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Sithanen : ?La réforme de l?impôt profite à la classe moyenne? (1/3)

21 août 2006, 00:00

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Le ministre Rama Sithanen veut éclaircir les mesures budgétaires qui prêtent encore à confusion au sein de la population. A commencer par l?Income Tax et la National Residential Property Tax (NRPT). Le grand argentier réagit aux critiques et soutient que ces réformes sont caractérisées par la simplicité et la justice.

La classe moyenne, a-t-il affirmé lors d?une conférence de presse, samedi, au siège de son ministère à Port-Louis, sera la plus grosse bénéficiaire des réformes apportées à l?Income Tax. Selon le nouveau système, sur 72 000 contribuables,40 000 ne paieront plus la taxe, et 26 000 autres paieront moins d?impôt. Par contre, 6 000 personnes qui, selon le ministre, se trouvent en haut de l?échelle socio-économique, débourseront plus au fisc.

Les déductions de l?ancien système ont été rationalisées. Quatre nouvelles catégories de contribuables ayant pour seul critère le nombre de personnes à charge ont été introduites.

Les premières Rs 500 000 de revenus imposables seront frappées d?un taux de 15 %, et le reste à 22,5 %. Le taux d?imposition passera progressivement à un taux unique de 15 % durant les trois prochaines années.

Evoquant la NRPT, il explique que ?cette nouvelle taxe n?affectera que ceux qui ont un revenu supérieur à Rs 215 000. Déjà, 90 % des contribuables en sont exclus. Pour les 10 % qui vont devoir payer, beaucoup payeront moins d?income tax selon le nouveau système?.

La NRPT frappera la superficie des terrains résidentiels (habités ou vagues) et les appartements. La formule d?imposition est comme suit : Rs 10 par mètre carré sur les terrains habités et Rs 30 par mètre carré sur la superficie des bâtiments dans le cas des appartements.

S?il est certain que le gouvernement est confronté à un barrage de critiques notamment de l?opposition et des syndicalistes sur sa politique économique, le ministre Sithanen dénonce, pour sa part, la ?démagogie? de ses détracteurs. ?Nous avons présenté un budget responsable. Le MSM et le MMM critiquent les mesures budgétaires, mais ils n?ont aucune alternative à proposer?, déplore le grand argentier.

<B>L?argument du triple choc contesté</B>

Jayen Cuttaree, porte-parole du MMM sur les dossiers économiques, juge la remarque du ministre ?inappropriée?. ?C?est au ministre des Finances d?apporter de nouvelles solutions. Les Integrated resorts schemes, le seafood hub, les technologies de l?information et de la communication sont les idées de l?ancien gouvernement MSM-MMM. Aujourd?hui, il compte sur ces idées pour relancer l?investissement et l?emploi?, s?insurge le deputy-leader des mauves.

Pas d?alternative ? Le MSM n?y croit pas non plus. ?Je répète dans nos meetings que le MSM a un projet alternatif : faire de Maurice une duty free island est mon idée. J?avais proposé un plan étalé sur quatre années. C?est à lui ? Rama Sithanen ? de poursuivre dans cette voie. Le MSM a aussi suggéré l?abolition à terme de l?impôt direct pour les particuliers et les entreprises?, affirme Pravind Jugnauth, leader du principal parti de l?opposition.

Il conteste également l?argument du triple-choc (baisse du prix du sucre, récession dans le textile et flambée des cours pétroliers) mis en avant par le gouvernement pour expliquer la conjoncture économique difficile. ?C?est nous ? le gouvernement MSM-MMM ? qui avons subi le choc dans le textile-habillement. J?ai initié la réforme dans l?industrie sucrière en prévision de la chute attendue des prix du sucre en Europe. D?autre part, les prix des produits pétroliers avaient déjà amorcé leur mouvement à la hausse lorsque nous étions encore au gouvernement?, explique l?ancien ministre des Finances, qui insiste que les problèmes évoqués ne datent pas d?hier.

Mais pour le ministre Sithanen , ces réformes sont ?inévitables? car l?économie est arrivée à la fin d?un cycle marqué par les préférences commerciales. Il faut ajouter à cela la flambée des prix des produits pétroliers sur le marché mondial.

Le projet de restructuration, affirme-t-il, vise la consolidation fiscale, l?amélioration du climat d?affaires afin de stimuler l?investissement local et étranger et la réforme de la structure de l?économie de façon à la rendre plus compétitive.

Chez les syndicats, l?humeur est également à la résistance. Ils ont été très actifs sur le terrain ces derniers temps pour dénoncer la politique gouvernementale. ?Le discours du ministre des Finances n?a rien de nouveau. Il répète les mêmes arguments que ceux des représentants du Fonds monétaire international (FMI) qui avaient rencontré les représentants syndicaux il y a deux semaines. Il veut appliquer les recettes du FMI. Or, nous savons que, dans beaucoup de cas, les pays qui ont suivi les recommandations du FMI se sont appauvris?, estime Toolsiraj Benydin, président des syndicats du service civil.

<B>Cas de figure 1</B>

Un employé célibataire reçoit un salaire de Rs 15 000. Il a un plan d?assurance-vie de Rs 1 000 mensuellement. Il détient des actions ? Rs 10 000 ? et a fait des dons de Rs 5 000.

<B>Cas de figure 2 </B>

Un homme et son épouse touchent respectivement Rs 30 000 et Rs 15 000. Ils ont un enfant qui étudie à l?étranger et un autre scolarisé à Maurice. Ils paient un intérêt de Rs 2 000 par mois sur des prêts contractés. Ils sont propriétaires d?un terrain de 200 toises.

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