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?Team Building? : un outil de travail, pas un miracle

21 août 2007, 00:00

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?Team Building? : un outil de travail, pas un miracle

Mobilite oblige, les salariés mauriciens doivent régulièrement apprendre à composer avec un environnement de travail différent et des personnalités les plus diverses. Dans ces conditions, créer un esprit d?équipe n?est guère aisé. D?où peut-être cet engouement pour le team building. Certains ont recours au système D, d?autres font appel à des professionnels. Krish Hardowar, un de ces pros, directeur de Vertical World, précise toutefois que ?le team building n?est pas de la magie?. ?Nous ne pouvons pas motiver les gens mais nous pouvons leur donner des raisons de se motiver. Nous leur donnons des outils pour y arriver.?

Différentes activités sont répertoriées : du brainstorming ?théorique? aux jeux de rôles en passant par la descente en rappel. L?activité dépendra des objectifs de l?entreprise. Krish Hardowar explique que le développement d?une équipe se fait en cinq phases. A chaque étape, son ?problème? et sa ?solution?. ?Cela ne sert à rien de leur faire des activités en rapport avec la résolution de conflit s?ils sont dans la phase de performance. Là, il faut axer sur l?optimisation des ressources.?

De nouvelles idées

Krish Hardowar organise, avec son équipe, des activités de team building en extérieur. Là où cet élément devient ?une question de survie?. Des activités expérimentées en plein air qui, une fois mises en relation avec les situations vécues en entreprise, permettent d?évoluer. Des activités qui permettent également de démontrer que ?chaque maillon de la chaîne est important?. A Krish Hardowar d?ajouter que ?construire une équipe, c?est construire des individus?.

Et si ces individus, justement, traînent les pieds ? Qu?ils participent aux activités de team building uniquement parce qu?on leur a intimé de le faire ? ?Nous ne forçons personne à participer. S?ils décident de rester, après 30 minutes d?activités, nous pouvons constater qu?ils laissent tomber leur masque?, soutient Krish Hardowar. Mais pour qu?un changement soit durable, la volonté est primordiale. Pour Lida Ruhomutally, training executive chez Blast Communication, ?les résultats dépendent beaucoup de l?individu lui-même. S?il ne veut pas changer, on ne peut rien y faire?.

Chez Imagine Communication, les employés, eux-mêmes, ont ressenti ?le besoin de (se) retrouver entre (eux) hors du cadre du travail?. Pendant un séjour de trois jours à Rodrigues, ils ont alterné activités extérieures et réflexions sur leur travail. ?Nous avons fait un relevé des problèmes que nous rencontrons au quotidien et nous avons réfléchi à ce que nous pouvions faire pour que cela change?, explique Aradhna Boodhoo-Laumond, Operations and Development Manager. Quatre mois plus tard, ils essaient autant que faire se peut de respecter les décisions prises lors de leur séjour. ?Au-delà du fait que les relations entre collègues ont changé, cette activité a permis l?émergence de nouvelles idées qui facilitent le travail.?

Un travail de longue haleine

Krish Hardowar rappelle qu?on ne peut pas s?attendre à un miracle. ?Il ne faut pas croire qu?au lendemain d?un training, tout va bien aller.? Lida Ruhomutally confirme qu??on ne construit pas une équipe en un jour?. Un suivi est nécessaire. C?est pourquoi, pour le groupe Food & Allied, le team building ne se limite pas qu?à des actions ponctuelles. ?Nous organisons régulièrement, tous les mois et toutes les semaines, des activités sportives et cérébrales.? Histoire d?entretenir l?esprit d?équipe au quotidien. Pour Jacques Enouf, directeur des ressources humaines du groupe, ces activités permettent aux employés ?d?apprendre à travailler ensemble, à mieux se connaître, à créer une culture d?entreprise et un esprit d?équipe?.

Mais pour le directeur de Vertical World, si une partie de football permet aux employés de partager un bon moment hors du cadre du travail, elle ne peut être considérée comme du team building. ?Même si l?activité de team building demeure fun, elle comprend obligatoirement une réflexion sur l?entreprise et le rôle de chacun. Réflexion qui n?est pas incluse dans une partie de foot.?

Pour Krish Hardowar, si le team building est à la mode, c?est qu?il y a une raison sociale derrière cela. Il rappelle qu?il y a dix ans, ?les entreprises n?avaient pas besoin de team building?. ?Les gens avaient le sens du partage et de la coordination pour l?avoir vécu en famille. Cela a disparu. Les jeunes qui entrent en entreprise aujourd?hui après leurs études n?ont pas l?habitude de travailler en équipe.?

Valérie OLLA

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