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Sharon espère des «mots clairs» de Paris

30 juillet 2005, 00:00

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Au troisième jour de sa visite officielle en France, Ariel Sharon a espéré que Paris puisse trouver les «mots clairs» pour amener les Palestiniens à reprendre le chemin des négociations avec Israël. «La France peut faire comprendre aux Palestiniens qu?il faut avancer dans les négociations et lutter contre le terrorisme», a déclaré sur TF1 le premier ministre israélien. «Ce sont des mots clairs que l?on peut attendre de la part des Français qui sont susceptibles de faire avancer le processus de paix», a-t-il ajouté au lendemain d?une longue rencontre avec Jacques Chirac qui a scellé le rapprochement franco-israélien après des années de tensions.

Les négociations entre Israéliens et Palestiniens sont suspendues et l?application de la «feuille de route», le plan de paix international élaborée par le Quartet (Etats-Unis, Nations unies, Union européenne et Russie), bloquée. Mercredi, Jacques Chirac avait qualifié le retrait israélien de Gaza de «décision historique», ajoutant que «la France se tient aux côtés du peuple israélien et du peuple palestinien» pour qu?avec le désengagement on «assiste à une relance, à un renouveau du processus de paix dans le cadre de la ?feuille de route?». «Si le terrorisme continue, la feuille de route ne sera pas mise sur la table», a toutefois répété Ariel Sharon jeudi soir à la télévision française.

Et «si il y a la feuille de route et bien un état palestinien existera, mais si le terrorisme se poursuit, il n?y aura pas d?Etat palestinien et c?est dommage parce que là vraiment c?est une occasion», a-t-il ajouté. Ariel Sharon a prévenu que les réactions d?Israël seraient «très dures» si des groupes armés palestiniens commettaient des attentats une fois le retrait de Gaza commencé, à la mi-août. Il a également réaffirmé que ce désengagement était «unique» et ne s?appliquerait donc ni à la Cisjordanie ni à aucun lieu ayant «une importance historique pour les juifs» qui, comme Jérusalem, «resteront aux mains d?Israël».

Le désengagement de gaza

Signe du réchauffement diplomatique entre Israël et la France, Ariel Sharon a invité le chef de l?Etat dans son ranch du Néguev et, jeudi, le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a annoncé qu?il se rendrait en Israël du 4 au 7 septembre, une fois entamé le désengagement de Gaza. Pour Roger Cukierman, président du Crif, la visite d?Ariel Sharon, qui a quitté la France hier matin, est «un grand succès». «Il était absolument enchanté», a-t-il déclaré à Reuters. «Il a dit qu?il avait trouvé un climat extrêmement chaleureux auquel il ne s?attendait pas et qu?il a l?impression qu?une page est tournée dans les relations (entre la France et Israël)».

Lors d?une rencontre dans l?après-midi avec la communauté juive française, la troisième au monde après Israël et les Etats-Unis, Ariel Sharon a renouvelé son appel à émigrer en Israël mais le ton n?avait plus rien à voir avec ses propos de l?été dernier, quand il recommandait aux juifs de France d?en fuir l?antisémitisme «sauvage». «Quand il a parlé de la nécessité de l?«aliyah? (...), il nous a dit qu?il tient le même langage aux juifs américains et aux juifs de tous les pays», a insisté le président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (Crif).

«Effectivement je considère l?antisémitisme comme un danger (notamment) cet antisémitisme qui s?étendait ici et qui se renforçait», a déclaré Ariel Sharon sur France 2. «Mais aujourd?hui je vois le combat mené par le gouvernement français et par le président Chirac (...) et à mon avis ce qui se passe ici peut vraiment être un modèle, un exemple pour les autres gouvernements d?Europe», a-t-il souligné.

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