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Shimon Pérès tend la main à Ariel Sharon
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Shimon Pérès tend la main à Ariel Sharon
L?ancien Premier ministre israélien Shimon Pérès a annoncé, le 30 novembre, qu?il renonçait à toute activité politique au sein du Parti travailliste et qu?il soutiendrait le chef du gouvernement Ariel Sharon lors des élections législatives du 28 mars. M. Pérès, 82 ans, a déclaré lors d?une conférence de presse qu?il avait pris cette décision dans l?intérêt de la paix au Proche-Orient.
Shimon Pérès, ancien prix Nobel de la paix, avait été battu par Amir Péretz lors des élections internes au Parti travailliste, le 9 novembre. Cette défection était devenue plausible depuis le départ du Parti travailliste d?une proche de M. Pérès, Dalia Itzik.
Cette dernière a rallié, lundi, le parti de M. Sharon qui s?est finalement choisi le nom de Kadima (« En avant » en hébreu). Le même jour, une proche de M. Sharon, Tzipi Livni, venue comme lui du Likoud, a présenté les grandes lignes du programme de la nouvelle formation, qui envisage notamment le développement économique de la Galilée et du Négev, et des réformes institutionnelles réduisant le poids des partis politiques.
La création d?un État palestinien
À propos du conflit israélo-palestinien, ce programme reprend les idées exprimées par M. Sharon depuis environ deux ans. Après avoir rappelé « les droits historiques du peuple d?Israël » sur « la totalité d?Israël », il envisage la cession de certaines parties de ce territoire pour la création d?un autre État, palestinien, permettant notamment de résoudre la question des réfugiés et garantissant a contrario la pérennité d?« un État juif et démocratique ». Le programme réaffirme la volonté exprimée à plusieurs reprises par M. Sharon de conserver « les blocs » de colonies existant en Cisjordanie, sans mentionner explicitement le nom des colonies concernées.
Il prévoit la conservation de l?intégralité de Jérusalem, y compris la partie orientale occupée depuis 1967 où les Palestiniens envisagent d?établir la capitale de leur futur État. Pour parvenir à cet objectif, le programme s?en tient à la « feuille de route », un plan de paix international qui prévoit la création d?un État palestinien en 2005.
Le programme envisage un processus par étapes avec « le démantèlement des infrastructures terroristes » palestiniennes, le désarmement et des réformes sécuritaires au sein de l?Auto-rité palestinienne. L?État palestinien envisagé serait également démilitarisé.
Une coalition entre Sharon et les travaillistes
Cette ébauche de programme diplomatique ne permet pas, en revanche, de savoir si M. Sharon a renoncé à la politique unilatérale mise en ?uvre avec le plan de retrait de Gaza, alors que les principaux commentateurs israéliens doutent de la reprise de négociations véritables avec les Palestiniens.
De même, il ne permet pas d?estimer quel pourcentage de la Cisjordanie le Premier ministre israélien est prêt à rétrocéder aux Palestiniens. Ces idées générales, qui s?inscrivent dans le consensus israélien, diffèrent peu de celles déjà exprimées par M. Péretz, lequel devrait être le principal adversaire de M. Sharon lors des élections législatives anticipées du 28 mars.
Elles rendent en l?état possible la reconduction d?une coalition entre Sharon et les travaillistes après le scrutin. Selon les résultats fournis par les instituts de sondage israéliens, Kadima pourrait l?emporter sans être pour autant en mesure de gouverner seul.
Au sein de son nouveau parti, Ariel Sharon devrait disposer des pleins pouvoirs. La proximité des élections générales rend impossible la mise en place d?une démocratie interne et la désignation d?instances politiques intermédiaires. La définition du programme et la désignation des candidats présentés aux suffrages des Israéliens sous les couleurs de Kadima ne devraient donc dépendre que du Premier ministre.
@ 2 005 Le Monde ? Gilles PARIS ? Distribué par The New York Times Syndicate
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