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Squatters : un premier pas

25 mars 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Tactique électorale ou non. Le fait est qu?environ 50 squatters de la cité Marcel Cabon, à Albion ont reçu une letter of intent la semaine dernière du ministère du Logement leur donnant droit à un terrain.

A une centaine de mètres de Camp-Créole, et à quelques kilomètres des beaux quartiers, ces familles vivent dans des conditions modestes.

Les maisons sont toutes bâties en tôle ondulée ou avec des morceaux de drums. Ces familles ont attendu longtemps avant que leur situation se régularise. Stéphania Guillemin a découvert la cité alors qu?elle visitait une amie. ?Je louais une maison à Rs 2 500. Cette somme était très difficile à trouver?, déclare-t-elle. Elle a découvert un lopin de terre jouxtant la maison de son amie. Renseignements pris, le terrain est inoccupé et il n?a pas de propriétaire connu. Elle bâtit alors une maison sur le site.

Farida Seegoolam a emboîté le pas de sa voisine Stéphania. C?était la même raison qui l?a poussée à squatter sur une terre de l?Etat, à Albion. C?était difficile pour elle de louer une maison avec sa famille.

Il y a aussi celles qui habitent avec un squatter ou qui occupent la terre d?un autre squatter. Andréa Momiste a eu la générosité d?offrir une chambre à Madeleine Jolicoeur, mais elle ne sait pas comment faire pour bâtir une chambre. ?Je touche une pension parce que je suis souffrante. C?est difficile dans mon cas de construire une chambre, même en tôle?, admet-elle.

<B>En dur</B>

La dame ne semble même pas connaître l?existence du Trust fund for the integration of the vulnerable groups. La plupart des squatters qui sont sur le point d?être régularisés ne savent pas comment financer la construction d?une nouvelle maison, alors que d?autres affirment qu?ils vont rester dans leur maison en tôle jusqu?au jour où ils auront suffisamment d?argent pour bâtir une maison en dur.

Dans ce coin perdu d?Albion, les feuilles de tôle sont pratiquement partout. Elles sont utilisés pour séparer les propriétés et aussi pour construire les maisons. Les squatters vivant à l?entrée de la cité ont de la chance d?avoir une ruelle bitumée. Par contre les nouveaux venus vivent n?ont que terre devant leur demeure.

Il y aussi une famille qui n?est pas connectée au réseau électrique ni raccordée au système de distribution d?eau. Marie-Claire Kent est une des nouvelles squatters de la cité. Elle louait une maison quand le propriétaire l?a mise à la rue. Elle ne savait pas où mettre ses effets. ?Finalement, je suis venue habiter dans la cité avec ma famille, pour éviter que de passer la nuit à la belle étoile?, dit-elle. Toutefois, le mauvais sort l?a poursuivie jusqu?à la cité Marcel Cabon. Sa nouvelle maison a pris feu avec l?explosion de la lampe à pétrole de sa cuisine.

De Bons Samaritains l?ont aidée, mais elle vit dans le noir et elle n?a pas d?eau. Elle se sert d?un seau pour prendre un peu du précieux liquide chez sa voisine et c?est à la lueur d?une bougie qu?elle s?éclaire la nuit.

?Le CEB a dit qu?il n?y a pas de pylône à côté de ma maison et que je dois payer pour en installer un. Comment est-ce que je peux payer alors que je n?ai pas d?argent? ?, se demande-t-elle.

Des squatters ont été déçus lors de la cérémonie de la remise des letters of intent. Marie-Shirley Azie, mère de quatre enfants, âgés respectivement de 3 mois et 6 ans croyait que son nom serait sur la liste. Mais malheureusement il n?y est pas. Son mari, Jameson François, est maçon et toute la famille vit dans une maison de deux pièces. Elle espère que sa situation se régularisera pour construire une nouvelle chambre. ?Les officiers du ministère de Logement m?ont dit que j?aurai mes papiers par la poste?, dit-elle.

Il y a des rumeurs qui courent dans le village faisant croire que ce n?est une tactique du gouvernement pour les amadouer dans le cadre des prochaines élections générales et que plus tard, ils n?auront pas leur contrat.

Mais pour les squatters, la présence de la presse à la cité est une bonne chose. C?est un signe qu?ils ne seront plus des ... quatters.

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