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Sortir les jeunes de la prison
La Fédération des associations rurales (Fedar) souhaite instaurer une coopération étroite avec l?île Maurice. Spécialisée dans la formation d?animateurs, elle propose d?organiser des activités pour les adolescents détenus dans les prisons de l?île Soeur. La Fedar compte notamment inviter ces derniers à participer en mars prochain à un centre de vacances qu?elle organise à Maurice, aux côtés de jeunes Réunionnais.
Durant toute la journée du 17 novembre dernier, sept formateurs-animateurs réunionnais de la Fédération des associations rurales et l?aumônier protestant des prisons de la Réunion, Bernard Bancala, offraient ?un moment de bonheur? aux cinquante mineurs mauriciens incarcérés dans le Centre de réhabilitation de Beau-Bassin.
La Fedar compte multiplier ce type d?activité et enclencher une collaboration étroite avec le ministère de la Sécurité sociale de l?île Soeur, chargé de la gestion de cette prison pour mineurs. Les formateurs et l'aumônier s?apprêtent aujourd?hui à soumettre trois propositions au ministre, Samioullah Lauthan.
Le ministre tape du poing sur la table
?Chaque année, la Fedar envoie en moyenne sept groupes d?une vingtaine de jeunes dans des centres de vacances à Maurice?, remarque Bernard Biancala. ?La plupart sont des adolescents. Nous proposons tout d?abord d?organiser des rencontres sportives entre ces jeunes Réunionnais que nous accompagnons et les jeunes détenus du Centre de réhabilitation de Beau-Bassin.? La Fedar souhaite en outre organiser dès le mois de mars prochain un séjour de dix jours dans un centre de vacances auquel seraient invités à participer de jeunes détenus Mauriciens, durant cinq jours. ?Les encadreurs du Centre de réhabilitation ? autrement dit, les surveillants ? seraient bien sûr intégrés à ces journées. L?autre moitié du séjour serait consacrée à la découverte de la vie mauricienne?, reprend Bernard Bancala.
Le troisième projet consiste à organiser dans l?île Soeur une formation d?animateur-directeur de centre, à l?attention de candidats mauriciens, ?en fonction des besoins?. Des éducateurs qui constatent leur manque de formation. ?Ils se sont rendu compte que le travail d?animateur correspond à leurs besoins. Il est prévu cette année d?embaucher 12 nouveaux éducateurs de rue, certes motivés, mais eux aussi sans formation préalable. La partie pratique du stage de formation que la Fedar propose pourrait être effectuée avec les jeunes en milieu carcéral.?
Pour Bernard Bancala, Maurice fait preuve d?un grand intérêt pour cette coopération : ?Le ministre est prêt à taper du poing sur la table au Parlement pour faire avancer les choses?. La Fedar cherchera d?autres financements pour assurer cette coopération, notamment auprès du conseil général de la Réunion, du ministère de la Jeunesse et des Sports et de l?Office réunionnais pour les échanges sportifs et sociaux éducatifs.
Selon les formateurs-animateurs de la Fedar, Maurice attache aujourd?hui davantage d?importance que par le passé aux méthodes de prévention contre la délinquance des mineurs.
Pascal NEAU du Quotidien de la Réunion
UN MANQUE CRUEL D?ANIMATION
Pour Khamsa Derbali, l?une des formatrices-animatrices de la Fedar, le centre de réhabilitation des mineurs de 13 à 18 ans manque cruellement d?animation. Les seules activités des mineurs incarcérés consistent à préparer eux-mêmes leurs repas, à faire leur lessive et à cultiver le jardin dans lequel ils plantent leurs légumes. De manière ?très ponctuelle?, selon les formateurs, l?administration pénitentiaire les autorise parfois à suivre un cours de judo ou à se rendre à la piscine, sous la surveillance d?un ?encadrant.? ?Ces ados peuvent bénéficier d?autorisations de sortie afin de pratiquer leur culte religieux là encore, accompagnés par des encadreurs. Nous avons constaté chez eux un besoin énorme de dépense physique, à travers les jeux que nous leur avons proposé?, explique la formatrice de la Fedar. Mis à l?écart de la société, les jeunes détenus ne peuvent guère se tourner vers le ?personnel encadrant.?
?Ces derniers ne sont pas formés pour cela. Si certains ont une relation humaine avec les enfants, la plupart se contentent de les surveiller ?, regrette Muriel Izard, une autre formatrice-animatrice de la Fedar. Dans le bâtiment des filles, les surveillantes semblent moins indifférentes aux détenues.
Bernard Bancala, Muriel Izard et Khamsa Derbali, veulent pérenniser les actions d?animation auprès des jeunes détenus.
DIPLOMATIE. Un nouveau consulat malgache à la Réunion. Le consulat de Madagascar, sis à la rue Joseph Ouvrier à Saint-Denis, a été inauguré le mercredi 8 décembre. Léa Ravololondratavy, la consule est diplomate de carrière. Elle a longtemps travaillé au ministère des Affaires étrangères, où elle occupait le poste de directrice du personnel, avant d?être nommée conseillère de l?ambassade de Madagascar à Washington.
La consule avoue ne pas avoir de regrets de renoncer à Washington pour la Réunion. ?Ici, mes responsabilités seront tout autre. Je serai la première responsable d?un poste consulaire tandis que là-bas, j?étais l?adjointe de l?ambassadeur ?, déclare-t-elle.
Ses priorités sont de renforcer les relations de coopération entre les deux îles, notamment dans les secteurs économiques et culturels. Consciente qu?il existe une importante population malgache à la Réunion, l?une des priorités de Léa Ravololondratavy sera de ?demander aux autorités concernées un assouplissement des formalités pour l?obtention des visas et titres de séjour ?.
Saphira KALLEE
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