Publicité
Taxis et taxis marrons en colère
Exaspérés. Le qualificatif s’applique aux chauffeurs de taxi de l’Est et aux taxis marrons. Les uns s’insurgent contre les tarifs au rabais pratiqués par certains autobus individuels. Les autres, contre le fait que la police les empêche de travailler.
Les chauffeurs de taxi rencontrent aujourd’hui les autorités policières pour les informer de leur projet de manifester leur réprobation à travers l’île.
Interrogé, hier, Krishna Fullee, porte-parole des Taxis de l’Est, a déclaré que certains autobus individuels mènent une concurrence déloyale à leur égard. “Ce qui nous agace c’est qu’ils baissent leur tarif alors qu’ils n’ont pas le droit de le faire légalement. Nous voulons que les autorités concernées agissent avec fermeté”, dit Krishna Fullee. Il affirme que des opérateurs d’autobus baissent en moyenne leur tarif de Rs 8. Et cite l’exemple du trajet Trou-d’Eau Douce-Centre-de-Flacq. Cette baisse de tarif est aussi pratiquée dans d’autres endroits notamment à Goodlands, Grand-Port-Savanne et à Centre-de-Flacq.
Le porte-parole des chauffeurs de l’Est déclare que si ces derniers n’obtiennent pas satisfaction avec les autorités policières, les membres prendront les décisions qui s’imposent lors d’une prochaine réunion.
Les opérateurs d’autobus individuels expliquent, pour leur part, qu’ils ont décidé de pratiquer un tarif au rabais, même si cela est illégal, car des chauffeurs de taxi prennent illégalement des passagers aux arrêts d’autobus.
Les chauffeurs de taxis marrons, eux, ne comptent pas non plus se laisser faire. Ils menacent de bloquer de nouveau la circulation routière si la police les empêche de travailler. Ils réclament une rencontre avec le ministère du Transport pour que leur situation soit régularisée.
<B>“Agir avec fermeté”</B>
Certains taxis marrons de Rose-Hill affirment même qu’ils ont été verbalisés par la police. Ils comptent manifester à Port-Louis d’ici la fin de la semaine.
Les propriétaires des taxis-marrons de Rose-Hill se sont liés à ceux de Port-Louis depuis hier. Ils ne veulent pas pour l’instant dévoiler leur stratégie car leur dernière ma-nifestation n’a pas eu de grand succès, la police les ayant empêchés d’entrer à Port-Louis en bloquant l’entrée Nord de la capitale. Ils ont ainsi dû faire le parcours à pied pour rencontrer un membre du gouvernement.
Dans la menace de manifestation aujourd’hui à Port-louis, le président de la Taxi Proprietors’ Union (TPU), Raffick Bahadoor, se montre, lui, intraitable : “Je lance un appel aux autorités. Il faut que les autorités policières agissent avec fermenté car ils nous faut penser à nos enfants qui prennent part actuellement aux examens.”
Selon lui, un gouvernement ne peut pas gouverner sous la menace. “Tout le monde manifeste illégalement dans ce pays. Il faut cesser cette pratique. Nous sommes dans un Etat de droit… On ne peut accepter que des chauffeurs de taxis marrons aient leur base d’opération à côté d’une rare routière et à côté d’une base d’opération de taxis.”
Il insiste aussi sur le fait que le gouvernement doit avoir recours à un homme de loi qui traitera spécifiquement du non-respect des dispositions de la nouvelle version du Road Traffic Act. Cette loi qui est entrée en vigueur à partir du 1er juin prévoit des amendes deRs 3 000 à Rs 10 000 à l’encontre des taxis marrons de même qu’une amende pour le passager. Il est d’avis que si à chaque fois le gouvernement régularise la situation des taxis marrons, d’autres prendront leurs places. “C’est un cercle vicieux. Pourquoi est-ce qu’ils nefont pas leur demande comme tout le monde ?”
Le pays compte actuellement un peu plus de 6 000 taxis. Selon la TPU, quelque 4 500 taxis marrons et vans privés opèrent illégalement.
Publicité
Publicité
Les plus récents