Publicité
Six ans de prison pour avoir provoqué un arrêt cardiaque
Par
Partager cet article
Six ans de prison pour avoir provoqué un arrêt cardiaque
Sachin Jagessur, un maçon de 27 ans, a été condamné à six ans de prison. La cour intermédiaire l?a jugé coupable de coups et blessures entraînant la mort. La victime, Chandraootee Bhugwath, était âgée de 42 ans et habitait Brisée-Verdière. Elle a fait un arrêt cardiaque après avoir été vraisemblablement projetée au sol par le maçon. Celui-ci a donné avis d?appel.
Rajkumar Bhugwath, un témoin oculaire, a relaté, en cour, les faits. Ceux-ci remontent au 13 février 2003. Il est 15 heures lorsqu?il rencontre l?accusé à une tabagie se trouvant à la rue Royale, Brisée-Verdière. Selon lui, l?homme l?aurait giflé sans raison apparente. Mais son cousin serait alors intervenu pour gifler Sachin Jagessur à son tour. Ce dernier aurait riposté et s?en serait même pris à une autre personne, Preethveeraj Seeboruth, durant l?altercation.
C?est alors que d?autres personnes seraient arrivées, dont Chandraootee Bhugwath, qui habitait juste en face. Elle aurait demandé à l?accusé pourquoi il s?en prenait à ces personnes. Mais lorsqu?elle s?est approchée de lui, il l?aurait poussée à terre. La fille de la victime l?aurait soulevée pour la conduire au poste de police mais elle peinait apparemment à marcher et la police a dû la transporter à l?hôpital. Trente minutes après son hospitalisation, elle devait toutefois rendre l?âme.
L?autopsie pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer a attribué le décès à un arrêt cardiaque. La victime était une patiente à risque depuis 2002 : elle avait alors fait un infarctus et avait dû subir une intervention. C?est ce qu?a d?ailleurs déclaré le médecin en cour. Il a toutefois souligné que pousser une personne dans cette condition pouvait occasionner un arrêt cardiaque.
Version pleine de contradictions
Dans sa version, Sachin Jagessur a nié avoir poussé la victime. Il dira que ce jour-là, il a eu une altercation avec les trois fils de cette dernière. Lors du contre-interrogatoire, il devait, dans un premier temps, nier avoir été sous l?influence de l?alcool avant de se raviser et de dire qu?il avait beaucoup bu de vin ce jour-là et cela à intervalle régulier de 9 heures à 18 heures. Il ajoutera que c?était un jour de cyclone et qu?il n?avait rien à faire. Il devait ensuite se contredire à plusieurs reprises au moment de dire à quel instant il avait vu la victime pour la première fois. Il finira par dire ne pas se souvenir des événements du fait qu?il était épuisé.
Dans ses déclarations à la police, il relate cependant dans les moindres détails comment il a eu une altercation avec les Bhugwath. Ces derniers lui reprochaient, dit-il, le fait qu?il aurait poussé le plus jeune d?entre eux à consommer de l?alcool. Ce qui a finalement donné lieu à la bagarre. Il dira que la victime fonçait dans sa direction mais se serait effondrée à trois mètres de lui.
Dans son verdict en date du 20 décembre, la magistrate Ratna Seetohul-Toolsee écrit que la poursuite a pu établir un lien entre le fait que l?accusé a poussé la victime et qu?elle a ainsi fait un arrêt cardiaque. Elle se base, pour cela, sur le témoignage du Dr Gungadin. La magistrate conclut que l?accusé s?est contredit à plusieurs reprises. «Je ne suis pas disposée à croire à la version de l?accusé selon laquelle il n?a rien à voir avec la mort de la victime. La poursuite a établi que c?est l?accusé qui a poussé la victime qui est ensuite décédée d?un arrêt cardiaque.»
Condamné à six ans de prison, Sachin Jagessur a donné avis d?appel et a été libéré sous caution en attendant le verdict de son procès en appel.
Il est défendu par Me Dinesh Appa Jala.
Dans ses raisons d?appel déposées hier en cour, Sachin Jagessur avance notamment que la magistrate s?est trompée car le Dr Gungadin mentionne, dans son rapport d?autopsie, que la cause du décès était naturelle. Le condamné avance également que la poursuite n?a pu prouver qu?il y avait un «lien de causalité» entre le fait de pousser la victime et sa mort. Il argue, en outre, que la sentence est excessive.
Publicité
Publicité
Les plus récents