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Souvenirs du bureau de poste de Réduit
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Souvenirs du bureau de poste de Réduit
Le bureau de poste de Réduit est aujourd?hui plus vaste qu?il ne l?était jusqu?à tout récemment, sans qu?on puisse dire qu?il a davantage fière allure que son prédécesseur, petitement installé dans l?ancienne mini-salle d?attente ferroviaire de nos gouverneurs de l?époque coloniale. L?actuel bureau de poste de Réduit n?est qu?un de nos innombrables bâtisses cubiques qui parsèment si tristement nos agglomérations. Il est difficile pour ces blockhauss bétonnés de rivaliser avec le charme désuet des maisons créoles en bois, couvertes de bardeaux ou de tôle ondulée, et même avec de petits pavillons aussi coquets que la salle d?attente réservée à nos gouverneurs anglais.
L?on sait que les préposés du mini-bureau de poste de Réduit décidèrent, un beau jour, de répandre, sur les accueillantes pelouses environnantes, le courrier par trop envahissant de l?université voisine. Maintes fois auparavant tentèrent-ils de signaler, à qui de droit, l?exiguïté de leur mini-bureau de poste, devenue intolérable en raison du courrier universitaire croissant pour ne rien dire d?une population estudiantine et professorale de plusieurs milliers d?individus, sans oublier les institutions voisines : château du Réduit, divers bureaux du ministère de l?Agriculture, Clinique mauricienne, MSIRI, MIE, MES, MCA, usagers de passage en raison des nombreuses conférences tenant leurs assises à l?auditorium Octave-Wiehé ou dans d?autres salles universitaires.
Au début d?août 1981, cette ?veille dame? qu?est l?ancienne salle d?attente des gouverneurs anglais, devenue ensuite mini-bureau de poste, raconte ses souvenirs à l?express. Les représentants du souverain, régnant à Londres, y prennent volontiers le train avant que les progrès de l?industrie automobile britannique ne leur permettent de se rendre à leur gré, en voiture, au Port Louis. Les moins jeunes d?entre nous se souviennent encore d?articles de journaux consacrés à la Humber gubernatoriale ou encore d?une certaine Daimler. C?était bien sûr du temps où les Anglais savaient encore fabriquer des voitures que le reste du monde leur enviait.
Le train, venant de Montagne Blanche, prenait le gouverneur et sa suite à Réduit pour le conduire à Rose-Hill. Là le wagon gubernational est rattaché au train de Curepipe ou de Mahébourg, se rendant au Port Louis. Une calèche, également réservée au représentant de la reine Victoria ou de sa descendance, en attente à la gare centrale, le conduit, par la Chaussée du chevalier Tromelin, à l?Hôtel du Gouvernement. Le projet post-incendie de 1896 d?une route diagonale, reliant directement les deux statues de la reine Victoria, celle devant la gare du même nom et celle empêchant, devant l?Hôtel du GM, le gouverneur Stevenson de contempler la rade du Port- Louis, n?a jamais vu le jour. Le retour au Réduit, en début d?après-midi, sauf les jours où le Conseil du gouvernement prolonge ses travaux jusqu?en début de soirée, exige le même respect du protocole. Le gouverneur ne prend pas la peine de vérifier le nombre de policiers sur son parcours. La moindre minute de retard devait, en revanche, donner lieu à des engueulades mémorables et à des explications écrites. Les reproches évoluent. L?arrogance du pouvoir demeure.
L?on sait aussi que le gouverneur Hesketh-Bell privilégie les pique-niques à Blue-Bay où il se fait construire une villa mauresque, sans s?embarrasser d?EIA ni de possibles déprédations au lagon comme au parc marin de l?endroit. Il se rend à Forest-Side en voiture où il prend le train pour Mahébourg. A l?entrée du chef-lieu du Grand-Port, le train s?arrête au lieu dit Blue-Bay. Le gouverneur et sa suite descendent et se rendent à pied au bord de mer où ils passent quelques heures ensoleillées. Dans l?après-midi, le train de Mahébourg signale sa présence sur le chemin de fer et attend que le représentant de la reine et sa suite gubernatoriale daignent y reprendre place et rentrer au Réduit, grâce à la voiture les attendant patiemment à Forest-Side.
Les souvenirs de l?ancienne salle d?attente de Réduit évoquent aussi la boutique de la police de Rose-Hill, célèbre pour ses salaisons, le cabinet du Dr Maxime Rémy, ?reconnaissable aux dernières lueurs du Magasin Soobhan?. On en profite pour rappeler que celui-ci, qui symbolise à lui tout seul le Rose-Hill Commercial, que n?a jamais connu Beau-Bassin, a commencé sa carrière comme simple marchand ambulant.
Ils évoquent les Ford Zodiac de Beau-Bassin permettant aux habitants des villes s?urs d?aller admirer le simin nef que MM. Burton aménagent de l?autre côté de la rivière des Plaines Wilhems et de la GRNO. Vadivel ou Tamby, également chauffeurs de taxi bien connus, réclament une quinzaine de roupies pour une telle randonnée en voiture.
Montagne Blanche/Rose-Hill : on laisse entendre que cette ligne ferroviaire en a vu de toutes les couleurs, tout au long de son histoire Il nous reste heureusement l?ancienne gare de Moka et le petit bureau de poste de Réduit.
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