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Stiv (?) réclame un MMM ?réaliste?

6 octobre 2005, 20:00

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Un conseiller municipal mauve élu sur 126 (heureux ceux qui savent son nom). Ce rescapé s?ajoute à la demi-douzaine d?autres à l?Assemblée nationale qui ne pourront peut-être pas empêcher Nando Bodha de devenir chef de l?opposition parlementaire en cas de divorce conflictuel mais peut-être préférable à devoir traîner un boulet encore plus lourd que l?affaire Sheik Hossen. Bérenger se donne un mois pour restructurer son parti et recruter des nouveaux membres. Pourrait-il seulement enrayer l?hémorragie mauve et empêcher les rats d?abandonner le navire C?ur en détresse qu?il aura déjà bien mérité de la démocratie mauricienne qui, on ne le sait pas assez, a davantage besoin d?une opposition forte que d?un gouvernement stable et unifié.

L?historien, que Paul Bérenger prétend être, appréciera des suggestions, vieilles d?un quart de siècle, que Stiv, collaborateur anonyme du défunt Nouveau Militant, (Roger Valère faisant bonne impression), se permet de faire, en octobre 1980, prouvant par là qu?il ne sert à rien de signaler de dangereux écueils avec 25 ans d?avance.

Stiv entrevoit un débat intéressant à l?approche d?élections générales (celles du 11 juin 1982) et d?une victoire désormais inévitable. Il apprécie les précisions utiles du programme gouvernemental mauve, marginalisant les manichéens voulant condamner le parti du c?ur au choix entre révolution totalitaire et réformisme petit-bourgeois. Le MMM de 1980 croit dans le socialisme autogestionnaire respectueux du pluralisme et de la démocratie (à répéter les yeux fermés).

Ce débat apporte des convergences vers les faiblesses (déjà) du parti mauve. Elles portent (déjà) sur l?absence de formation théorique des ?cadres? du parti (n?y voyez surtout aucune trace de petite-bourgeoisie) et la négligence (déjà) de la ?mobilisation populaire, l?attention du parti privilégiant l?action parlementaire?. Stiv cite mon ami Reynolds Michel, alors président de la Commission de Formation Idologique : ?Le MMM souffre de carences graves pour un parti révolutionnaire ». Il cite encore le camarade secrétaire général (?ène ti-guitte pli piti ki leader?), mettant en garde contre les grandes envolées critiques et idéalistes qui ne proposent rien de concret?.

Le cancer rongeant le c?ur mauve, estime Stiv, est l?absence de formation idéologique chez ?l?immense majorité de ses militants?. (A nous de compléter sa pensée en ajoutant : ?chez l?immense majorité des candidats mauves de 2005?). Il y voit l?explication de l??amorphie? (mot figurant dans le dictionnaire franco-russe en usage alors au 21, rue de la Poudrière) qui caractérise le MMM, tant au niveau des cellules de base qu?à celui des différentes commissions. Cette apathie explique les innombrables transfuges ayant apporté du sang neuf car mauve au PTr, requinquant ainsi ce parti bientôt septuagénaire.

Stiv rappelle à bon escient que, depuis sa création, le MMM ne cesse d?affirmer que son socialisme repose sur les forces populaires un état de mobilisation permanente (taux de participation de 40% le 3.10.2005 dont 66% assurés par des partisans de l?Alliance Sociale, soit un taux de mobilisation réelle de 8,25% et encore avec l?aide de Maurice Allet et du MSM).

Stiv conclut qu?il est inadmissible que l?éducation politique des cadres mauves soit autant négligée, alors que, au dire du camarade secrétaire général, ?le MMM c?est essentiellement ses militants? (autrement dit, plus grand monde). ?Sans formation idéologique, sans vision de l?action révolutionnaire, les militants se laissent aller (au mieux) à une perspective électoraliste, les branches, courroies de transmission du parti, ne fonctionnant qu?en périodes électorales?. Ce n?est plus LA base du parti mais les bases ?manzé-boire?). Et Stiv de prophétiser que ?l?électorat MMM n?a plus sa constance d?antan?.

Il se veut réaliste. Le socialisme autogestionnaire implique des citoyens prenant en charge leur destin. Le militant, adéquatement formé, doit être à l?avant-garde de ce combat, guidant ses compatriotes. Comment parler de démocratie, demande-t-il, quand les militants sont exclus des grands débats idéologiques ? ?La capacité d?expliquer le programme mauve voilà qui différencie les militants des partisans du PTr/PMSD?. Ultime précision de Stiv : les militants du MMMSP reprochent, en 1980, aux militants du MMM (avec Paul) leur négligence à l?égard de la formation idéologique.

Conclusion générale de Stiv : ?Vu la démobilisation actuelle, l?initiative doit venir du comité central?. Il suggère la mise en branle d?une commission de formation idéologique, des sessions de formation obligatoires avant l?octroi des tickets, la discipline du parti, l?auto-discipline des militants, un responsable de formation idéologique dans chaque branche, une formation poussée pour les responsables régionaux, appel à l?esprit de sacrifice de tous. Si le MMM se veut crédible, il ne doit pas craindre l?autocritique ni se dérober devant ses responsabilités démocratiques. Ses faiblesses font la force de ses adversaires.

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