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Sournoise hépatite C
C?est en donnant son sang en octobre 2004 que Raj (prénom modifié) apprend qu?il couve l?une des maladies les plus insidieuses qui soit : l?hépatite C. Le fait que ce virus se transmet principalement par le sang fait tilt. Il se souvient avoir subi une transfusion sanguine en 1993, lorsqu?il a été traité pour un ulcère.
Le pire, c?est qu?ignorant sa maladie, il a continué à donner son sang jusqu?en 2004. « Je crains d?avoir contaminé d?autres personnes sans le vouloir. » Cela semble énorme car le sang des donneurs n?est systématiquement dépisté que depuis 1997. A moins qu?il ait été contaminé autrement. Il existe un risque de transmission par l?utilisation d?instruments non stérilisés au cours d?un tatouage, d?un piercing, d?un partage de rasoir.
Pour Raj, il est temps de sensibiliser le public à cette maladie. Une association des malades de l?hépatite est en voie d?enregistrement. « Cette maladie étant taboue, ce sera une occasion de sortir du silence. »
Et combien de personnes sont infectées ? Le département de virologie de Candos estime qu?ils seraient plusieurs milliers à être infectés. « 40 000 personnes », avance le virologue, Nane Pyndiah.
« Je constate depuis ces deux dernières années, une augmentation des cas. Le traitement à l?interféron et la ribavirine donne de bons résultats lorsque la maladie est détectée tôt », précise le Dr Zouberr Joomaye, spécialiste en hépato-gastro-entérologie. Il insiste pour que les personnes ayant été transfusées avant 1997 subissent un test. Dans certains cas, la maladie évolue vers une cirrhose, des années après la contamination. Et parfois un cancer du foie.
Le Dr Nane Pyndiah souhaite qu?une étude soit effectuée pour mieux cerner ce virus. Il explique que l?hépatite C a toujours existé dans la population mauricienne et qu?elle se divise en plusieurs variantes. Seules les plus virulentes, et elles ne sont pas nombreuses, provoquent une cirrhose et un cancer du foie. « Au cas contraire, nous aurions dû avoir des milliers de personnes souffrant de ces complications. » Bon nombre de personnes portent le virus sans être malades.
Aujourd?hui, le risque est théoriquement nul. L?usage de drogues par voie intraveineuse est la principale source de contamination. « 99 % des drogués en souffrent », estime le virologue.
Le drame : le traitement de l?hépatite C n?est disponible que dans le privé et est coûteux. Raj doit dépenser Rs 400 000 pour sa bithérapie qui dure un an. Mais l?entreprise pour laquelle il travaille le soutient financièrement. Seule une greffe à l?étranger peut guérir ceux dont la maladie a évolué vers une cirrhose. Cette intervention coûte entre Rs 4 et 5 millions.
La maladie étant asymptomatique, il n?y a que le test hépatique qui peut détecter l?infection. Une façon d?en avoir le c?ur net est de faire un don de sang. « Les donneurs bénéficient en effet d?un dépistage gratuit du sida, de l?hépatite B et C et de la syphilis », indique Subhanund Seegoolam, président de la Blood Donors Association. Vous savez ce qu?il vous reste à faire?
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