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Soyons flexibles

16 janvier 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La question devient brûlante. Les premières discussions sur la flexibilité du marché du travail s?enclenchent cette semaine avec l?étude par le Conseil des ministres du ?Labour Reform Bill?. Cette nouvelle loi devrait permettre aux employeurs d?embaucher ou de licencier facilement selon la situation de leurs entreprises.

Les lois actuelles freinent l?embauche. Un gouvernement qui cherche à réviser une telle législation de l?emploi et qui vise à relancer l?économie doit en principe pouvoir rallier l?opinion publique à sa cause sans difficulté. Mais ce ne sera pas le cas dans le contexte socio-politique qui existe dans le pays.

D?abord les débats sont outrancièrement politisés. Aucun parti de l?opposition ne viendra soutenir l?assouplissement du code du travail même s?il y croit. C?est davantage pour des raisons de tactique politique que de convictions que les principaux partis de l?opposition vont contester le droit de ?hire and fire?. Quand ils étaient au pouvoir, ils ont rêvé de moderniser les lois du travail et le mode de compensation salariale, mais ils ont manqué de courage.

Quant au Parti travailliste, il souffrira de l?absence de cohésion en son sein. C?est un parti où se côtoient des réformateurs, des conservateurs, des populistes et des idéologues adeptes de la ?démocratisation? de l?économie. Devant un tel désordre, il est bien difficile de dégager des convergences aptes à convaincre l?opinion que la libéralisation du marché du travail est la clé de la croissance et de la création d?emplois.

Ensuite, il y a les dirigeants syndicaux. Leur posture est prévisible. Ils opèrent selon une logique très particulière qui les amène à toujours opposer entreprise et salarié. Pour eux, ce qui est bon pour l?un est forcément mauvais pour l?autre. Ils pensent qu?une réglementation moins contraignante pour les employeurs ne peut qu?être au désavantage des travailleurs. En vérité, l?équation est loin d?être aussi simple. Cet antagonisme appartient à une époque révolue. L?expérience a démontré que des lois du travail plus flexibles contribuent plutôt à conjurer le chômage et à redynamiser l?activité économique.

Les conséquences de la réforme sur l?emploi seront immédiates. Le taux de chômage devra baisser. Un patron qui ne craint pas d?avoir à payer des VRS pour dégraisser en période de vaches maigres retrouvera le goût de recruter. Il ne s?en privera pas dès que la moindre opportunité se pointe pour son entreprise. En revanche, s?il y a une baisse d?activité dans son secteur et qu?il doit licencier, l?employé redondant se tournera vers une autre entreprise opérant dans un domaine différent qui recherche, elle, des bras additionnels.

Ce sera le passage à une économie dynamique. Cela ne peut qu?améliorer le climat des affaires et attirer les investisseurs. Dans un monde où les capitaux sont mobiles, il n?est pas possible de les attirer si les règlements régissant l?emploi sont trop rigides.

Pour mieux faire accepter sa réforme, le Premier ministre a eu recours à un habillage habile. Il propose un ?package? de nouvelles lois, dont certaines sont très favorables aux syndicats. Mais cette stratégie n?est pas une garantie contre les défenseurs du statu quo. Après tout, ce n?est pas tant les lois qu?il faut réviser que les mentalités.

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