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Séance houleuse sur la peste porcine

21 novembre 2007, 00:00

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«Shame», «Lâche», «You are a pig», «Cochon», etc. Cet échange de? politesses, entre les parlementaires de l?opposition et du gouvernement, a mené à une suspension de dix minutes de la séance parlementaire. Cela à la suite de la Private Notice Question (PNQ) du leader de l?opposition, Paul Bérenger, axée sur la peste porcine.

Le speaker de l?Assemblée nationale, Kailash Purryag, est intervenu à plusieurs reprises pour demander aux parlementaires de se calmer. «I?m on my feet», a-t-il rappelé aux parlementaires lors de cette séance houleuse.

A la fin des questions supplémentaires, le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, qui répondait à la PNQ, a fait une requête au speaker pour qu?il demande au leader de l?opposition de retirer le mot «cochon» lancé à son égard durant les échanges acerbes. Paul Bérenger a répondu qu?il ne s?était pas adressé au ministre Boolell et que de toute façon, la PNQ traitait de «cochon»: «I?m aware he is not a cochon.»

La tension est montée d?un cran dans l?hémicycle lorsque le leader de l?opposition a voulu savoir comment le ministère de l?Agro-industrie a pu autoriser l?exportation d?une vingtaine de bêtes à Rodrigues une semaine avant d?avoir obtenu les résultats des échantillons envoyés en Afrique du Sud.

<B>Emprunt maximal de Rs 200 000 par éleveur</B>

Selon Paul Bérenger, cette décision aurait pu avoir de graves conséquences pour l?élevage de porcs à Rodrigues si jamais les bêtes exportées étaient atteintes de la maladie. Il a aussi insisté sur la nécessité d?appliquer le rapport de l?expert Gaston Funes qui a préconisé l?octroi d?une compensation immédiate aux éleveurs pour qu?ils viennent rapporter les cas de peste porcine.

En réponse, le ministre Boolell a déclaré qu?en sus d?une compensation mensuelle, le gouvernement a, le 19 octobre dernier, approuvé plusieurs mesures pour leur venir en aide. Celles-ci comprennent, entre autres, le gel du remboursement des emprunts des éleveurs auprès de la Development Bank of Mauritius (DBM) et la disposition gratuite de porcelets, de nourriture, des facilités de transport et de médicaments. Le ministère de l?Agro-industrie distribuera aussi des canetons et des poussins à ceux qui veulent démarrer un nouveau business. A ce jour, deux mille poussins ont déjà été octroyés.

Arvin Boolell a expliqué que la DBM offre un emprunt maximal de Rs 200 000 par éleveur à un taux d?intérêt de 5 % et un moratoire d?une année. Un soutien financier mensuel de Rs 4 000 sera accordé aux éleveurs comptant entre un et 21 animaux, de Rs 5 500 pour ceux ayant entre 21 et 50 et de Rs 6 500 pour ceux qui en possèdent plus d?une cinquantaine.

Une somme de Rs 1 million est mise à la disposition des sociétés de coopératives de porcs. Selon le ministre, les mesures ayant trait à l?octroi des équipements de protection, de la nourriture et l?approvisionnement en porcelets coûtent Rs 35 millions par an à l?Etat.

La Fédération d?éleveurs de porcs a été autorisée à importer de la viande porcine congelée pour approvisionner le marché local. De plus, un fonds de Rs 1 million, provenant du Prime Minister?s Solidarity Fund, a été mis sur pied pour venir en aide aux éleveurs de porcs. Un fonds auquel le ministre Boolell invite le secteur privé à contribuer.

Quant au dépistage de la peste porcine, le ministre a expliqué que les résultats des échantillons prélevés à St-Martin, Palma, Baie-Topaze à Rodrigues, New-Grove et Rose-Belle sont attendus incessamment. D?après lui, il est difficile de prévoir la progression de cette maladie virale parmi les porcs qui ne vivent pas en captivité. Cette population est estimée entre6 000 et 7 000 têtes.

Trois sites ont été affectés, soit Wolmar, Case-Noyale et Roches-Brunes. Il est à noter que le nombre de cas de peste porcine est en déclin. A ce jour, 787 porcs de ferme ont été éliminés dans des conditions sanitaires très strictes. Quelque 500 têtes seront importées de Rodrigues pour approvisionner le marché local en décembre, a affirmé le ministre Boolell.

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