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Souris City
Roddy Saint-James est une souris classe qui mène une existence dorée dans le quartier résidentiel de Kensington. Disposant d?un somptueux logis, d?un garde-manger toujours plein et d?une phénoménale quantité de jouets. Roddy croit avoir atteint le nirvana. Que lui manque-t-il ? Seulement d?être heureux, d?avoir des amis et une famille.
Un jour, Sid, un abominable rat d?égout, vulgaire et crasseux à souhait, fait irruption dans l?appartement, bien décidé à s?y incruster. Roddy tente courageusement de l?évincer, mais c?est lui qui tombe dans la cuvette des WC et se retrouve illico dans les égouts.
Passé le choc initial, notre héros bien naïf découvre une monde dont il ne soupçonnait même pas l?existence : bruyant, haut en couleur, dangereux, mais terriblement excitant. Un monde où il peut espérer se ressourcer, vivre toutes sortes d?aventures et trouver l?amour entre les petites pattes de la jolie souris Rita.
A moins que le méchant Crapaud, ennemi juré de tous les rongeurs et son cousin, Ze Frog, ne le refroidissent pour l?éternité.
Celles et ceux qui trouveront dans ?Souris City? des similitudes graphiques avec les personnages de ?Chicken Run? et ?Wallace & Gromit? seront peut-être rassurés d?apprendre que ces translations ne sont pas fortuites, puisque David Bowers (l?un des deux réalisateurs du film) a pendant longtemps travaillé pour les studios DreamWorks et Aardman en tant qu?animateur ? et notamment sur les deux créations précédemment citées. Notons encore en forme d?introduction que Sam Fell (le deuxième réalisateur au générique de Souris City) a lui-aussi collaboré, en free lance, avec Aardman. Que nos deux protagonistes se réunissent alors autour d?un même et unique projet tombait sous le sens. Alliant leur background à une certaine conception des choses, David Bowers et Sam Fell débarquent donc en terre numérique, et pour la première fois, la casquette de cinéaste bien plantée sur le crâne puisqu?il s?agit-là de leur première véritable réalisation.
L?expérience, c?est bien ! Assure-t-elle pour autant la créativité ? Pas forcément. A défaut de faire des ravages (pourtant, dans la salle, les bouts de choux furent nombreux à rire), l?humour de ?Souris City? a le mérite d?être constant. Quant à l?intrigue, entre convenance, rebondissements prévisibles, conglomérats d?idées butinées ça ou là, et comédie musicale, elle justifie tout le déballage technologique. Car la vraie réussite de cette ville de souris, est bel et bien son approche graphique originale : mixage entre modelages et pixels pour la régalade des yeux. Ici, la matière scintille ; l?élément eau prend littéralement vie. La perception de ce qui se meut à l?écran oscille constamment entre réel et informatique, jusqu?à ne plus savoir de quoi ou qu?est-ce.
Ainsi, le must du film réside dans l?approche du mouvement. Votre serviteur a le vertige ; et de vertige, il le ressentit à de nombreux moments : vertige des chutes de nos personnages dans le vide, vertige des mécanismes ondulatoires, vertiges dans l?action. ?Souris City? est une espèce de toboggan ! Dans ce sens, le premier long des Bowers et Fell est un défit aux lois de la physique. Lambert a l?habitude de l?exercice de style. Pour Emma, c?était une première. Le côté bon chic bon genre de l?un sied à Roddy Saint-James ; le côté rebelle de l?autre sied à Rita. ?Souris City? n?échappe tout de même pas à son caractère insulaire sur fond de déluge apocalyptique. Certes, ce n?est pas un grand film, ni un gros navet. ?Souris City? est une belle performance technique. Faut dire qu?avec de gros ordinateurs..., tout est permis.
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