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Sortir l’innovation industrielle des sentiers battus

3 mai 2006, 00:00

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Trouver des idées nouvelles pour résister aux chocs et pour mieux saisir les opportunités. Face aux nombreux défis, le gouvernement met en place une politique nationale pour encourager l’innovation dans les diverses activités économiques. Mais pour pouvoir exprimer nos capacités d’innover, il faut changer la manière d’aborder la question.

Le National Productivity and Competitiveness Council (NPCC) a démarré hier une série de consultations en vue de réfléchir sur les moyens de développer les capacités innovatrices de l’économie mauricienne. L’agence publique a fait appel à des conférenciers de la United Nations University (UNU) pour animer les conférences. Le professeur Banji Oyeyinka, le Dr Padmashree Sampath et le Dr Andy Hall apportent un nouvel éclairage au sujet.

“L’innovation ne provient pas uniquement de la recherche. Elle peut se faire en connectant des idées existantes autour d’une nouvelle configuration”, explique le Dr Andy Hall. “Le tourisme médical est un exemple d’un nouveau secteur qui est érigé à partir de deux activités existantes en l’occurrence les services médicaux et l’hôtellerie.”

Développer des connaissances par des modes alternatifs</B>

Pour les experts, Maurice ne doit s’inquiéter outre mesure du déficit de son capital scientifique et de ses manquements en matière de recherche et de développement. Les pratiques et les technologies nouvelles ne sortent pas nécessairement des laboratoires industriels. Des modes alternatifs pour développer les connaissances et pour faciliter leur application dans un contexte commercial existent et sont utilisés dans plusieurs pays à moyen revenu comme Maurice.

“Il faut encourager l’interaction entre l’université, les entreprises locales, les multinationales, les associations industrielles et les organismes de support publics. Les échanges entre ces acteurs sont cruciaux dans le processus d’apprentissage. Il faut s’assurer qu’il y ait une collaboration étroite entre les organisations et les sources de connaissances”, fait ressortir le professeur Banji Oyeyinka.

La politique nationale doit pouvoir favoriser la mise en place des systèmes et des structures à la fois au niveau des industries et au niveau national pour coordonner la mobilité du savoir-faire. L’interaction entre l’université, les institutions de recherche et l’industrie peut se faire par divers moyens, indiquent les conférenciers de la UNU. D’abord, le transfert de connaissances et d’information entre les universités et le monde des affaires peut se faire par le biais des mécanismes de financement des projets de recherche auxquels participera le secteur privé. L’université devra de son côté proposer plus de cours de formation à l’intention des cadres.

D’autres initiatives comme la mise en place des parcs d’affaires et des réseaux entre sociétés contribuent aux efforts de collaboration. Mais les entreprises sont-elles disposées à partager leurs expériences avec leurs rivaux ?

“Pour réussir aujourd’hui, il faut savoir collaborer avec vos compétiteurs.

La tradition du secret industriel empêche les opérateurs à se parler”, déplore Le Dr Andy Hall.

Une politique nationale sur l’innovation doit également tenir compte du fait que des entreprises protègent leurs technologies (celles qui sont développées en interne) par des brevets. Dans ces conditions, la protection de la propriété intellectuelle peut faire obstacle à l’innovation sur une échelle industrielle et nationale. “Le nombre de brevets enregistrés ou les dépenses sur le R&D (research and development) ne sont pas nécessairement un indicateur du niveau de l’innovation dans un pays. Il y a beaucoup d’idées novatrices qui ne sont pas brevetées, surtout dans des pays en développement”, affirme le Dr Padmashree Sampath.

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