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Sheetal Goodur : ?Je veux être championne de Maurice?
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Sheetal Goodur : ?Je veux être championne de Maurice?
En sport tout peut arriver ! Il suffit d?un petit déclic pour aviver le feu de la passion. Sheetal Goodur, qui a souflé ses 16 bougies, le 23 mars dernier, en est un exemple. Parachutée de « force » dans le tennis de table par son frère Alwin, qui est aussi joueur, la benjamine de la sélection nationale n?éprouvait aucun intérêt pour cette discipline, jusqu?en 2003. Sa participation à la rencontre amicale Maurice-Réunion, en décembre de cette année-là, à l?île soeur, devait être un élément motivant pour la suite de sa carrière.
Grâce à son sérieux à l?entraînement et sa détermination à réussir, la joueuse obtient une place en sélection en 2004 pour les Championnats d?Afrique. Puis pour les Jeux du Commonwealth de Melbourne, le mois dernier.
Celle qui est prénommée « baby girl » par ses camarades de l?élite ? elle est la plus jeune de la sélection ? s?est lancée un défi : être championne de Maurice avant l?âge de 20 ans. « Mon objectif s?est de remporter le Championnat de Maurice d?ici deux ans. Je ne veux pas attendre mes 20 ans pour le faire », confie-t-elle.
Cette ambitieuse jeune fille nous fait le récit de son parcours. « Mon frère m?avait initiée au tennis de table quand j?avais 8 ans. Je l?accompagnais au club, certes, mais sans aucun intérêt. Alwin qui était beaucoup plus appliqué que moi me reprochait souvent mon indifférence. Je n?étais pas régulière aux entraînements. Il m?arrivait même de m?éloigner des tables pendant une année », raconte-t-elle.
Face à son manque d?intérêt, Alwin finira par y renoncer. « Mon frère avait l?habitude de m?accompagner aux tournois mais pour la première fois, à l?occasion d?une compétition jeunes sponsorisée par Bike World, il avait refusé de le faire. Il me disait que c?était peine perdue car comme je ne m?entraînais pas, j?allais perdre d?entrée », se souvient-elle.
Nullement découragée, elle qui n?avait que 13 ans à l?époque, faisait seule le trajet de Ste-Croix ? où elle habite ? à la SSS Raman Hosman à Phoenix où se déroulaient les compétitions. Malgré un manque d?entraînement, elle réussira à remporter le tournoi. « Elle était partie seule à la compétition. À notre grande surprise, elle est rentrée ce jour-là avec un vélo qu?elle avait remporté comme récompense », raconte fièrement sa mère, Deviany.
Cette victoire devait permettre à Sheetal de décrocher une place en sélection pour la rencontre amicale Maurice-Réunion, qui s?était tenue à l?île soeur en décembre 2003. « C?est à partir de là que j?ai commencé à prendre les entraînements au sérieux. J?ai été retenue en sélection en 2004, pour les Championnats d?Afrique. Mais je faisais partie de l?équipe réserve », poursuit-elle.
Faisant preuve de rigueur et de sérieux, Sheetal Goodur finira par se positionner parmi les trois meilleures raquettes de l?île. Mais sa plus grande récompense, jusqu?ici, reste, pour elle, sa participation aux Jeux du Commonwealth. « Je savais que la lutte allait être serrée pour une place en sélection. J?ai donné le maximum lors du tournoi de qualification qui s?était tenu en décembre dernier. Et mes efforts ont été récompensés puisque j?avais terminé troisième derrière Sharon Bhurtun et Rabia Patel. Ces Jeux m?ont surtout permis de découvrir le haut niveau. Je me suis rendue compte que j?avais un long chemin à parcourir avant d?atteindre un niveau appréciable », ajoute-t-elle.
Décrocher une bourse sport-études
Cette étudiante en F IV au collège London, s?entraîne quatre fois par semaine. Elle suit également un programme d?entraînement élaboré par son frère Alwin et consacré à la préparation physique. Ce dernier, qui s?entraînait également avec la sélection nationale, a délaissé sa raquette pour les études. Il suit des cours en Tourism Management.
Si Alwin a sacrifié le sport au profit des études, Sheetal est, elle, d?avis que le sport et les études peuvent faire bon ménage. « Il suffit d?un bon planning », assure-t-elle. « La réussite de Sharon Bhurtun, Rhikesh Taucoory ou encore Ravi Bhurtun sur le plan académique et sportif en sont la preuve », ajoute, pour sa part, Deviany Goodur, comme pour confirmer son soutien à sa fille. Sheetal espère pouvoir décrocher, un jour, une bourse sport-études qui lui permettra de donner libre cours à sa passion tout en ayant une formation professionnelle.
Elle constate avec regret que les filles ne sont pas attirées par la discipline. « Je pense que les filles ne veulent pas se lancer dans ce sport car il faut un caractère masculin pour pouvoir réussir. C?est une des raisons pour lesquelles la compétition est beaucoup plus féroce chez les garçons », explique l?athlète. Sheetal Goodur a également la chance de pouvoir compter sur le soutien de ses parents, Deviany et Suraje, ainsi que sur celui de ses frères Alwin et Kevin, ancien basketteur actuellement en Angletterre.
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