travaillait comme laboureur. Mais elle ne voulait pas que ses enfants connaissent le même sort. Elle nous a donc inculqué l?importance de réussir dans nos études », raconte-t-il.
Son parcours scolaire plus qu?exemplaire témoigne de son ardeur dans le travail. À neuf ans, il avait déjà terminé sa dernière année de primaire. Était-il un petit prodige ? « Non », répond-t-il, un sourire aux lèvres et le regard amusé. « C?est juste que j?ai sauté une classe. De la première année de primaireje suis passé directement à la troisième. »
L?homme reste modeste malgré les prouesses qu?il a accomplies durant sa scolarité. De l?école primaire de Chemin-Grenier, il va au collège Bhujoharry, à Port-Louis, ce qui l?oblige à habiter chez un oncle le temps de finir ses études secondaires. Il termine son HSC à l?âge de 16 ans !
Un amoureux des langues
Ce retour dans le passé s?accompagne de souvenirs des difficultés rencontrées par les élèves de son époque. Nous sommes dans les années 60.
« Il n?y avait pas d?environnement propice pour réussir dans l?éducation. Il y avait beaucoup de lacunes. Ce n?est pas comme aujourd?hui où les enfants ont des facilités. Maintenant, il y a des livres, des bibliothèques, la télé, la radio. À mon époque, ce n?était que le prof et l?élève et des manuels scolaires venus de l?extérieur qui n?avaient rien à voir avec la réalité mauricienne. »
À cet instant précis, des vers de poésie anglaise lui reviennent et il les récite de mémoire. Pas étonnant de la part de cet amoureux des langues. Après son HSC, il va en Inde pour poursuivre des études supérieures.
À 20 ans, il revient à Maurice avec un B. Sc (Hons.) en anglais. « J?ai toujours voulu aller en Inde. C?est peut-être parce que mes parents n?avaient pas suffisamment d?argent pour m?envoyer ailleurs », avoue Teeluck Bhuwanee.
Malheureusement, la période après l?indépendance est difficile. La situation socio-économique désastreuse et le chômage le poussent à retourner en Inde afin d?obtenir un Masters en anglais.
Lorsqu?il revient à Maurice, il devient instituteur au collège Royal de Port-Louis. Cette première expérience n?est que le prélude d?une longue carrière dans l?éducation. Néanmoins, la situation reste très dure. Tous les jours, ce sont deux heures et demi de route qui l?attendent de Chemin-Grenier à Port-Louis. D?autant plus qu?en 1974, les routes et le transport en commun laissaient à désirer.
Après quelques mois de trajets épuisants, il trouve une maison à Coromandel. Il connaîtra, par la suite, plusieurs écoles avant d?être promu recteur assistant au collège John Kennedy en 1984 ; poste qu?il remplira durant quatre ans avant d?obtenir une bourse d?études lui permettant de préparer un Masters en éducation à l?université de New York.
Durant cette période, ses compétences n?échappent pas à ses profs qui lui proposent d?entamer un doctorat. Une offre qu?il déclinera. « Je pensais à mon pays, aux changements qu?un recteur peut apporter à une école et à l?influence qu?il peut avoir. Un jour, alors que j?étais dans le bureau d?un recteur, j?ai lu une citation qui m?a marqué et qui est devenue mon motto dans la vie. Cette citation disait : à la fin de votre carrière, ce n?est pas ce que vous aurez acquis qui aura compté mais la différence que vous aurez faite dans la vie des gens. »
Cette différence qu?il était capable de faire, voilà ce qui l?a motivé. Son idéal n?a pourtant pas été toujours bien accueilli par tous. Ses méthodes de travail obligent les enseignants à changer de comportement. « Pour moi, plus que le curriculum, c?est l?attitude des enseignants qui comptait. Je n?hésitais pas à les bousculer pour qu?ils changent,car c?est ce qui allait avoir une influence sur les élèves. »
« Un véritable challenge »
Après sa riche expérience en tant que recteur, Teeluck Bhuwanee a l?impression d?avoir fait le tour du métier. Il travaille, par la suite, au Mauritius College of the Air avant de reprendre le poste de recteur. Mais un incident survient en 1996 et change le cours de sa carrière. Cet incident met en jeu le ministère qui veut s?ingérer dans les affaires internes de l?établissement, alors que pour Teeluck Bhuwanee, les directeurs d?école doivent être autonomes. Il décide alors d?accepter sa bourse pour faire son doctorat. Et le voilà de nouveau parti pour trois ans à New York.
La suite se ponctue par des postes variés au sein du Mauritius Institute of Education et en tant que premier registrar de l?université de technologie de Maurice, en 2001. En 2004, il postule pour un poste vacant à l?Unesco et sa candidature est acceptée. Désormais, l?homme ?uvre dans 46 pays du continent africain. « Ce n?est pas toujours facile, mais c?est un véritable challenge », conclut Teeluck Bhuwanee.
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