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Sir Anerood appelle les médias à une plus grande vigilance

12 janvier 2004, 20:00

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?DEVOIRS? et ?responsabilités?. Tels étaient les maîtres-mots de sir Anerood Jugnauth hier à la State House. C'était à l?occasion de la première réception qu?il donnait à l?intention des représentants des médias en tant que président de la République.

Très concerné par l?actualité mauricienne, tous secteurs confondus, Sir Anerood affirme que les médias ?continuent à occuper une place importante? dans sa vie. Ainsi, il dit lire ?assidûment? tous les quotidiens et hebdomadaires, et écouter les différentes radios de l'île, qu'elles soient publiques ou privées. De même, il consacre une partie de son temps à regarder la télévision locale et étrangère.

?Nous avons, dit-il, une presse riche et diversifiée, plurielle et dynamique, qui démontre que la démocratie est bien vivante à Maurice. Le droit à l?information et à la liberté d?expression sont des droits humains fondamentaux garantis par notre Constitution et largement respectés dans la pratique.?

Le président de la République s?est ensuite appesanti sur la libéralisation des ondes, ?qui est venue renforcer la démocratie et encourager une liberté d?expression très plurielle?. Mais cet élargissement de l?espace démocratique, dit-il, ?exige de tous ceux ayant la tâche d?informer une plus grande responsabilité et un plus grand devoir vis-à-vis de nos citoyens et du pays?.

Sur cette question de ?droit à l?information?, Finlay Salesse, président du Media Trust, en a profité pour évoquer les ?difficultés? rencontrées par les journalistes dans l?exercice de leur profession. ?Il existe une situation contradictoire, car si d?une part le gouvernement ne cesse de prôner la transparence comme une condition sine qua non de la bonne gouvernance, dans les faits la situation est tout autre? surtout quand des journalistes butent contre un mur de silence chaque fois qu?ils tentent d?avoir accès à l?information?, dit-il.

Le ?mur du silence?

Finlay Salesse trouve ainsi ?inadmissible? que ?le silence soit régulièrement de mise pour l?obtention de l?information la plus banale, qui ne concerne aucunement des secrets d?Etat, la défense, l?instruction de justice ou un dossier médical?. Ce qui l?a aussi amené à dire qu?il ?est grand temps qu?une législation soit introduite pour garantir le droit d?accès à l?information?.

L?on ne peut s?enorgueillir, selon lui, d?être une démocratie moderne lorsque les décideurs, et pas seulement le gouvernement, ?agissent dans l?opacité ou, pour donner le change, pratiquent la sélection dans la distribution des éléments d?information?.

?Seuls les vrais professionnels, dans le respect de leur farouche indépendance, refusent ce chantage. Une société libre est une société de libre circulation de l?information. A Maurice, en dépit de bonnes intentions affichées, nous sommes encore loin du compte. Il est grand temps d?y remédier?, soutient Finlay Salesse.

Sir Anerood Jugnauth a ensuite demandé aux responsables des différentes entreprises de presse et d?audiovisuel d?exercer ?une plus grande vigilance? par rapport à l?information véhiculée. ?Les journalistes, dit-il, sont bien souvent astreints au respect des impératifs de production et, avec la concurrence qui devient de plus en plus forte, il existe un désir légitime de break the news. Ce qui entraîne quelquefois un manque de rigueur et de vigilance.?

Le président de la République poursuit : ?Mais quelles que soient les conditions dans lesquelles les journalistes opèrent, il ne faut à aucun moment oublier les principes basiques du métier, c?est-à-dire vérifier et contre-vérifier la véracité des informations. D?autant que dans un petit pays comme Maurice, une information erronée peut facilement déstabiliser la nation et détruire l?harmonie sociale.?

Sagesse et bon sens

Sir Anerood Juganuth se dit cependant ?convaincu? que les journalistes parviendront à assumer ces ?lourdes? responsabilités. ?Ils sont, de manière générale, empreints de sagesse et de bon sens.?

Finlay Salesse dit espérer que la présidence ?sera sensible? aux doléances de la presse, comme cela a été toujours le cas, ?et ce, même si les relations pouvoir-presse ont été parfois extrêmement tendues, pour ne pas dire extrêmement hostiles?.Il a par ailleurs mis en exergue les démarches entreprises par le Media Trust, qui fête cette année ses dix ans d?existence, pour assurer la formation des membres de la presse malgré ?les maigres dotations budgétaires? de Rs 2 millions du gouvernement.

Finlay Salesse souligne la coopération de l?ambassade de France et de la Fondation Friedrich Ebert dans les stages de formation et de perfectionnement des journalistes. ?Le projet de création d?une Ecole de journalistes digne de ce nom à Maurice se trouve d?ailleurs parmi les dossiers sur lesquels le Media Trust travaille.?

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