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Six villages laitiers pour relancer la production de lait

22 septembre 2006, 00:00

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L?Etat a finalisé, cette semaine, une stratégie pour relancer la production locale de lait. Basé sur le nouveau concept de village laitier ? ferme disposant de toutes les infrastructures et services ? un projet-pilote voit le jour à Nouvelle-Découverte, avec les éleveurs qui se sont regroupés en coopératives. L?objectif, à terme, est de développer six villages similaires à travers le pays, regroupant les éleveurs par zone, et pour faciliter la production, la collecte et la vente du lait. Le projet est piloté par le Food and Agricultural Research Council (FARC).

Quand ces villages laitiers seront opérationnels, d?ici à la fin de 2007, la production locale connaîtra un bond d?environ 60 % pour passer à cinq millions de litres par an. A ce jour, les éleveurs produisent 3,2 millions pour une consommation équivalant à 120 millions de litres. Dans le temps, les autorités s?attendent que le cheptel dans chaque village laitier augmente, ce qui aura une répercussion sur la production annuelle.

Différents projets similaires ont vu le jour sans pour autant décoller. Mais le nombre d?éleveurs n?a cessé de diminuer. Cette situation critique s?explique par l?indisponibilité de fourrage, l?absence de financement pour acquérir les animaux, l?incapacité des organismes parapublics à offrir leurs services à ces éleveurs éparpillés à travers le pays. Qui plus est, ce secteur exige un travail de longue haleine. La relève n?a pu poursuivre cette activité avec les méthodes anciennes. De fait, le cheptel de vaches laitières est passé sous les 3 000 têtes. La production locale ne représente que ?2% des besoins de Maurice?, souligne l?expert français, le Dr Michel Vaucoret, dans son rapport de mission sur le village laitier.

Le site identifié à Nouvelle-Découverte est jugé propice pour relancer le secteur. D?une part, l?Etat dispose de 70 arpents pour le fourrage. Et de l?autre, les éleveurs sont déjà regroupés en coopérative. ?Ils ont une approche progressiste. Ils opèrent selon les méthodes modernes de production?, affirme Jairaj Ramkissoon, directeur-général du FARC. La coopérative, celle de Triolet, sera transférée à Nouvelle-Découverte. Elle bénéficiera de dix arpents. Trois autres regroupements seront concernés dans un deuxième temps, ceux d?Henrietta, Hollyrood et Terre-Rouge.

Pour ce présent village laitier, ils seront une vingtaine d?éleveurs, disposant chacun de dix vaches. En moyenne, chaque tête produit 4 200 litres par an. De fait, ce village mettra 840 000 litres de lait sur le marché.

Sur le court terme, la priorité sera de ne garder que les éleveurs ayant démontré l?intérêt à adopter des pratiques nouvelles, les initier et les encadrer dans le processus de modernisation. Du moment que le système sera mis en place, d?autres entrepreneurs seront incités à se lancer dans ce secteur.

La stratégie que privilégie l?Etat, évoquée pendant les discussions, est de créer des infrastructures identiques dans cinq autres zones du pays. Les études sont en cours pour chercher les terres pour la culture du fourrage. Alors qu?à Nouvelle-Découverte, l?Etat dispose des terres, ailleurs, il sera question de les acquérir auprès du privé.

Fédérer les éleveurs

Ce village laitier ne sera pas une ferme modèle. L?idée est de créer une entité plus large, avec l?objectif de fédérer les éleveurs autour des infrastructures, dotées des services offerts par l?Etat. D?ailleurs, le Dr Michel Vaucoret, dans son rapport sur le concept, évoque un ?véritable partenariat entre les éleveurs et une équipe technique bien formée? pour une utilisation optimale des moyens.

Avec l?avènement de ces villages, à long terme, la collecte, le traitement et la vente du lait sera facile, et bénéfique pour l?éleveur. L?Agricultural Marketing Board s?est chargé de cette tâche, roulant à perte. Puisque les éleveurs sont éparpillés aux quatre coins du pays, le volume collecté est minimal, soit quelque 2 000 litres.

A ce jour, les laiteries utilisent en majeure partie du lait en poudre pour la transformation. La demande sera plus élevée avec l?entrée en opération de nouvelles laiteries. Le projet de Creambell Mauritius Private Limited consiste en une ferme laitière et une laiterie à Salazie. Sa production quotidienne sera de 15 000 litres. L?Etat a mis 162 arpents à sa disposition. Il va sans dire que son unité de transformation consommera bien plus de lait qu?elle n?en produira. ?Le village laitier de Nouvelle-Découverte, qui se trouve à proximité de Salazie, pourra lui en fournir?, affirme Jairaj Ramkissoon. ?La concrétisation de ces villages permettrait de réduire notre dépendance sur les importations.?

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