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Six Palestiniens tués sur fond de regain de tension

23 décembre 2003, 20:00

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<B>L?armée</B> israélienne a tué six Palestiniens lors d?un raid mené mardi matin dans la bande de Gaza, quelques heures après un incident au cours duquel des Palestiniens s?en étaient pris au ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Maher dans une mosquée de Jérusalem.

Ces incidents mettent en évidence les tensions auxquelles se heurtent les tentatives de relance de la ?feuille de route?, plan de paix pour le Proche-Orient soutenu par les Etats-Unis.

Maher, que ses agresseurs traitaient de ?traître?, a subi un rapide examen dans un hôpital après l?incident de lundi en fin d?après-midi. Peu avant, il avait eu des entretiens très attendus avec le Premier ministre Ariel Sharon, qui s?était montré prêt à faire bon accueil à une trêve des Palestiniens radicaux, que l?Egypte tente d?amener à cesser leurs attaques contre l?Etat juif.

Les groupes radicaux n?ont pas donné suite jusqu?ici aux efforts de médiation égyptiens, qui visent à relancer la feuille de route.

Maher, qui était le plus haut responsable égyptien à se rendre en Israël depuis le début de l?intifada palestinienne en septembre 2000, a été bousculé et peut-être frappé par une foule qui scandait ?Allah Akbar? (Dieu est grand) à la mosquée al Aksa, dans la vieille ville de Jérusalem.

Les manifestants ont lancé les chaussures qu?ils avaient enlevées pour prier contre les membres de son escorte et les policiers israéliens qui l?éloignaient de la mosquée, qui est le troisième lieu saint de l?islam. Frapper quelqu?un avec un soulier est une insulte caractérisée en milieu musulman.

L?Egypte a exprimé de ?profonds regrets? au sujet de l?agression mais a fait savoir que son engagement pour la paix régionale restait inentamée.

Les relations israélo-égyptiennes connaissent un réchauffement après s?être fortement détériorées du fait de la répression du soulèvement palestinien contre l?occupation israélienne. Un porte-parole de la police israélienne a déclaré que les agresseurs de Maher appartenaient à un groupe islamique marginal appelé Parti de la Libération. La police a arrêté sept Palestiniens après l?incident.

Certains Palestiniens n?ont jamais pardonné au Caire d?avoir signé un traité de paix avec Israël en 1979.

Selon un responsable israélien, Sharon a déclaré à Maher qu?il réagirait positivement à la proclamation d?une trêve par les activistes palestiniens, ce qui paraît marquer un petit pas vers ce qu?attendent ces derniers. Le Premier ministre palestinien Ahmed Koreï s?est dit ?choqué et furieux? par l?incident de la mosquée. ?Nous condamnons cet acte irresponsable (...) et nous allons éclaircir cette affaire pour déterminer qui est derrière?, a-t-il dit.

Le raid militaire israélien de mardi matin est intervenu quelques heures après que deux officiers de l?armée israélienne eurent été abattus non loin d?une colonie du centre de la bande de Gaza. Il s?agit des premiers Israéliens tués dans de telles circonstances depuis un mois dans les territoires occupés.

L?attaque des deux officiers a été revendiquée à la fois par les Brigades des martyrs d?Al Aksa, mouvement armé qui se réclame du Fatah de Yasser Arafat, et par le Djihad islamique. Un activiste palestinien a ensuite été abattu. Selon des témoins palestiniens, une vingtaine de chars sont arrivés mardi avant l?aube à l?entrée d?un camp de réfugiés de la région de Rafah, provoquant des tirs d?activistes.

Des soldats ont abattu dans le camp un homme de 50 ans et un tireur isolé dans le camp. Deux autres hommes armés ont été grièvement blessés, et l?un d?eux a succombé à ses blessures peu après, ont déclaré des médecins palestiniens. Un activiste du Djihad islamique est décédé de blessures provoquées par des éclats d?obus. Selon les médecins, 10 Palestiniens ont été blessés.

Selon une source militaire israélienne, les soldats sont entrés à Rafah ?dans le cadre d?une lutte continue? pour détruire un ensemble de tunnels par lesquels des explosifs en provenance d?Egypte étaient introduits clandestinement.

Israël, qui exige une action résolue des autorités palestiniennes contre les activistes, a fait savoir qu?en cas d?échec de la feuille de route il prendrait des mesures unilatérales pour se séparer des Palestiniens, en s?emparant de territoires qu?ils revendiquent pour leur futur Etat.

Les Palestiniens veulent que l?Etat juif remplisse ses obligations en supprimant des avant-postes, en gelant les créations de colonies de peuplement et en interrompant la construction d?un mur de sécurité mis en place en Cisjordanie. Israël juge cette ?clôture de sécurité? nécessaire pour barrer la route aux kamikazes et aux activistes palestiniens.

<B>Rébellion</B>

Le ?non? de soldats israéliens à l?occupation

n Trois mois après la pétition dans laquelle 27 pilotes de l?armée de l?air israélienne l?aristocratie de Tsahal refusaient d?obéir à des ordres ?illégaux et immoraux? en prenant part aux raids ciblés de l?armée contre des activistes palestiniens, des membres de la Sayeret Matkal, le prestigieux commando d?élite de l?armée, à leur tour, disent ?non? ! Ils refusent de servir dans les territoires palestiniens pour ne plus tremper dans les crimes d?une armée ?d?occupation?. Spécialisée dans les opérations de commando derrière les lignes ennemies, la Sayeret Matkal s?est couverte de gloire, notamment dans le raid d?Entebbe, en Ouganda, pour libérer les passagers israéliens d?un vol d?Air France détourné en juin 1976. Treize anciens membres de cette unité, dont neuf réservistes, ont décidé de sortir de l?ombre, pour dire non. L?affaire a fait lundi la ?une? de la presse israélienne. Le tollé est énorme. ?Notre profonde inquiétude quant à l?avenir de l?Etat d?Israël, en tant qu?Etat démocratique, sioniste et juif, et notre souci de son image morale et de ses valeurs, ne nous permettent plus de garder le silence. Nous vous disons aujourd?hui : nous ne prendrons plus part au régime d?oppression qui fait fi des droits de millions de Palestiniens. Nous ne servirons plus de rempart à la colonisation. Nous ne laisserons pas détruire ce qui est humain en nous par les opérations d?une armée d?occupation?, écrivent les signataires de la pétition. La lettre a été adressée au commandant de l?unité et des copies au chef d?état-major, le général Moshe Yaalon, au ministre de la Défense, Shaul Mofaz, et au Premier ministre Ariel Sharon. Le plus haut gradé des signataires est commandant. Le plus vieux est âgé d?une cinquantaine d?années, le plus jeune a 23 ans. Ces treize hommes épousent donc l?histoire de leur prestigieuse unité créée dans les années cinquante. ?Il est très grave que des réservistes se réclament de leur passé militaire et du nom de l?unité dans laquelle ils ont servi pour mettre en avant leurs idées politiques?, a déclaré l?armée israélienne dans un communiqué laconique de son porte-parole.

Nidal al-Mougrabi

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