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Symphonie de la résistance !

2 novembre 2008, 01:00

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Aujourd?hui on commence à voir un peu plus clair sur l?ampleur de la crise financière mondiale et ses conséquences sur l?économie réelle. Toutes les économies de la planète sont touchées : récession aux Etats-Unis et dans de nombreux pays européens ; ralentissement de la croissance dans les pays émergents ; et graves difficultés économiques dans certains autres pays, qui font appel au FMI. L?économie mauricienne va aussi en subir les conséquences. Organiser, tous ensemble, la résistance est donc vital !

D?abord, un peu de mise en perspective. Entre juillet et octobre, le prix du baril de pétrole est passé de $ 147 à moins de $ 65. Cette chute inquiète autant que sa flambée ! Car ce qu?elle indique, c?est une anticipation de la baisse de l?activité industrielle à travers le monde, en raison d?une récession économique. A ce jour, il y a trois scénarios possibles de la crise.

Le premier ? qu?avancent le FMI et d?autres ? serait une récession d?une durée d?environ neuf mois, moyennant que toutes les grandes économies arrivent à coordonner leurs plans de relance pour assurer une cohérence globale.

Ce qui est loin d?être gagné en dépit d?une volonté de tirer les leçons du passé récent qui s?est concrétisée par l?organisation de la conférence pour un nouveau Bretton Woods le 15 novembre. Les économistes nobélisés ? J. Stiglitz et P. Krugman ? et d?autres ne voient pas de reprise de l?économie mondiale avant dix-huit mois. D?autres observateurs voient la récession durer sur plusieurs années, et même se muer en dépression... En fonction du scénario qui va se concrétiser, l?économie mauricienne sera plus ou moins profondément affectée.

Rama Sithanen n?a pas manqué de rappeler quelques données fondamentales sur l?état de l?économie mauricienne et son évolution récente : croissance de plus de 5 % en 2008 ; investissements ? qui constituent le carburant de l?économie ? se portant bien jusqu?ici ; un système bancaire et financier solide, un taux de chômage qui a reculé ces trois dernières années pour atteindre 7,8 %.

De plus, l?Etat dispose avec la réforme d?une marge de man?uvre fiscale. Si effectivement l?économie mauricienne est mieux armée qu?il y a trois ans de cela, la nouvelle problématique est l?élaboration d?un plan de résistance pour faire face aux difficultés actuelles et à venir. Où en est-on ?

Certes, le manque de visibilité rend la tâche difficile, mais il faut être « proactif » et flexible. L?efficacité de tout plan passe par la justesse du diagnostic.

A ce jour, l?ossature du plan de résistance s?articule autour des idées suivantes : la priorité des priorités reste la croissance et la création d?emplois ; il faut des mesures appropriées pour soutenir les deux secteurs qui seront les plus affectés ? le textile et le tourisme. Un fonds d?aide aux entreprises du textile est prévu alors qu?un plan d?envergure de relance pour contrer la baisse dans les arrivées touristiques comprenant deux volets ? campagne de promotion et baisse du prix des prestations et services tout le long de la chaîne ? est en voie d?élaboration.

Eu égard à ce qui est en jeu, il faut prendre le taureau par les cornes. Prenons l?exemple du tourisme. En moins de 15 jours d?intervalle, le président de la MTPA a revu la croissance des arrivées pour 2008 à la baisse - de 4,5 % à 3,3 % . Toutefois, il y a un risque réel qu?elle sera entre 1 % et 2 % .

A ce rythme-là, une « croissance négative » en 2009 est possible. Pour éviter cela, il faut tenir compte du fait qu?aucun plan de relance n?aura les résultats escomptés si la politique tarifaire de l?aérien reste bloquée dans la logique du « yield management ».

Si l?heure n?est pas à la démagogie et à l?irresponsabilité, elle n?est pas non plus au réflexe « bef dans disab sakenn get so lizye », ou encore dans la guerre ouverte ou larvée entre personnalités à des postes stratégiques. Pour limiter la casse en recherchant des solutions concrètes et en exploitant de manière efficace de nouvelles opportunités, il faudra se serrer les coudes. Ce refus de la démagogie concerne tous les acteurs du développement.

D?abord les hommes politiques, plus particulièrement ceux de l?opposition qui ont été ? et seront demain ? en position de responsabilité. Au-delà d?un seuil, le jeu démagogique de l?opposition relève tout simplement de l?indécence, voire de l?insulte à l?intelligence de la population. Ensuite, les patrons-entrepreneurs et les représentants des salariés. Et enfin, ceux travaillant dans le secteur des médias. En raison de leur crédibilité et de l?influence qu?ils exercent sur l?opinion publique et le moral de la nation, ils ont un rôle décisif à jouer. Et ce, en pratiquant une politique d?information honnête, équilibrée et responsable, doublée d?un souci pédagogique pour éclairer la population.

Le ministre des Finances est dans son rôle quand il dit qu?il ne faut pas confondre inquiétude et panique.

Mais il l?est moins quand au lieu de s?en tenir à une explication claire de la situation économique et des problèmes à venir, il tombe dans le jeu d?un narcissisme ? « moi, je » ? totalement déplacé.

La population sait qu?il est « économiste depuis trente ans », etc. Tout comme elle (y compris les adversaires du ministre) connaît et reconnaît son intelligence, ses compétences professionnelles, sa capacité et sa puissance de travail, son sens de dévouement.

Maintenant que Rama Sithanen a eu toutes les consultations nécessaires, le pays attend de lui qu?il utilise les différentes partitions recueillies pour proposer, comme un chef d?orchestre, une symphonie de la résistance !

31 octobre 2008

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