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Silence?on désamorce la crise

21 janvier 2006, 20:00

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C?est le calme après la tempête. La semaine dernière, les esprits étaient en surchauffe. Business Parks of Mauritius Limited (BPML), le gestionnaire de la cybercité, avec ses Rs 1,3 milliard de dette accumulée en à peine deux ans, était au centre de la tourmente. Mais une semaine après, c?est un silence pesant qui plane sur la cybercité. Après le grand déballage, on cherche désormais à régler la situation dans la plus grande discrétion. Il y va de l?image de marque et de la survie de notre cybercité.

Que n?avait-on pas entendu la semaine dernière ? Rama Sithanen, le ministre des Finances parle de « faillite », tandis qu?Étienne Sinatambou, ministre de la Technologie informatique menace ceux qui sont coupables « d?un scandaleux mismanagement » de « sanctions ». La déclaration de Chand Bhadain, le directeur de BPML, envenime la situation. Il explique que la cybercité a été érigée « sans étude de faisabilité préalable ». Le coupable idéal avait même été trouvé : le précédent gouvernement et ses interventions politiques dans la gestion de BPML.

Mais personne n?a intérêt à continuer cette escalade de dénonciations. C?est ce que pense quelque part Paula Lew Fai, directrice de la filiale locale d?Astek, entreprise française spécialisée dans le développement de logiciel et locataire à la cybertour d?Ébène. « Ce qui se passe ne renforce pas l?image positive du pays. Cela ne nous rassure pas » explique-t-elle. Un directeur de centre d?appels qui n?a pas choisi de s?installer à la cybertour s?inquiète. « Mes partenaires et contacts en France me posent des questions. Maurice est-elle en train de leur vendre du rêve ? »

Les locataires de la cybertour sont dubitatifs. Durant le grand déballage, on a appris que certains d?entre eux traînent des arriérés de loyers de plusieurs mois. On parle également du coût du loyer qui serait trop bas. « Je peux louer des bureaux comparables à ceux de la cybertour en province en France pour le même prix », argumente le directeur du centre d?appels qui pense que les cybertours d?Ébène ne seront pas compétitives si on choisit d?en augmenter le loyer. « ça va faire beaucoup de bruit », confirme Paula Lew Fai.

De quoi amener nos décideurs à réfléchir à deux fois avant de parler. L?objectif de préserver l?image de marque de la cybercité prime désormais sur tous les autres. Ainsi, pour le moment, l?établissement du Fact Finding Committee (FFC) pour faire la lumière sur la mauvaise gestion à la BPML n?apparaît plus comme prioritaire.

La semaine dernière, à entendre les déclarations des ministres responsables du dossier, les membres du FFC allaient être nommés avant la fin de cette semaine pour que les travaux débutent au plus tôt. Mais on n?a rien entendu à ce sujet de toute la semaine. D?ailleurs, Étienne Sinatambou et Rama Sithanen se sont gardés de tout commentaire sur BPML en cours de semaine.

L?opposition s?est également montrée peu loquace. Un silence embarrassé ou une volonté de laisser passer l?orage en évitant de ternir l?image du 5e pilier économique ? Si Pravind Jugnauth, l?ancien ministre des Finances se dit prêt à déposer devant le FFC, Paul Bérenger reste muet sur le sujet. Mais certains membres de l?ancien gouvernement ne cachent pas leur colère.

Personne ne conteste l?ambition du pays

Un ancien ministre s?emporte. « C?est une tempête dans un verre d?eau. Les cybercités d?Hyderabad ou du Kerala ont connu des périodes de difficulté avant de prospérer. Elles n?ont pas fait des profits du jour au lendemain. On cherche à dévier l?attention sur les hausses de prix en nous mettant sous le nez un prétendu ?scandale?. »

Ainsi les tenants de l?approche des investissements dits Greenfield défendent leur cause. Selon eux, quand l?État cherche à mettre en place une industrie nouvelle, basée sur des infrastructures coûteuses (comme la cybercité), il lui faut mettre la main à la poche. « C?est ce que nous avons fait. Nous avons eu des aides de l?Inde mais nous nous sommes aussi endettés pour faire en sorte que cette industrie naisse. Il faut payer le prix de notre ambition », explique cet ancien ministre.

Il est vrai que personne ne conteste l?ambition du pays de devenir une cyber-île abritant une industrie des technologies de l?Information et de la communication dynamique. C?est la manière dont on a investi dans ce domaine qui alimente la controverse. Mais en attendant que le FFC fournisse ses conclusions, on va devoir se contenter du silence des uns et des autres.

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