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Silvio Berlusconi crie à la fraude, Prodi reste sûr de lui
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Silvio Berlusconi crie à la fraude, Prodi reste sûr de lui
Silvio Berlusconi a réclamé une inversion des résultats donnant la victoire à la coalition de centre gauche de Romano Prodi aux élections législatives italiennes, entachées selon lui de fraudes massives.
Devant ses partisans réunis dans sa ville de Bologne pour célébrer sa courte victoire, Prodi a invité pour sa part le président du Conseil à reconnaître sa défaite et à ?partir?.
?Le résultat des élections doit changer parce qu?il y a eu beaucoup de fraudes?, a déclaré Berlusconi à la sortie d?un entretien dans la soirée avec le président de la République Carlo Azeglio Ciampi.
?Vous pensiez que vous étiez sur le point de vous débarrasser de moi ??, a-t-il lancé aux journalistes.
Berlusconi a en outre affirmé que les fraudes qu?il dénonce avaient toutes pénalisées sa coalition de centre droit, la Maison des libertés.
Prodi, qui se dit convaincu de pouvoir gouverner pendant les cinq années de la législature, a rapidement réagi à ces accusations.?Nous avons gagné ... Berlusconi doit partir?, a-t-il déclaré dans son fief de Bologne, dans le nord de l?Italie.
Quelques heures auparavant, il avait déclaré aux correspondants de la presse étrangère à Rome que sa victoire ne faisait aucun doute.
Berlusconi a réclamé un réexamen des procès-verbaux de 60 000 bureaux de vote, ?un par un?, évoquant un processus de plusieurs jours.
Le scrutin de dimanche et lundi a débouché sur les résultats les plus serrés depuis la Seconde Guerre mondiale en Italie. La coalition de centre gauche emmenée par Romano Prodi, l?Unione, ne devance le centre droit que de deux sièges au Sénat.
Elle n?a obtenu la majorité à la Chambre des députés qu?avec une avance de 25 224 voix sur 38,1 millions de suffrages. Mais la ?prime? au vainqueur lui a assuré 348 des 630 sièges de députés, soit 67 sièges de plus que l?alliance de Berlusconi.
Bulletins retrouvés près d?une poubelle
Berlusconi avait déjà réclamé mardi un réexamen de 40 000 bulletins de vote invalidés.
De telles vérifications sont régulièrement effectuées après une élection et elles devraient être achevées aujourd?hui.
Pour la plupart des observateurs, ces réexamens ne devraient pas modifier le résultat des élections et la plupart des dirigeants du centre droit sont restés discrets mercredi, certains ministres acceptant même la victoire du centre gauche.
Des interrogations ont tout de même été soulevées par la découverte par la police de cartons remplis de bulletins valides, près d?une poubelle à Rome.
L?incertitude politique liée à l?attitude de Berlusconi est renforcée par la fin prochaine du mandat de Ciampi. Un nouveau président de la République doit être élu en mai et Prodi ne s?attend pas à entrer en fonctions avant l?élection du nouveau chef de l?État.
Si de nombreux dirigeants, comme le président français Jacques Chirac, ont d?ores et déjà félicité Prodi, la Maison blanche s?est abstenue de le faire, jugeant incomplet le processus électoral
Giuseppe FONTE
REACTIONS
La Maison-Blanche s?abstient de féliciter Prodi
■ La Maison-Blanche s?est abstenue de féliciter Romano Prodi pour la victoire de la coalition de centre gauche aux législatives italiennes, soulignant que le processus électoral n?était pas terminé. Silvio Berlusconi a été l?un des plus fidèles alliés du président américain George Bush depuis son accession à la présidence du Conseil italien, en 2001. Invoquant des fraudes électorales, il a refusé de concéder la défaite de sa coalition de centre droit malgré les résultats officiels donnant la victoire à la gauche. Scott McClellan, porte-parole de la Maison-Blanche, a qualifié l?Italie de partenaire fiable et de bon allié des États-Unis. ?Et cela ne va pas changer?, a-t-il dit. Il a aussi rappelé que les résultats des élections italiennes faisaient l?objet de contestations.
?Nous allons travailler en étroite collaboration avec le gouvernement dès qu?il sera formé, quel qu?il soit. Mais nous n?allons pas nous lancer dans des commentaires des résultats tant que tout ne sera pas officiel et que le processus ne sera pas achevé?, a poursuivi le porte-parole de la Maison blanche. George Bush est lui-même parvenu en 2000 à la présidence des États-Unis à la suite de multiples vérifications de bulletins de vote en Floride et après une décision non unanime de la Cour suprême.
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