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Symétriques zébrures de Jean Claude Baissac

16 avril 2006, 20:00

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Tout dans l?absolu. Jean Claude Baissac se tient à la frontière. Là où le noir est un ?surplus de couleur ?, où le blanc est un ?manque de couleur ?. Tel est l?univers de Blanc et noir, l?exposition qui se tiendra du 19 au 26 avril à la galerie du Moulin Cassé.

Comme un enfant que l?on aurait amadoué, le peintre nous explique sa technique : remplir un cornet de peinture noire. Tracer des voiles de bateaux, des silhouettes humaines sur la toile. Et puis reculer. Se rassasier à la vue des motifs répétitifs, géométriques ainsi créés, sans le vouloir, juste en laissant les formes décider.

Lui-même, après ?40 ans à travailler la couleur?, a choisi l?univers aux sombres nuances, du blanc et noir. Montrer que l?on peut ?s?exprimer avec limpidité? rien qu?avec ces deux tons. Et pas qu?en se cantonnant au crayon ou à la mine de plomb.

Au total, 45 tableaux de différents formats, uniquement habillés de lumière. C?est le choix de l?artiste. Jean Claude Baissac ne donne pas de titre à ses tableaux, ne travaille pas autour d?un thème. Seule la facture compte. Ce qui importe, ce n?est pas l?inspiration, mais cette manière d?exécuter l??uvre qui rend ?sa lecture facile.?

Jean Claude Baissac a gagné son pari. Ses formes sont immédiatement reconnaissables. En acrylique sur papier acrylique, nous identifions dès le premier regard des mouvements.

Des bonshommes sommairement esquissés sur la toile. Si le trait est minimal et les corps d?égale dimension, ce petit monde n?est nullement frappé d?immobilisme. Il marche, court, danse, stresse et respire.

Plus loin, des personnages comme en quête de réconfort, sont alignés. Ce qui ressemble à des femmes a la tête posée sur la tête de ce qui ressemble à des hommes.

<B>L?erreur, la plus grande qualité humaine </B>

Le reste est laissé à notre imagination. Celle qui derrière les motifs aux faux airs géométriques, laissent deviner d?autres figures. D?autres visages, d?autres corps, plus torturés, noués par l?angoisse du manque. Manque de blanc et de sa clarté, trop de noir, trop de cruauté.

Ce ne sont pas que les humains qui bougent. Mais aussi les oiseaux, les régates qui font le tour de la toile en continu. Avant que Jean Claude Baissac ne dirige son regard vers l?horizon. Ligne barrée par le Morne ou le Pieter Both.

Le peintre garde le différent pour la fin. ?Dans mon atelier, je consacre un jour par semaine à l?expérimentation, c?est fondamental pour découvrir les voies que l?on va prendre à l?avenir.?

Et notre interlocuteur d?enchaîner avec l?image des joueurs de football qui font des choses extra aux séances d?entraînement, qu?ils ne reproduisent pas forcément lors des matchs. Devant nous, une demi-douzaine de petits formats. Des têtes d?hommes en majorité. ?Dans l?expérimental, c?est l?erreur qui compte. La plus grande qualité hu-maine, c?est l?erreur. Sans elle, on n?arrive à rien.? Débat à poursuivre au Mou-lin Cassé.

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