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Tôt hier matin, les secouristes étaient déjà à pied-d?oeuvre.

3 septembre 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une explosion de forte puissance a été entendue vendredi matin dans le sud-ouest de La Nouvelle-Orléans. Plusieurs voitures de train auraient explosé et «la principale préoccupation est de savoir de quoi il s?agit», a déclaré un responsable de la police.

Trois jours après le passage du cyclone Katrina, la situation humanitaire s?est encore dégradée à La Nouvelle-Orléans. Le maire de la ville, Ray Nagin, a lancé un «SOS désespéré» et demandé aux forces de police, débordées, de cesser de rechercher les survivants en attente d?être secourus sur les hauteurs pour privilégier le maintien de l?ordre.

Les chaînes de télévision ont montré des scènes de violence et de pillages, des réfugiés en colère, toujours privés d?eau ou de nourriture, dans ce qui était l?une des plus grandes villes américaines, mais où un tiers des habitants vivaient sous le niveau de la mer. Une ville que le parlementaire républicain Dennis Hastert a suggéré de ne pas reconstruire à l?identique, tant les risques d?inondations sont inévitables.

Des unités de l?armée américaine, après avoir servi récemment en Irak, ont été dépêchées, avec ordre, si nécessaire, de «tirer pour tuer», afin de mettre un terme à l?anarchie provoquée par les pillards et de permettre aux secouristes de venir en aide sans risque aux milliers de personnes, malades ou non, qui sont bloquées, ainsi que de récupérer les cadavres.

La panique qui s?est emparée des réfugiés est alimentée par l?insécurité. Des unités de police, des secouristes et même des infirmiers et des médecins se sont fait tirer dessus jeudi. Selon les témoignages, des grands magasins qui vendent des armes, comme Wal-Mart, ont été pillés.

Des coups de feu ont été tirés, y compris contre un hélicoptère lors d?une mission d?évacuation, ce qui a interrompu les opérations pendant une partie de la journée. Des réfugiés ont aussi fait état de viols. Une porte-parole de la police municipale, Julie Lewis, a assuré que les coupables appartenaient à «trois gangs» bien connus de la ville.

Plusieurs dizaines de milliers d?habitants se trouvent encore dans la ville inondée. Ils se sont rassemblés en plusieurs endroits. D?abord, au centre des conventions : 15 000 à 20 000 personnes y attendent qu?on vienne les chercher. La nourriture est rare. La chaîne NBC a assisté au pillage d?un hôtel, lorsqu?il s?est mis à pleuvoir et que les sans-abri ont craint de voir une nouvelle fois le niveau de l?eau monter. «Ce n?est ni l?Irak ni la Somalie, a insisté le commentateur : cela se passe ici, chez nous.»

Bush mécontent

Les résultats des opérations de secours engagées après le passage de l?ouragan Katrina ne sont «pas acceptables», a déclaré hier George Bush, avant d?effectuer une visite des zones sinistrées.

Les critiques ne manquent pas sur la mauvaise organisation des secours. Terry Ebbert, le chef des opérations d?urgence de La Nouvelle-Orléans, a évoqué une «disgrâce nationale» . Le directeur de la sécurité civile, Michael Brown, a rappelé que les habitants avaient reçu l?ordre d?évacuer et qu?ils ne l?avaient pas écouté. Ensuite, quand les digues se sont rompues, il n?a pas voulu risquer la vie des sauveteurs en les envoyant trop tôt au secours des victimes, ce qui lui est reproché aujourd?hui.

Les dégâts à La Nouvelle-Orléans auraient probablement été bien moins étendus si les efforts de prévention des inondations avaient reçu les financements nécessaires ces dernières années, a déclaré Mike Parker, qui a dirigé cette agence, le «Corps du génie militaire», en 2001 et 2002.

Les réductions budgétaires pratiquées par l?administration Bush ont contraint les ingénieurs fédéraux à retarder des travaux de renforcement de digues, de vannes et de stations de pompage, lesquelles n?ont pas été en mesure de protéger La Nouvelle-Orléans des inondations provoquées par le passage de l?ouragan Katrina, a-t-on pu lire dans des documents officiels.

Dans une intervention depuis la Maison Blanche, à Washington, le président George Bush a reconnu que les citoyens de la région vivaient des moments «atroces». Il leur a demandé de la «patience» , alors que les télévisions montraient des scènes de crises de nerfs ou des jeunes, marchant dans l?eau, criant : «Où est Bush ?» Ce dernier a promis une «tolérance zéro» pour les pillards et ceux qui profitent de la situation pour augmenter les prix de l?essence.

Dans son intervention, le président Bush a demandé aux Américains d?économiser l?essence. «N?achetez pas de carburant si vous n?en n?avez pas besoin» , a-t-il dit. Il a annoncé qu?il avait demandé à l?équipe des deux anciens présidents son père, George H. Bush, et Bill Clinton qu?il avait mise en place au moment du tsunami d?Asie de reprendre du service pour lever des fonds privés pour la reconstruction. Il a établi les besoins à 10 milliards de dollars. Dès jeudi soir, les sénateurs ont voté cette aide après être rentrés de vacances prématurément.

L?aide pétrolière de l?Europe

Le chef de la diplomatie européenne Janvier Solana et le secrétaire au Foreign Office Jack Straw ont tenu hier des propos contradictoires sur l?éventualité de livraisons de pétrole par l?Union européenne aux Etats-Unis.

«Quelles que soient leurs demandes, nous les satisferons, qu?il s?agisse des réserves de pétrole fournies par différents pays ou de tout autre besoin éventuel», a déclaré Solana. Mais Jack Straw, qui préside la réunion, avait tenu peu auparavant des propos diamétralement opposés : «Franchement, ce n?est pas envisagé, car il existe un marché mondial du pétrole», avait-il déclaré en ajoutant que les ministres songeaient davantage à une aide humanitaire.

D?autre part, une porte-parole du gouvernement fédéral allemand a déclaré hier qu?une ponction dans les réserves du pays ne pourrait se faire que par «accord international très étroit avec l?Union européenne, mais en particulier avec l?Agence internationale de l?énergie.»

L?Espagne, elle, attend incessamment une demande formelle des Etats-Unis pour fournir de l?essence aux régions touchées par l?ouragan Katrina, a annoncé hier un porte-parole du ministère de l?Industrie. «Nous attendons la demande et je pense que nous leur dirons oui. Nous sommes a priori disposés à répondre à cette requête», a-t-il déclaré.

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