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Sous le signe politique

25 novembre 2006, 00:00

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Des affaires politico-légales qui reviennent au-devant de la scène de l?Icac à la proposition de Pravind Jugnauth d?abolir l?impôt sur le revenu s?il reprend le pouvoir en passant par l?élection des nouveaux maires, le landernau politique est en effervescence à l?approche de cette fin d?année 2006.

Ce n?est pas encore l?heure des bilans, mais cela commence déjà à y rassembler beaucoup tant on a l?impression d?un contexte qui augure quelques grands débats en 2007. La commission anti-corruption est engagée dans un processus où elle se doit de se refaire une nouvelle virginité. Pour commencer, elle convoque deux politiques. Le signal est fort. Mais il reste que c?est dans la pratique que la commission doit faire ses preuves. Et nous ne savons toujours pas ce que vaut la nouvelle direction de cette instance.

Lancée pour traquer le crime à col blanc et les autres gourous de l?économie souterraine, l?Icac n?a pas produit de résultats probants jusqu?ici. Confondant vitesse et précipitation, l?ancienne direction a brûlé des cartouches importantes, contribuant à décrédibiliser la commission. Aujourd?hui, la tâche s?annonce herculéenne. Il ne s?agit pas seulement de réhabiliter cette instance. Il est question de faire de la commission une institution. C?est la seule manière de garantir le respect et la foi des citoyens en la commission. Nous ne pouvons encore affirmer que la nouvelle direction s?est engagée en ce sens.

On serait même tenté de dire le contraire. On ne fait pas une institution en se montrant pusillanime. Et encore moins en agissant dans l?à peu près. L?Icac se doit de donner un sens à cette expression générique qu?est le «combat contre la corruption». A ce chapitre, elle a encore tout à prouver. Et ce n?est pas uniquement en lançant une croisade contre des personnalités publiques, où on reste dans le symbolisme du lessivage du pouvoir politique, qu?on y arrivera. Il faut une plus grande cohérence dans l?action.

De la cohérence, Pravind Jugnauth en cherche désespérément. Sa proposition d?abolir l?impôt sur le revenu peut de prime abord paraître une man?uvre démagogique. Si ce n?est qu?un stratagème pour épater des électeurs, il est loin de redonner un dynamisme au leader du MSM. Par contre, si c?est une proposition qui fait partie d?un projet intégré, il contribuera à donner un contenu programmatique au leadership blanc.

Relégué à un rôle d?animateur de conférences de presse, Pravind Jugnauth a eu beaucoup de peine à se positionner sur la scène politique après sa défaite aux dernières législatives. Pourtant, il avait porté un espoir, incarné une relève. Depuis juillet, il n?a fait que réagir par rapport à l?actualité tant Navin Ramgoolam et Paul Bérenger surplombent la scène politique.

Pour se refaire une place dans l?arène, le leader du MSM se devait de faire preuve d?imagination. Ce qu?il n?est pas parvenu à faire jusqu?ici. Paul Bérenger et le MMM donnent une impression de mobilité et d?action qui contribue à faire encore plus d?ombre au parti du soleil. Il fallait réagir. S?il travaille sur un projet de société, Pravind Jugnauth aurait plus de chances de se faire écouter. Mais il ne servira à rien de rester dans la nostalgie du pouvoir. Le MSM aujourd?hui n?incarne pas une dynamique séduisante. Ce ne sont pas les seules promesses populaires qui lui garantiront ce pouvoir de séduction. Ce n?est pas non plus un activisme politique inlassable qui le ferait. Il faut briser l?armure, disait-on de Pravind Jugnauth avant 2005. La réflexion demeure toujours pertinente.

C?est un rendez-vous sans grande pertinence. L?élection des nouveaux maires. C?est peut-être le jour où les médias feront l?impasse sur cet épiphénomène qu?on comprendra l?archaïsme qui ronge l?administration locale. Ce n?est pour l?instant qu?un vernis de pratiques démocratiques qui coûtent cher aux contribuables.

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