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Sushil Khushiram réagit aux attaques sur le dossier Agoa
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Sushil Khushiram réagit aux attaques sur le dossier Agoa
Le ministre de l?Industrie et des Services financiers, Sushil Khushiram, répond à ses détracteurs. Les pertes d?emploi dans le textile-habillement ne peuvent être imputées à la dérogation aux règles d?origine de l?Africa growth and opportunities act (Agoa). L?opposition avait argué que les fermetures d?usines étaient le résultat de l?incapacité du gouvernement mauricien à obtenir cette exemption (qui permet l?importation des matières premières de pays hors de l?Afrique subsaharienne) à temps. Maurice est bénéficiaire de cette dérogation depuis fin 2004.
Le ministre a fait hier un bilan des réalisations du gouvernement dans l?industrie manufacturière, au siège de son ministère, à Port-Louis. La fin de l?accord multifibre, l?invasion des vêtements chinois sur nos marchés d?exportation traditionnels et le départ des grands groupes de textile hongkongais et taiwanais de Maurice sont responsables de la mauvaise posture de la confection mauricienne, estime Sushil Khushiram. ?Nous aurions eu les pertes d?emplois même si nous avions obtenu la dérogation avant. La preuve est que les pays qui ont eu droit à cette exemption au début de l?Agoa, tels le Swaziland et le Lesotho, ont connu des fermetures d?usines.?
Le ministre s?insurge contre l?argument selon lequel Maurice a mal joué la carte de l?Agoa. Il soutient que ses adversaires sont en train ?d?insulter l?intelligence des Mauriciens? en ayant recours à un tel discours.
Sortir le textile de la crise ne dépend pas uniquement de la diplomatie. Le ministre a énuméré les nombreuses mesures initiées par les autorités afin de venir en aide à ce secteur. Il y a eu, depuis septembre 2000, la mise en place de la Textile emergency support team (Test), un comité de haut niveau sur le textile, des guichets spéciaux de financement dont un fonds de roulement, un fonds de modernisation des usines de même qu?un equity fund, et un plan pour rééchelonner les dettes des fabricants de produits de l?habillement.
A cela s?ajoute la refonte du cadre institutionnel de l?industrie. Le regroupement de plusieurs agences de soutient sous la nouvelle enseigne Enterprise Mauritius répond à un souci de mieux accompagner la zone franche dans le contexte de la concurrence intensifiée.
?Le pire est derrière nous. Les groupes hongkongais sont déjà partis. Les difficultés qui sont devant nous sont celles sur lesquelles nous pouvons agir?, rassure le ministre de l?Industrie. Il se dit confiant que le textile a encore un brillant avenir à Maurice, même si le secteur ne pourra plus absorber le chômage en masse comme c?était le cas il y a une vingtaine d?années.
Sushil Khushiram voit le secteur gagner en valeur ajoutée. Ce qui créera ainsi des opportunités d?embauche pour des jeunes formés aux métiers de la confection, entre autres. D?après le scénario optimiste du ministre, le secteur abordera une nouvelle configuration dont les traits seront une plus grande intégration verticale (regroupement des différentes étapes de production) et l?exploitation des marchés niches (ciblés). Les investissements massifs dans les activités de filature confirment du reste cette volonté d?intégrer verticalement l?activité du textile.
Maurice se réjouit des récentes restrictions qui frappent les vêtements chinois exportés en Europe et aux Etats-Unis. Sushil Khushiram estime que ces mesures donneront à l?industrie mauricienne un temps de répit vital lors du processus de transition.
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