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16 février 2004, 20:00

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Le Premier ministre, Paul Bérenger, est rentré satisfait de sa première visite officielle en France. Il était important pour lui de rencontrer le chef de l?Etat français, Jacques Chirac. Que des liens historiques, politiques, économiques et culturels existent entre Maurice et la France est une chose. Toutefois, les contacts personnels au plus haut échelon de l?Etat sont tout aussi importants pour renforcer et dynamiser ces relations entre pays.

Après l?Inde, cette mission en France s?inscrit dans un programme de visite dans les ?pays de peuplement?, explique Paul Bérenger, très attaché au symbole.

Est-il encore à ce point important de rassurer les Mauriciens de diverses origines que le pays garde contact avec la terre de leurs ancêtres ?

Dans le champ économique, en revanche, de telles missions peuvent s?avérer cruciales et déterminantes. Maurice recherche désespérément les investissements directs privés, le savoir-faire et le transfert technologique pour réussir sa transition économique.

Or, sur ce chapitre, on constate que les investissements français à Maurice stagnent, si on fait exception du deal exceptionnel de France Télécom. Ils ont été de 31 millions d?euros en 2001 et de 27 millions d?euros en 2002. Ces chiffres reflètent la faiblesse générale des investissements directs étrangers dans le pays.

On se réjouit que le programme de la visite de Paul Bérenger en France comprenait des préoccupations économiques. Toutefois l?absence du secteur privé local de la délégation mauricienne est regrettable même s?il ne s?agissait pas d?une mission d?investissement à proprement parler.

La présence du chef du gouvernement à la tête de la délégation a grandement contribué au succès du forum d?investissement au siège du Medef à Paris. Elle a envoyé à l?assistance un message clair quant à la priorité accordée à l?économie par le gouvernement. La présence du secteur privé aurait contribué à renforcer ce message.

Les autorités ont eu raison de consacrer l?essentiel de la rencontre aux technologies de l?information et des communications. Il y a dix ans à peine on aurait sans doute vendu le potentiel d?investissement dans le textile-habillement. Mais Maurice n?a plus d?avantages à faire valoir dans ce domaine.

L?industrie textile française cherche à délocaliser ses unités de production mais, comme tout le monde, elle regarde vers la Chine et l?Asie. Les liens historiques ne pèsent pas lourd par rapport au ?bottom line?.

De même, pour attirer des investissements français dans les nouvelles technologies, les rapports d?amitiés ne suffiront pas. Pradeep Jeeha a vanté nos infrastructures de télécommunications et notre fiscalité allégée.

Ce n?est que le minimum requis. La disponibilité de la main-d??uvre reste une question. La facilitation de l?investissement et les lenteurs administratives sont des préoccupations clés pour les investisseurs, à Port-Louis comme à Paris. Paul Bérenger doit s?en être rendu compte après sa rencontre au Medef.

A quand une véritable mission d?investissement dirigée avec le même enthousiasme par le Premier ministre ? Pour concrétiser sur le succès de la rencontre du Medef le suivi s?avérera crucial. Paul Bérenger est le mieux placé pour le faire.

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