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Suspendue après avoir accusé son superviseur d?attouchements
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Suspendue après avoir accusé son superviseur d?attouchements
«Il n?arrêtait pas de me harceler. Il a même osé me toucher la poitrine.» Cette habitante de Goodlands âgée de 27 ans se dit tourmentée depuis jeudi dernier. Ce jour-là, dit-elle, un superviseur de l?usine qui l?emploie l?aurait coincée dans les escaliers avant de la caresser et de lui toucher la poitrine. Et cet homme la harcèlerait depuis des mois. Samedi, elle a porté plainte à la police de Goodlands, localité dans laquelle se trouve l?usine.
La direction de l?usine a également réagi : elle a donné deux dépositions contre la femme au même poste de police. Et son conseil disciplinaire tient une réunion aujourd?hui pour déterminer si la compagnie gardera la femme au sein de son effectif ou se passera de ses services. Cela en raison d?une «faute grave», écrit le directeur dans une lettre adressée à l?ouvrière.
En attendant, la jeune femme a été suspendue de ses fonctions pour une période de deux jours au cours de laquelle elle ne sera pas payée. Cela, explique le directeur, parce qu?elle ne voulait pas faire des heures supplémentaires. L?homme insiste d?ailleurs sur le fait que les allégations formulées contre le superviseur sont fausses. Ce dernier, que nous avons tenté d?interroger au téléphone, a toutefois préféré, lui, ne faire aucun commentaire.
Selon la femme de 27 ans, le superviseur en question lui aurait fait des avances qu?elle aurait toujours refusées. A plusieurs reprises, il lui aurait proposé qu?ils «sortent ensemble» ou encore qu?il lui offre, pour son anniversaire, des sous-vêtements qu?elle devrait porter pour défiler devant lui. Dans son récit, la femme fait mention de plusieurs autres occasions où son superviseur lui aurait tenu des propos indécents.
Vers 18 heures jeudi, poursuit-elle, elle s?apprêtait à rentrer chez elle quand le superviseur l?aurait arrêtée dans les escaliers menant vers la sortie pour lui dire qu?elle devait faire des heures supplémentaires. Elle aurait refusé, n?ayant pas été avertie plus tôt, comme cela se fait habituellement. En effet, précise-t-elle, son fils de huit ans l?attendait à la maison et son mari était toujours au travail.
Mais la réaction qu?aurait eue son superviseur face à son refus, c?est d?essayer de l?immobiliser, de lui toucher la poitrine et de la caresser. La plaignante dit s?être alors précipitée vers la sortie du bâtiment. Accablée, elle aurait décidé d?appeler la police et se serait souvenue d?un ami de son mari, qui est policier. Ce dernier aurait ainsi appelé à l?usine pour s?informer de ce qui s?était passé. Mais le superviseur aurait refusé de prendre l?appel.
Lettre d?avertissement de la direction</B>
Le lendemain, soit le vendredi 14 mars, la direction de l?usine a porté plainte contre son employée. Celle-ci a reçu une lettre d?avertissement du directeur, dans laquelle il qualifie son comportement d?«irresponsable et intolérable».
Dans sa version donnée au téléphone, le directeur persiste à dire que la femme a été réprimandée car elle n?a pas voulu faire des heures supplémentaires et surtout parce qu?elle a «téléphoné au policier pour lui faire part de la situation» à l?usine alors que le superviseur «délibérait avec la direction». Il allègue, en outre, dans sa déposition au poste de police, que le policier aurait insulté sa secrétaire.
La femme a, pour sa part, porté plainte au Labour Office de Goodlands. Elle cherche le soutien du ministère de la Femme où elle compte aller d?ici la semaine prochaine.
Cette ouvrière est mariée depuis dix ans. Cela fait environ trois ans qu?elle est employée par cette usine. Elle a fait deux ans à la section de préparation et l?année dernière, elle a été transférée à la section polissage où est affecté le superviseur qu?elle accuse.
La police de Goodlands a ouvert une enquête. A ce jour, aucune arrestation n?a été faite. La plaignante compte retenir les services d?un avocat pour entamer des poursuites.
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