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Super banco?au casino
Et si le Père Noël passait tous les jours ? Non, il ne faut pas aller jusqu?en Laponie, mais bien à Curepipe pour le constater. Là, en plein centre-ville, derrière les couleurs ensoleillées de la patinoire, s?est glissé le nouveau casino.
Repaire de zougader ? Pas de pensées non charitables en ce jour de fête. Le dos rond sur son tabouret, Renouka est en tête- à- tête avec le Candy Bar. Dehors, la chaleur de la mi-journée enveloppe le goudron de la ville d?une touffeur à l?extrême limite du supportable. Dedans, l?air conditionné et les jingles des machines à sous font vite oublier le temps qu?il fait.
Attention, il ne faut pourtant pas se méprendre. Le décor coloré et brillant est truffé de caméras de surveillance. Elles sont 77 au total. Sans compter les nombreux agents de sécurité aux épaules busquées et au ventre rebondi, sous les complets-vestons sombres.
Comme une petite souris qui pointe timidement son museau hors de son trou, Renouka donne des petits coups nerveux à la machine. Obstinée, la mécanique refuse d?obtempérer. Non, pas cette fois-ci. Non, ce n?est pas encore le moment de cracher une pluie de pièces de Rs 5.
Dans le dos de Renouka, le mince élastique qui retenait ses mèches noires et grises, vient de glisser jusqu?à la moquette. La joueuse s?en moque. Elle ne s?en est même pas rendu compte. Un sac de provisions est abandonné à ses pieds. Une botte de poireaux profite de la climatisation pour conserver un brin de fraîcheur.
<B>OUBLIER LES TRACAS</B>
Les yeux fixes, la respiration saccadée, Renouka joue. C?est la trêve qu?elle s?accorde «parfois kan mo pe pass par la», pour oublier ses tracas quotidiens. Affalée sur son tabouret, les pieds qui ne touchent plus par terre, c?est face à la machine que Renouka, 45 ans, fait une pause des «trasman sa lavi la».
D?une main rageuse, elle tire sur l?unique bras du bandit manchot. Geste simple chargé de son train-train de cuisinière, chez des particuliers à St Paul. «Mo repase dan enn lot plass oussi. Apre mo okip mo ti bazar.» Les lèvres gercées d?avoir été beaucoup mordues d?anticipation, Renouka passera moins d?une demie heure dans la salle de jeux. Arrivée à midi et quart, elle nous confie avoir changé Rs 100 en «coin sink. Mo finn gagn Rs 500». Elle insiste. «Mo pas vorace». Renouka a sauvé sa journée. En plus, l?heure tourne, il est temps d?aller chez «madam-là», pour s?acquitter des travaux ménagers.
Cette salle de jeux ? en tout cas celle de l?ancien casino de Maurice ? c?est avec son «bolom», qu?elle l?a découverte. Par hasard. Ce soir-là, elle qui a l?habitude d?être en retard, est arrivée au cinéma Novelty très en avance sur l?horaire du film. «Lerla bolom dir moi, nou al zoue.» Chance du débutant ? Renouka repartira avec suffisamment de pièces pour payer les places de cinéma et le dîner. Depuis, quand elle a le temps ? deux à trois fois la semaine ? elle vient essayer de «gagn enn kari».
Le pas alerte, elle tourne le dos à la salle où de nombreuses personnes du troisième âge ont pris place. Hommes et femmes posent, tapotent, tapent leurs doigts fripés par l?expérience, sur les touches des machines à sous. Petits tics, grandes man?uvres : certains jouent avec les doigts croisés. D?autres ont l?air de souffler discrètement sur la pièce avant de la glisser dans le trou. Renouka, elle, avec un sourire en coin nous avoue en se mettant un doigt sur la bouche : «Bizin zoué dan bor.» Au bord de quoi ? «Dan bor mo dir ou. Bisin pa fer koler, pa tap for, lerla jackpot vini.»
Jackpot. Mot magique qui attire une tout autre faune en soirée. Cravates et robes du soir s?avancent avec assurance jusqu?aux tables de roulette américaine et de black jack. Aucune trace d?exubérance. Ici, on se contient. On joue avec ses nerfs. Mais, règle numéro un : ne pas le montrer.
Tout aussi impassible, le croupier distribue la donne d?un coup de poignet souple. Devant les joueurs, les jetons s?entassent. Tactique d?intimidation ? Une clochette retentit. Rien ne va plus? jusqu?au prochain coup.
<B>Le plus grand casino de Maurice</B>
La State Investment Corporation (SIC) a misé gros. Le nouveau casino de Curepipe ? qui est aussi le plus grand de l?île ? est une fois et demie plus grand que l?ancien. Avec son décor thématique alimenté par les braises d?un volcan ? la proximité du cratère du Trou aux Cerfs y est peut-être pour quelque chose ? le casino se prête à plusieurs formes de divertissements monétaires. La première salle est dédiée aux machines à sous. Candy Bar, Helen of Troy, entre autres, récompensent les chanceux ou les persévérants d?une pluie de pièces. La SIC a introduit la Touch Bet Roulette : le joueur mise en faisant pression sur un écran de roulette. La deuxième salle à l?ambiance feutrée et classe déroule la moquette à 12 tables de roulette américaine et trois de black jack. La salle de jeux propose aussi un tapis de poker. Les joueurs peuvent miser des coupures de Rs 50 à Rs 1 000. Le casino ouvre ses portes à la mi-journée.
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