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Sous le charme de Tuku
?Nous sommes du Zimbabwe. Et le Zimbabwe, c?est ça !?? Chanteur longiligne et remuant, Oliver Mtukudzi a choisi la meilleure façon de présenter son pays : en musique. Et il en est un sacré ambassadeur. Énergique et souriant, il utilise son talent d?artiste à bon escient : ses messages de paix et de sagesse vont droit au but. Le théâtre de Port-Louis ne s?y est d?ailleurs pas trompé, le 9 novembre, en lui réservant une standing ovation, après une heure et demie de concert.
Le concert a démarré doucement, un peu comme une mélopée africaine. Oliver Mtukudzi apparaît devant le micro plutôt discrètement. Mais au bout de deux morceaux, on comprend déjà le langage de Tuku.
Voix forte, riche en intonations digne des grands chanteurs de soul mais aussi guitare claire, basse, batterie et percussions? Le rythme s?installe. Il ne quittera plus la scène du théâtre de Port-Louis jusqu?à la fin du concert.
Au fur et à mesure, Tuku laisse entrevoir toute l?étendue de son talent de chanteur, de compositeur et de musicien, même s?il reste finalement assez discret à la guitare rythmique.
Bien encadré par les Black Spirits (cinq musiciens et trois choristes), Tuku flirte avec le blues mais reste bien ancré dans la musique urbaine africaine, avec des rythmes typiques d?Afrique australe (jive), très entraînants. Les morceaux s?enchaînent sans se ressembler mais en présentant un point commun : la régularité de la rythmique et la puissance de la voix entrecoupée des riffs du soliste.
Tuku chante en shona mais réserve au public quelques moments d?intimité, en anglais. ?Don?t sing if you got nothing to say...? Tuku, lui, a plein de choses à dire et il sait bien le faire avec une pointe d?humour, tout en douceur.
Entre les morceaux, il passe quelques messages forts, sur les dangers du sida, sur les dures réalités de la vie, sur l?éducation, sur la culture? ?There?s no culture inferior to the other.? On ne peut qu?être d?accord avec lui, surtout lorsque le ton enjoué de sa formidable ma-chine à swinguer prend le relais pour donner encore plus de force aux messages.
?We will be back?
Il convient de rappeler que le chanteur est l?une des figures emblématiques de la musique d?Afrique australe. Au moment de l?indépendance du Zimbabwe, il a sorti un album qui a fait figure d?hymne national. Musicien prolifique, il a produit plus de 35 albums, en près de trente ans de carrière.
Ses albums sont toujours suivis de tournées dans les coins les plus reculés de son pays mais aussi sur le plan international, notamment aux États-Unis. Ses albums sont distribués en Amérique, en Europe et en Australie.
Tuku est aussi une bête de scène. Au théâtre de Port-Louis, mercredi 9 novembre, il ne cessait de bouger et de se démener, enchaînant les pas de danse avec beaucoup d?aisance, ce qui a donné un autre aperçu de l?épaisseur de l?artiste.
Car un tel chanteur se retrouve finalement à l?étroit dans une petite salle, probablement beaucoup plus à l?aise dans les grands spectacles et devant une grosse foule prête à faire la fête.
Tuku et les Black Spirits sont finalement partis un peu rapidement mais en se réjouissant d?avoir pu venir jouer à Maurice. ?We will be back.? Mais la prochaine fois, ce sera pour faire vraiment la fête.
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