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Séries télés : le téléchargement fait fureur chez les jeunes
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Séries télés : le téléchargement fait fureur chez les jeunes
«Rosa, Marimar ?» Non, on s?est trompé de génération et de séries. «Desperate housewives, Sex and the City ! Trop top ! J?en suis fan !» Comme Anaïs, étudiante à l?université de Maurice, ils sont des milliers de jeunes à être «accros» aux séries télévisées américaines, des plus anciennes Prison Break, 24 heures chrono, Heroes, SmallVille, aux plus récentes, Jericho, entre autres? Et comme l?étudiante, ils sont des milliers à télécharger gratuitement ces séries quasi immédiatement après leur diffusion aux Etats-Unis, se plaçant ainsi parmi les premiers à les visionner avant le commun des mortels.
Cinéma et technologie? On ne parlera pas ici de science fiction mais des frontières devenues franchissables grâce à Internet. Les jeunes Mauriciens ont depuis longtemps saisi l?importance de tout ce que peut leur offrir ce formidable outil. Musique, vidéo-clips, classiques du septième art et les célèbres séries télévisées américaines, sans avoir à attendre plusieurs mois, le temps qu?elles soient traduites en français et diffusées sur les chaînes satellitaires? On peut tout télécharger instantanément, en toute illégalité, cela va sans dire.
«Télécharger les séries sans sous-titrage, ni traduction, est très répandu parmi les jeunes. Et grâce à l?ADSL, qui est devenu plus accessible, on peut gratuitement les télécharger et plus rapidement. Dans mon cas, c?est pour une utilisation personnelle», souligne Anaïs. Ainsi nul besoin d?attendre qu?elles arrivent sur les chaînes satellitaires «parce qu?une fois accro, on ne peut attendre, même si on sait que ces séries seront diffusées sur TF1 ou M6, entre autres».
Sandeep, étudiant en informatique et revendeur de pièces d?ordinateur, semble blasé par ce phénomène. «Télécharger les séries est très en vogue dans le milieu estudiantin et cela ne date pas d?hier. Cela m?arrive de «balancer» gratuitement la saison complète de Prison Break que j?ai préalablement téléchargée sur mon disque dur sur ceux que je vends à mes amis», explique le jeune homme. «Je ne vends pas les séries car, fait-il ressortir, c?est pour le plaisir de partager un truc en commun.»
Peer to peer, Client server, Torrent file? Toutes les méthodes sont bonnes pour disposer de ces séries, méthodes bien évidemment contraires aux lois des droits d?auteur. En somme, il s?agit de télécharger un fichier, gratuitement dans la majorité des cas, sur son disque dur depuis un site. Plusieurs usagers mettent à la disposition des internautes leurs fichiers. Après le téléchargement, il ne suffit plus qu?à le graver sur DVD ou sur un disque dur externe pour soi ou pour autrui.
«Il faut compter Rs 200 pour avoir une saison complète, ce qui n?est pas cher payé quand on opère dans l?illégalité.»
Avec le package de 256 kb par seconde de MyT, il faut compter entre trois et quatre heures pour télécharger un épisode, explique Sandeep. Pour Anaïs, cela prend un peu plus de temps, soit 24 heures pour un épisode.
Mais tous ne disposent pas d?un ordinateur ni d?une connexion Internet. Les vendeurs et loueurs de DVD ayant vu venir ce «craze», se sont également mis à offrir les épisodes aux mordus ce type d?émission deux semaines seulement après leur diffusion aux Etats-Unis. Qui plus est, on trouve toujours preneur même si les épisodes sont vendus en version originale.
Nic, gérant d?un vidéoclub à Rose-Hill, s?y connaît bien. Abonné à un serveur privé (Client server), il peut télécharger grâce à une connexion d?un mégabit, un épisode de 400 mb en trois-quatre heure et il faut en compter le double avec une connexion de 512 mb. Le téléchargement complété, il ne lui reste plus qu?à le graver sur un DVD qui en contiendra quatre et le mettre en vente le plus tôt possible. Et rien à redire quant à la qualité du son et de l?image. Il faut compter Rs 200 pour avoir une saison complète, ce qui n?est pas cher payé quand on opère dans l?illégalité.
A savoir que le téléchargement à usage personnel est possible à condition que le site dispose d'une licence exclusive de la maison d'édition ainsi qu'une licence de la Société de droit d?auteur du pays ou le site est abrité.
Mais le business du piratage, florissant, semble ainsi avoir de beaux jours devant lui. Alors qu?à des milliers de kilomètres, des scénaristes américains en grève, demandent que leur travail ne subisse plus l?attaque de pirates...
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