Publicité

Sushil Kushiram :?Nous pouvons faire mieux?

14 juillet 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le classement des Nations unies relatif au développement humain, rendu public hier, vient conforter le gouvernement dans sa conviction : celle d?avoir amélioré le sort des habitants au cours des trois dernières années. Le pays passe de la 67e position à la 62e en un an.

Cependant, cette progression a été plus lente que l?amélioration de la situation monétaire des Mauriciens. Sushil Kushiram, ministre de l?Economie et des services financiers, reconnaît volontiers qu?il y a encore des efforts à fournir pour mieux leur faire profiter de la performance économique du pays.

L?indice du développement humain est dressé par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Elle prend en considération tous les paramètres qui influent sur la condition humaine, son confort moral et physique : l?accès aux services de base ? tels que la santé, l?éducation et l?eau potable ?, la mortalité infantile, l?espérance de vie, l?égalité entre les hommes et les femmes, la dépendance sur l?aide étrangère, la sécurité, le revenu par tête d?habitants, le chômage?

Maurice a progressé de cinq points au classement du Pnud. Ses citoyens sont les 62e mieux lotis dans le monde, parmi 175 pays. Dans la région, Maurice n?est surclassée que par les Seychelles, qui tient le 36e rang. Par contre, elle devance des pays mieux dotés, tels que la Russie, la Chine, l?Inde ou l?Afrique du Sud. Maurice se classe 7e dans la catégorie des pays ayant réalisé un développement humain moyen.

Le classement fait la distinction entre la pauvreté humaine et monétaire. Cette dernière se réfère à ceux vivants en dessous du seuil de pauvreté, fixés selon les cas. Le Pnud tient compte d?au moins cinq seuils différents, incluant celui défini par le pays concerné. Maurice se classe 17e parmi les 94 pays en développement notés sur ce plan. Ce qui signifie que les Mauriciens sont parmi les moins pauvres financièrement dans cette catégorie.

Une comparaison des deux indices montre que les Mauriciens ont plus d?argent que les citoyens de bien d?autres pays. Néanmoins, ils restent relativement plus pauvres sur le plan du développement humain. Cela signifie que nos gouvernants ont un certain mal à assurer que le progrès économique se traduit en un meilleur niveau de vie.

?La situation n?est pas irrécupérable?

?Il y a eu amélioration. La disparité entre les deux indices a chuté de 18 à 12 cette année. Mais cette situation n?est pas irrécupérable. Nous pouvons faire mieux?, a soutenu le ministre lors de la publication du rapport. L?ambassadrice de la Pnud, Rose Gakuba, a remis un exemplaire du document au président de Maurice, Karl Offmann. Anil Gayan, ministre des Affaires étrangères, était également présent, ainsi que de nombreux acteurs des secteurs économique et associatif du pays.

Selon Sushil Kushiram, le plan de redressement du présent gouvernement commence à donner des résultats. Il a fait remarquer que les trois précédents budgets ont fait la part belle au développement social : les écoles les moins performantes bénéficient de soutien spécial, l?Etat investit dans le logement social, des plans de micro-crédits ont été mis à la disposition des petits entrepreneurs, un plan de développement spécial a été conçu pour Rodrigues?

La modernité économique et le développement social ne sont pas incompatibles, affirme Sushil Kushiram. Il considère que ce gouvernement pratique déjà ce que les démocrates appellent ?la troisième voie? et qui consiste à moderniser les structures de l?Etat, rendre l?administration publique plus efficiente, responsable et transparente tout en réagissant aux changements sociaux.

?Les réformes que nous pratiquons ont une orientation résolument sociale. Mais elles ne se feront pas aux dépens de la bonne gestion économique et fiscale?, déclare le ministre. Les fonds, dit-il, seront libérés à travers une amélioration de l?efficience du gouvernement, un recentrage de l?Etat providence, une rationalisation des dépenses et grâce à un partenariat plus productif avec le secteur privé.

Ceci correspond à l?engagement pris, non seulement par Maurice mais par le monde entier lors du sommet du millénaire sur le développement humain, il y a trois ans. La performance de Maurice depuis lui a déjà valu l?appréciation du Pnud. Rose Gakuba estime que Maurice est bien partie pour atteindre les objectifs fixés lors du sommet dans les délais prescrits, à savoir 2015.

Il n?est pas aisé de combattre la pauvreté. La bataille est rendue plus difficile par la libéralisation de l?économie mondiale qui change les règles du jeu. Anil Gayan, tout comme l?ambassadrice Rose Gakuba, a mis l?accent sur la nécessité d?un partenariat plus effectif entre les pays riches et les pays pauvres. Au-delà de l?aide au développement, le ministre des Affaires étrangères a surtout plaidé pour une plus grande ouverture de marché de la part des pays riches.

Publicité