Publicité

Sithanen prône la diversification de l?économie

3 février 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Kamlesh BHUCKORY

La mission ministérielle en Europe présente de nouveaux arguments pour l?obtention d?aides plus substantielles. En sus du financement de la réforme de l?industrie sucrière, les mesures d?accompagnement permettront au pays de diversifier son économie et d?améliorer sa résistance aux chocs externes.

Avec une baisse effective de 36 % du prix du sucre se concrétisant en 2009/2010, les 18 Etats Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) exportant leur production vers l?Europe auront droit à des mesures d?accompagnement. Ces mesures serviront à rendre viables les industries sucrières dans ce nouveau contexte.

Les ministres Rama Sithanen et Arvin Boolell sont en Europe à la suite d?une proposition de fixer un seuil maximal, pour chaque pays, de 15 % de l?enveloppe d?aide de 40 millions d?euros en 2006. Une décision qui serait très préjudiciable à l?industrie dans son ensemble. D?autant plus que la réforme, dans le cas mauricien, coûtera Rs 25 milliards.

Il s?avère que ces moyens financiers qui seront mis à la disposition des 18 pays ne serviront pas uniquement à la création d?une industrie viable. L?enveloppe est également destinée à développer d?autres secteurs d?avenir plus porteurs.

Pour le ministre des Finances, Rama Sithanen, il s?agit de convaincre l?Union européenne de la viabilité des alternatives envisagées pour diversifier la base économique du pays. Le pays serait alors en mesure de résister aux éventuelles secousses du futur.

«Les Européens nous demandent de chercher des investissements directs extérieurs. Mais ils doivent comprendre que ces investisseurs étrangers viendront plus facilement si une aide européenne plus significative est acquise, rendant encore plus viable les projets que nous leur présenterons, tels que la land-based oceanic industry et le seafood hub», a-t-il affirmé hier soir.

Jusqu?ici, l?Europe se réfère à la réussite mauricienne pour expliquer le faible montant d?aide qu?elle envisage de nous avancer au cours de ces prochaines années. Rama Sithanen indique que ce discours est revenu comme un leitmotiv au cours de ses rencontres: «Nous sommes pénalisés en raison de notre propre succès, alors que nous pourrions être considérés comme une vitrine en termes de notre démocratie et de nos pratiques commerciales. Les Européens croient que nous y parviendrons seuls parce que nous avons bien fait jusqu?ici sur le plan économique en tirant un grand bénéfice des préférences».

Pour appuyer sa demande de modifier les pourcentages et les critères d?allocation de fonds, la délégation ministérielle s?est appuyée sur les faits inhérents à l?industrie pour Maurice. Sur ce volet, le pays sera seul contre les 17 autres Etats membres des ACP.

La robustesse du plan d?action

Le sucre, de manière indirecte, a également un rôle multifonctionnel : une filière bagasse/charbon qui compte pour 45 % de la production énergétique, une culture qui empêche l?érosion, et l?aspect social pour combattre la pauvreté dans les régions rurales.

Après l?exposé du contexte actuel, les ministres se sont appesantis sur la robustesse du plan d?action national sur 2005-2015, qui identifie les moyens de rendre l?industrie sucrière plus compétitive. On y parviendrait grâce au développement d?un cluster à trois dimensions : génération d?électricité à partir de la biomasse, production d?éthanol et production d?une plus grande quantité et variété de sucres spéciaux.

Là ou l?ensemble des 18 pays fera bloc est la hausse du montant total déterminé pour 2006, soit Rs 1,6 milliard (40 millions d?euros). La délégation mauricienne concède que la tâche sera difficile car la décision revient à trois instances : le conseil des ministres, la Commission et le Parlement. Le lobbying a déjà démarré avec les eurodéputés, la délégation mauricienne obtenant le soutien de la Britannique Glenys Kinnock. Cette dernière l?a d?ailleurs accompagnée chez le président du Parlement, Josep Borrell.

En fin de semaine, les ministres ont eu des séances de travail avec leurs homologues luxembourgeois de l?Agriculture et de la coopération et le commissaire au développement Louis Michel. Il est prévu que la délégation se rende en Suède lundi. Le ministre des Finances sera de retour avant mercredi pour participer au conseil ministériel avec la Commission européenne, qui sera représentée par son commissaire au Commerce, Peter Mandelson.

PERSPECTIVES FINANCIÈRES

L?Europe réduirait-elle son aide aux ACP ?

L?enveloppe d?aide aux Etats ACP (dont Maurice) mentionnée en décembre dernier aurait été réduite de 39,5 %. C?est ce qu?annonce Business Week dans sa version Internet, en date d?hier.

Citant les propos du ministre guyanais du Commerce international, Clement Ruhee, Business Week affirme que l?aide financière serait passée à 95 millions d?euros (Rs 3,55 milliards). En décembre dernier, à la conférence de l?Organisation mondiale du commerce, l?Union européenne avait annoncé que ces mesures annuelles seraient de Rs 5,865 milliards (157 millions d?euros).

Cependant, les données avancées par le Guyanais, porte-parole du groupe Caraïbes, sont en nette contradiction avec celles de la Commission européenne. En effet, les commissaires Louis Michel, Marian Fischer-Boel et Peter Mandelson, ont affirmé à maintes reprises que l?enveloppe pour 2007 serait de Rs 7 milliards (190 millions d?euros). « Des fuites d?information indiquent que la Commission appliquerait un degré de dégressivité. Et ce montant passerait à quelque Rs 5,6 milliards (150 millions d?euros) après six ou sept ans », explique-t-on dans les milieux locaux concernés. Une source bruxelloise nuance qu?il y a « des rumeurs circulant que ce montant pourrait être réduit. Mais aucun chiffre n?a été avancé jusqu?ici et la réduction ne serait pas aussi drastique ».

La Commission a présenté mercredi son budget pour 2007-2013. Mercredi prochain, les représentants des pays membres débattront de son contenu. L?on s?attend à un accord final en avril.

Publicité